le Mercredi 3 juin 2026
le Vendredi 23 mai 2025 15:00 Francophonie

Les affaires et les francophones vus par trois maires du Nord

BV : De gauche à droite : Paul Lefebvre, Éric Robitaille, Roger Sigouin et Michelle Boileau. — Photo : Mehdi Mehenni
BV : De gauche à droite : Paul Lefebvre, Éric Robitaille, Roger Sigouin et Michelle Boileau.
Photo : Mehdi Mehenni

Le troisième Forum franco-ontarien des affaires qui s’est tenu à la Caverne Vale de Science Nord, le jeudi 15 mai, a accueilli trois maires francophones du Nord de l’Ontario, pour discuter du thème «Entreprendre et s’implanter dans le Nord : opportunités pour les francophones en affaires».

Les affaires et les francophones vus par trois maires du Nord
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Les opportunités en affaires pour les francophones sont quelque peu différentes, selon les trois municipalités représentées par leur maire respectif. «À Hearst, on est francophone de la tête au pied, a déclaré M. Sigouin. On se couche en français, on se réveille en français et on se bat pour le français. Hearst est 90 % francophone; c’est un atout considérable pour les entreprises de langue française. Les entrepreneurs profitent d’un marché local où les échanges commerciaux et la communication se font en français. De plus, Hearst dispose de nombreuses infrastructures favorisant le développement des entreprises francophones».

Le maire Sigouin a aussi mentionné que la ville de Hearst a un chemin de fer de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud en plus de la route transcanadienne. «Toutes ces belles choses-là, c’est attrayant pour les entreprises qui viennent s’installer chez nous. Et ce qu’on voit le plus, ce sont les jeunes femmes qui partent leurs entreprises».

«Miser sur l’immigration»

La situation est quelque peu différente à Timmins et Sudbury où les francophones sont minoritaires. Pour la mairesse Boileau, puisque la population francophone dans le Nord-Est de l’Ontario est en déclin, «si on veut maintenir le même niveau d’affaires en français, il faut miser sur l’immigration francophone, des gens bilingues francophones vers nos villes. Il faut donc miser sur des stratégies différentes qui incluent l’immigration, laquelle vient ajouter non seulement une main-d’œuvre, mais ça vient ajouter une diversité à l’environnement économique qui est intéressante».

La ville de Timmins peut compter sur une diversité d’entreprises, a ajouté Mme Boileau, dans les secteurs minier, forestier et de l’enseignement. «On a des écoles, quatre conseils scolaires, quatre établissements postsecondaires juste à Timmins. Donc non seulement il y a des opportunités dans le secteur industriel, mais aussi dans les secteurs humains et les secteurs sociaux». En plus d’être mairesse, Mme Boileau est présidente de l’Association des prestataires de services du Nord de l’Ontario et présidente de l’Association française des municipalités de l’Ontario.

Quant au maire Lefebvre du Grand Sudbury, il compte sur un accroissement de la population. «Au dernier recensement, nous étions 185 000 personnes, a-t-il affirmé. Je voudrais qu’on atteigne les 200 000 en 2025. Pour atteindre cet objectif, on doit passer par l’immigration. C’est important pour maintenir et développer cette francophonie. Ça veut dire qu’on a besoin de plus d’entrepreneurs francophones. Le Grand Sudbury compte plus de 300 petites et moyennes entreprises dans le secteur des services miniers, ce qui constitue 10 % du chiffre d’affaires dans la ville».

Le bilinguisme et l’emploi 

Pour les nouveaux arrivants francophones, le maire de Sudbury et la mairesse de Timmins ont mentionné l’importance qu’ils aient une compétence langagière en anglais. «La compétence langagière, comme Paul a mentionné, c’est de pouvoir communiquer en anglais, a poursuivi Mme Boileau. C’est très important, car on sait que c’est difficile de décrocher un emploi surtout quand on n’a pas une compétence en anglais assez élevée dans certaines de nos communautés, peut-être pas à Hearst, toutefois».

Le maire de Hearst pour sa part croit qu’il est important de dire aux nouveaux arrivants «ne lâchez pas, ayez confiance en vous-mêmes. Je pense que vous allez sentir au niveau des francophones d’ici qui ont vécu cette expérience-là qu’ils auront un respect pour ces efforts. Je pense qu’on a un gros pas à faire au niveau des anglophones et des francophones, soit de travailler ensemble et de grandir. On est là pour faire grandir le Nord, on est là pour travailler ensemble. C’est la force qu’on va avoir dans le Nord de l’Ontario, en travaillant ensemble avec les nouveaux-arrivants. Je pense que si on adopte cette attitude, on s’en va dans la bonne direction», a conclu le maire de Hearst.

Ce forum, organisé par la Fédération des gens d’affaires francophones de l’Ontario, était le troisième après celui d’Ottawa en 2023 et de Toronto en 2024.