Ce résultat place les libéraux devant le Parti conservateur du Canada (PCC), qui récolte 37 % des intentions de vote. Cette percée survient après une chute historique des libéraux sous le leadeurship de Justin Trudeau, qui avait démissionné en janvier dernier.
L’ascension des libéraux repose en partie sur le départ de Justin Trudeau et sur le contexte international. La politique protectionniste du président américain Donald Trump, marquée par des menaces d’annexion et des mesures tarifaires contre le Canada, a attisé un sentiment nationaliste favorable au gouvernement en place. Cependant, cette dynamique pourrait être volatile : seuls 49 % des électeurs libéraux potentiels se disent fermement engagés, un chiffre inférieur à la base fidèle des conservateurs (66 %).
Les libéraux enregistrent des avancées significatives dans des régions clés. En Ontario, ils obtiennent 47 % des intentions de vote contre 41 % pour le PCC. Au Québec, ils dominent avec 39 %, devant le Bloc québécois (32 %). Les libéraux reprennent aussi du terrain dans les grandes villes, notamment Toronto, où leur soutien a bondi de 30 points en trois mois. En revanche, les conservateurs retiennent une avance importante dans les provinces de l’Ouest, particulièrement en Alberta et en Saskatchewan.
Alors que les libéraux gagnent du terrain, le Nouveau Parti démocratique (NPD) subit une déroute, tombant à 9 % des intentions de vote, son plus bas niveau en une décennie. Une proportion importante de ses électeurs de 2021 semble migrer vers le Parti libéral. Le Bloc québécois subit lui aussi des pertes, avec un quart de ses électeurs de 2021 déclarant qu’ils pourraient voter libéral lors de la prochaine élection.
Mark Carney semble bénéficier d’une meilleure image publique que son adversaire conservateur, Pierre Poilievre. Selon l’enquête, 41 % des Canadiens estiment que Carney est le meilleur choix pour diriger le pays, contre 29 % pour Poilievre. Ce dernier souffre d’une perception négative croissante, avec une cote de popularité nette de -22. Par ailleurs, le chef du NPD, Jagmeet Singh, atteint son niveau de popularité le plus bas depuis 2017.
Trois thèmes majeurs domineront la prochaine campagne électorale : la crise du cout de la vie, les tensions commerciales avec les États-Unis et l’état du système de santé canadien. Carney est perçu comme le plus apte à gérer ces enjeux, avec une avance de 25 points sur Poilievre en ce qui concerne la gestion du conflit commercial avec Trump.
Bien qu’il ait quitté son poste sous une pression politique intense, Justin Trudeau a vu sa popularité remonter dans les derniers mois de son mandat. Son taux d’approbation est passé de 22 % en décembre à 47 % en mars, porté par son opposition ferme aux mesures de Trump.
Alors que le climat politique canadien reste instable, la dynamique actuelle suggère que Mark Carney pourrait mener les libéraux vers un quatrième mandat, potentiellement majoritaire. Toutefois, la solidité de ce regain de soutien reste incertaine et la suite des évènements politiques, tant au Canada qu’à l’international, pourrait encore réserver des surprises.
