Les rumeurs allaient bon train dans la ville de Hearst, mais un chirurgien qui pratique de façon locum pour le moment, et qui souhaiterait habiter une communauté rurale avec sa famille plutôt qu’un grand centre, n’est pas encore tout à fait décidé à venir s’établir dans la région. « Nous avons le budget pour en embaucher trois, mais en réalité, avec le volume que nous avons à Hearst, ça serait plutôt 1,5 ou peut-être deux. Je crois que c’est notre plus grand défi de dire à quelqu’un “tu vas commencer avec pas d’équipe et tu seras le seul ici”, ce n’est pas évident », explique Mme Goulet.
Pour le moment, ce médecin travaille dans le sud de la province afin de gagner de l’expérience, puisque l’Hôpital Notre-Dame recherche un candidat qui aura pratiqué plusieurs types d’interventions, mais surtout des césariennes. « Nous lui avons présenté notre approche régionale : nous travaillons très étroitement avec l’équipe de Kapuskasing pour qu’il rencontre les autres chirurgiens. Ils peuvent se consulter virtuellement, c’est vraiment un beau partenariat entre nos deux communautés », poursuit-elle.
Médecin de famille et hospitaliste
Quant à la Dre Maryam Aghdampour, elle faisait partie d’un programme qui a été éliminé par le ministère de la Santé pour des raisons qui échappent à Mélanie Goulet. Un nouveau programme a cependant été mis sur pied, spécialement conçu pour former des médecins qui ont reçu leur scolarité à l’international et qui arrivent en Ontario. « Ils doivent faire une période de trois mois d’évaluation, ensuite peuvent joindre une communauté. Dre Aghdampour et son mari, le nouvel optométriste de Hearst, sont installés ici et comptent y rester. Elle dit que Hearst est sa communauté », raconte la Mme Goulet.
Dre Aghdampour avait commencé une liste de patients lors de son passage dans les bureaux de médecins, sachant que ce n’était pas permanent.
« C’est un peu ça la réalité de nos médecins locaux, c’est qu’ils ne font pas juste de la clinique. Ils font aussi des soins à l’hôpital et partagent leur horaire ainsi. »
Environ 600 patients pourraient s’inscrire sous sa charge, en plus d’offrir des services hospitalistes, c’est-à-dire s’occuper de l’étage des soins aigus à l’hôpital.
Infirmière praticienne
Le réseau de santé de Hearst continue de se développer avec l’arrivée de Vicky Ayotte, infirmière praticienne à l’urgence. Ce genre d’ajout à l’équipe, Mme Goulet aimerait qu’il y en ait plus, mais tout dépend des fonds disponibles. « Son appui, son travail, c’est exceptionnel ! Sa présence soutient à la fois les infirmières, les médecins et ça aide la communauté. Elle appuie également la clinique locum d’une façon indirecte, donc c’est vraiment bien de l’avoir. Ça faisait plusieurs années qu’elle voulait revenir », souligne Mme Goulet.
Les efforts de la communauté pour intégrer les nouveaux arrivants ne passent pas inaperçus. Récemment, une famille de médecins en visite a reçu un accueil chaleureux : motoneige, activités hivernales et rencontres avec les résidents. « Ce qui distingue Hearst, ce n’est pas seulement son hôpital, mais la façon dont la communauté s’implique », conclut Mélanie Goulet.
