le Mercredi 3 juin 2026
le Jeudi 20 mars 2025 13:55 Francophonie

Avancement et enjeux francophones en Ontario

Directeur général de l'AFO Peter Hominuk, la ministre canadienne des Langues officielles, Rachel Bendayan et le président de l'AFO Fabien Hébert. — Photo : Assemblée de la francophonie de l'Ontario/Facebook
Directeur général de l'AFO Peter Hominuk, la ministre canadienne des Langues officielles, Rachel Bendayan et le président de l'AFO Fabien Hébert.
Photo : Assemblée de la francophonie de l'Ontario/Facebook

L’assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) prend souvent la parole pour revendiquer les droits des Franco-Ontariens ; c’est une partie de sa mission. Le président, Fabien Hébert, est un résident de Hearst, ville où il fait bon vivre en français. Pourtant, ailleurs en province, les services en français sont rares, parfois inexistants, et dans la dernière année, plusieurs évènements ont démontré la fragilité de la démographie francophone.

Avancement et enjeux francophones en Ontario
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En avril, l’organisme a tenu sa 4e édition de la Journée de réflexion sur la santé, rassemblant une centaine de leadeurs francophones, de ministres et de sous-ministres à Toronto pour avoir des échanges sur les services en français, les grandes avancées et les chemins à prendre.

« L’annonce du gouvernement fédéral du renouvèlement de la Loi sur les langues officielles, l’établissement de nouvelles cibles pour la francophonie, le rétablissement du poids démographique la francophonie canadienne à son niveau de 1976, si je me rappelle bien : c’est venu mettre en place plein de stratégies que le gouvernement fédéral va utiliser pour s’assurer de rétablir le poids démographique, comme en favorisant l’immigration francophone par exemple », explique M. Hébert.

« La célébration du lever du drapeau le 25 septembre dernier a été un petit peu marquée par le débat entourant la décision de la Ville de Greenstone d’enlever le drapeau franco-ontarien. Ç’a été un moment difficile pour la francophonie ontarienne parce que c’était un peu un affront à notre fierté et notre sens d’appartenance. »

Le congrès annuel de l’AFO en octobre à Ottawa a permis de rassembler les membres de la francophonie, un moment où les forces vives ont pu échanger et faire des recommandations qui ont été mises de l’avant pour la prochaine année. « L’immigration, la santé et l’éducation postsecondaire sont vraiment les dossiers sur lesquels on veut travailler encore une fois cette année. »

Le président s’est rendu à Paris pour participer au Sommet de l’organisation internationale de la francophonie, FrancoTech, ce qui lui a permis de faire briller la culture franco-ontarienne avec les autres joueurs de la scène francophone mondiale.

Élections provinciales

L’assermentation de Doug Ford et l’annonce des ministres qui font partie de son cabinet pour le prochain mandat a eu lieu cette semaine. Dans un communiqué de l’AFO, Fabien Hébert souligne : « Je félicite l’ensemble des ministres nommés aujourd’hui et me réjouis particulièrement de la reconduction de Caroline Mulroney aux Affaires francophones. Nous avons toujours eu une collaboration constructive, notamment sur la modernisation de la Loi sur les services en français. Nous avons hâte de poursuivre ce travail et de veiller à sa mise en œuvre. »

Au fédéral

Le déclenchement probable d’une élection fédérale est également un dossier qui leur tient à cœur, sachant qu’il y aura des implications pour la communauté francophone. Dans le remaniement du gouvernement avec un cabinet réduit, le nouveau premier ministre, Mark Carney, a créé un nouveau ministère qui inclut celui des langues officielles. « Ça s’appelle maintenant le ministère de l’Identité canadienne, puis dans les entrevues que j’ai données dernièrement, j’ai dit que le nom du ministère ça m’importe peu, pourvu que les actions soient positives et que cela amène de l’avancement pour la communauté francophone. »

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a tout de même demandé des clarifications au gouvernement à ce sujet, afin d’obtenir des explications sur son plan d’action et sur la direction que ce nouveau ministère prendra. « Ça va aider à rassurer les gens aussi », dit-il.

Enjeux régionaux

Un comité a été formé à Greenstone pour étudier la reconnaissance de toutes les cultures qui sont sur ce territoire. Selon M. Hébert, le travail du comité est terminé, mais ses espoirs sont minces en ce qui concerne le retour du flottement en permanence du drapeau franco-ontarien.

L’enjeu principal dans le nord de la province est la diminution du poids démographique des francophones. « Le phénomène s’observe même jusqu’à Hearst : on se fait servir en anglais à bien des endroits et même si nous sommes chanceux d’avoir généralement des services en français à l’hôpital, il y a plusieurs spécialistes ou membres du personnel médical qui ne parlent que l’anglais », affirme Fabien Hébert.

Des programmes pilotes ont également été instaurés dans des communautés dites rurales et francophones, comme Timmins, Sudbury, North Bay, Thunder Bay et Sault-Sainte-Marie. Le programme a comme objectif, essentiellement, de combler le manque de main-d’œuvre, mais parmi les 14 collectivités qui ont été sélectionnées au pays, certaines ne sont pas nécessairement francophones. « Ça reste un défi d’attirer ces personnes-là dans le Nord, dans une région rurale, lorsqu’elles proviennent de grandes villes. Souvent, s’installer à Toronto semble un meilleur choix qu’à Hearst, disons, même si nous avons accès à des services et des infrastructures en français. »

Ce projet pilote ouvrira peut-être la voie à des projets de plus grande envergure et plus sophistiqués, mais pour l’instant, le programme permet d’accueillir environ 200 individus seulement. « C’est sûr que c’est une première et c’est super bien accueilli ! Si ce projet pilote réussit, c’est fantastique, ça risque d’amener des changements et des résultats à plus long terme, mais entretemps… »

Le plus gros dossier pour l’AFO, concernant l’année en cours, demeure la santé et les services en français. L’organisme est encore dans l’attente d’action gouvernementale, sachant que le dossier de la santé en français n’était pas une priorité pour la province dans les derniers mois. « On attend un dénouement en espérant que ça va se produire rapidement et que nous puissions passer à autre chose, mais en attendant cela demeure notre priorité numéro un », conclut M. Hébert.