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On parle souvent de la langue des signes alors qu’il en existe plusieurs dans le monde. Selon l’AQEPA, l’Association du Québec pour enfants avec problèmes auditifs, on a recensé 121 langues signées différentes. Dernièrement, une nouvelle m’a fait savoir que ces langues continuent à évoluer, à se développer, sur le plan du vocabulaire. L’exemple d’une jeune Française, ayant obtenu son diplôme de doctorat en biologie marine en LSF ou langue des signes française, est des plus éclairant à cet effet, car elle a dû, pour ce faire, inventer de nombreux mots qui n’existaient pas dans cette langue. Les termes «cétacé», «dauphin commun» et «dauphin bleu» en sont des exemples.
Camille Ollier est cette jeune femme qui, en plus d’avoir passé cette thèse à l’Université de La Rochelle, a aussi cofondé Science, technologie, Ingénierie et Mathématiques (STIM), une association de chercheurs sourds qui vise à développer la culture scientifique en langue des signes. Ayant pris connaissance de ces informations, je les ai communiquées à Elaine Gold, la fondatrice et directrice du Musée canadien des langues, qui m’a répondu qu’elle doit bientôt rencontrer une personne du Centre Bob Rumball pour les sourds et qu’elle lui fera part de ces informations. Pour son engagement à sensibiliser les gens aux langues autochtones et à participer à la réconciliation, notamment, madame Gold s’est vue décernée plusieurs distinctions, dont le Prix national d’excellence 2019 de l’Association canadienne de linguistique, le Prix du jubilé de platine de la reine Elizabeth II en 2023 et la Médaille du service méritoire du gouverneur général du Canada en 2024. Non seulement la fondatrice du Musée canadien des langues tient-elle à faire la promotion des langues autochtones parlées au Canada, mais elle n’oublie pas non plus les langues des signes que le musée présente dans certaines de ses expositions, y compris les langues des signes autochtones, car certaines communautés autochtones ont développé, elles aussi, leur langue signée. Ainsi en est-il de la langue des signes inuite, la langue des signes oneida et la langue des signes des Autochtones des Plaines.
Du travail pour la traduction automatique
Du côté de la traduction automatique, trois avenues sont à développer. D’une part, la traduction automatique d’une langue signée en langue parlée et, d’autre part, la traduction en sens inverse d’une langue parlée en langue signée. Étant donné le nombre de langues parlées et signées, cela représente déjà un travail énorme, mais s’arrêter à ce type de traduction ne serait pas entièrement satisfaisant pour l’ensemble des communautés des personnes sourdes, car ces différentes communautés doivent pouvoir communiquer directement entre elles, ce qui nécessite de développer aussi la traduction automatique d’une langue des signes à une autre ce qui permettra en fin de compte à des chercheurs et chercheuses comme Camille Ollier de communiquer directement avec d’autres chercheurs.ses faisant usage d’autres langues signées.
Remarques :
L’AQEPA a eu la gentillesse de me faire remarquer que l’expression « sourd-muet » est obsolète et ne correspond pas à la réalité de la plupart des personnes sourdes ou malentendantes qui peuvent parler.
De même, l’expression « langue gestuelle » est perçue comme étant péjorative.
« Les membres de la communauté sourde veulent voir leurs langues reconnues comme une langue à part entière dans toute la société. Ainsi, on ne parle pas de “langage des signes”, de “langage gestuel” ou de “langage des sourds” mais bien des “langues des signes”. »
