Je fus le premier rédacteur en chef et j’aimerais ici reconnaître l’apport de personnes qui furent impliquées à sa naissance et durant les deux années qui suivirent avant mon départ vers d’autres occupations.
C’est lors d’une conversation avec Raymond Tremblay alors directeur du Collège universitaire de Hearst que l’idée d’aller de l’avant avec la création d’un hebdomadaire francophone fut discutée. L’année précédente, j’avais travaillé au journal étudiant du Collège et Raymond collaborait à sa parution.
Un comité de direction composé des personnes suivantes fut formé: Gilles Camiré, Omer Cantin, Joseph Dubé, Laurent Guindon, Henri et Marcel Leclerc, Raymond et moi-même. Une levée de fonds eut lieu qui a permis d’amasser assez de sous pour acheter l’équipement, louer un local et aller de l’avant.
La première équipe qui s’affaira pour produire le premier numéro était petite mais très efficace : Gilles Grenier fut le mentor du groupe puisqu’il avait dirigé une publication francophone à Kapuskasing quelques années auparavant. Le premier journaliste Omer Cantin partait à la recherche des nouvelles, ma sœur Louise faisait la mise en page en équipe avec Gilles Grenier; Gilles Camiré s’occupait du bureau – secrétariat et comptabilité. J’avais la responsabilité de la vente de publicités, de la teneur du contenu éditorial et de la distribution.
D’autres journalistes se sont joints à l’équipe : Agathe Camiré, Louis Corbeil, Jean Gagnon, Adrien Cantin et Jacques Poirier. Des chroniques de toutes sortes étaient tenues par des personnalités locales : La boîte à recettes de Carole Brunet et Berthe Tanguay, ma mère; Ce qu’en pense Fernando Fortier; Gens de chez nous avec Guy Lizotte, Michel Vallières et Donald Poliquin; Chez les travailleurs du Nord d’André Rhéaume; Point de vue de Normand Bellehumeur; Ci et ça ça et là de Raphaël Saint-Maurice (Raph de Kap); Coup d’œil sur Smooth Rock Falls de Pierre Albert; Santé vous bien! de Daniel Gagnon et Votre beauté de Christine Couture.
Laurent Vaillancourt, Louise Tanguay et Daniel Potvin ont imagé les pages avec leurs bandes dessinées. Plusieurs personnes se sont jointes à l’équipe originale pour donner un coup de main à la composition, aux photos et autres tâches essentielles : Joseph Dubé, Jackie Dubé, Paulette et Pauline Gagnon, Victor Granholm, Louis Poirier, Jocelyne Picard et bien d’autres.
Assez rapidement, nous avons mis sur pied l’imprimerie La Bonne Impression où Yves Proulx fit ses premiers apprentissages sous l’œil vigilant de Gilles Grenier. Yves a œuvré par la suite plusieurs années aux Ateliers Nord-Est. Une maison d’édition, Les Boréales, fut aussi lancée où des livres de poésie et le livre de recettes de Berthe Tanguay furent publiés.
Après deux ans et demi à la tête de l’entreprise, je suis parti vers d’autres défis : direction des communications de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) où j’ai fondé le journal Le Temps; enseignement du journalisme à plusieurs endroits dont l’Université Sainte-Anne de Pointe-de-l’Église en Nouvelle-Écosse; direction des communications lors de la crise de Penetanguishene pour l’obtention d’une école secondaire francophone. Ensuite, je suis devenu agent d’artistes en premier lieu pour Donald Poliquin ainsi que pour plusieurs artistes franco-ontariens : Paul Demers, Robert Paquette, Michel Lalonde de Garolou, et Marcel Aymar de CANO; et par la suite pour des artistes internationaux du Québec, de France et d’Australie. Je représente toujours la chorégraphe Marie Chouinard pour ses tournées internationales.
Le Nord fut pour moi la première expérience de travail valorisante et ce fut un tremplin vers une longue carrière dans les domaines des arts et de la culture. Ça me fait un grand plaisir de reconnaître ici les personnes avec qui j’ai travaillé aux premières heures d’un journal qui aura vécu 50 années, ce qui était inimaginable en 1976. Bonne Fête et Longue Vie au Nord!
Paul Tanguay
