Pour mieux comprendre cette initiative, nous avons rencontré Patrice Villeneuve, président du Club de cinéma, ainsi que Saoudiatou Ba, étudiante en dernière année de gestion et passionnée de cinéma.
Selon Patrice Villeneuve, Moonlight n’est pas un simple film, mais une œuvre marquante qui a révolutionné le paysage cinématographique américain. En 2017, lors des Oscars, ce drame poignant est devenu le premier film LGBTQ+ et le premier avec un casting entièrement noir à recevoir l’Oscar du meilleur film. Patrice souligne également que Joi McMillon, la monteuse du film, fut la première femme noire à être nommée pour l’Oscar du meilleur montage. Quant à Mahershala Ali, il est entré dans l’histoire en devenant le premier acteur musulman à remporter un Oscar.
« Moonlight est une œuvre impressionnante. Chaque plan est minutieusement conçu, chaque scène porte une charge émotionnelle profonde. Le film ose briser les stéréotypes en abordant l’homosexualité dans la culture afro-américaine, un sujet souvent perçu comme tabou. Il explore également la masculinité sous un angle inédit, montrant qu’elle peut être douce, vulnérable et introspective », affirme Patrice.
Pour M. Villeneuve, Moonlight est un film universel, car il raconte une quête d’identité complexe, mais profondément humaine. « C’est un film qui vaut la peine d’être apprécié et digéré de façon personnelle. »
Le Club de cinéma de l’Université de Hearst ne se contente pas de projeter des films ; il crée un véritable espace de dialogue et d’ouverture sur le monde. Grâce à des choix cinématographiques pertinents et à des discussions enrichissantes, il permet aux étudiants d’explorer des réalités parfois méconnues, de mieux comprendre certaines problématiques sociales et de renforcer le lien entre les cultures.
Saoudiatou Ba
Saoudiatou Ba, qui a assisté à la projection, partage son ressenti sur le film. Originaire du Sénégal, elle a trouvé en Moonlight une histoire bouleversante, remplie d’émotions.
Avant d’arriver au Canada, Saoudiatou Ba ignorait l’existence d’un mois dédié à cette reconnaissance.
. « Ce qui m’a le plus marquée, c’est la profondeur émotionnelle du film. Il raconte la quête de soi avec une poésie et une sensibilité incroyables », confie-t-elle.
Mais ce qui l’a encore plus touchée, c’est l’initiative du Club de cinéma. Pour Mme Ba, ce club ne se limite pas à la simple projection de films ; il offre un véritable espace de discussion et d’échange. « Après chaque film, nous avons l’opportunité d’en discuter ensemble, d’exprimer nos impressions et d’en débattre. C’est un moment très chaleureux qui permet aux étudiants de partager leurs points de vue et d’apprendre les uns des autres. »
Elle a souligné également que le club joue un rôle important dans l’intégration des nouveaux arrivants à l’Université. « En tant qu’étudiante en dernière année de gestion, j’ai eu l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes grâce à ces soirées cinéma. C’est un lieu de rencontre qui favorise la diversité et renforce les liens entre étudiants. »
L’étudiante voit également cette initiative comme une belle manière de célébrer le Mois de l’histoire des Noirs. « Cette célébration est essentielle, car elle permet de reconnaitre l’héritage et les contributions des personnes noires à travers l’histoire. »
Avant d’arriver au Canada, Saoudiatou Ba ignorait l’existence d’un mois dédié à cette reconnaissance. « C’est ici que j’ai découvert cette célébration, et je trouve cela très inspirant. Cela témoigne d’une volonté d’honorer l’histoire et de lutter contre l’oubli. »
Elle a exprimé aussi son admiration pour plusieurs figures emblématiques du combat pour les droits civiques.
Martin Luther King, Nelson Mandela, Harriette Tubman. Ce sont des personnalités qui ont marqué l’histoire par leur engagement pour la justice et l’égalité. Leurs luttes résonnent encore aujourd’hui et nous rappellent l’importance de défendre nos droits et nos valeurs.
L’étudiante apprécie aussi la diversité culturelle du Canada, qu’elle perçoit comme un pays où le racisme est moins présent que dans d’autres régions du monde. Pour elle, la mixité et le respect mutuel sont des forces qui enrichissent la société et favorisent l’épanouissement de chacun.
Au-delà de la reconnaissance historique, ce mois de commémoration lui rappelle également les valeurs africaines inculquées par sa famille : le respect, le courage, la solidarité et la bienveillance. « Même si je suis loin de mes parents, je reste fidèle à ces principes qui m’aident à avancer et à construire mon avenir », affirme-t-elle.
