La nouvelle de la mise en pause des tarifs douaniers de M. Trump venait de tomber la veille, mais la question des tarifs continue de semer l’inquiétude dans la population. De son côté, M. Bourgouin souligne que le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario désire consulter les dirigeants d’entreprises pour évaluer leurs besoins. Il souligne la nécessité pour les employeurs de diversifier leurs marchés, particulièrement pour ceux qui dépendent fortement des États-Unis. Une approche plus ouverte vers l’international pourrait les prémunir contre les fluctuations des tarifs douaniers et garantir une stabilité économique accrue. « Vous savez que je viens de l’industrie forestière. Il est essentiel que le gouvernement soutienne ces entreprises dans leur diversification vers l’outre-mer, afin de prévoir pour qu’une situation comme celle-ci concernant les tarifs ne viennent pas les impacter », affirme le député sortant néodémocrate.
Dans le domaine forestier, les défis sont multiples. L’annonce d’un prêt garanti de 10 millions de dollars à l’entreprise de pâte et papier à Kapuskasing est un bon exemple de diversification, mais M. Bourgouin croit que ce genre d’initiative devrait s’étendre à d’autres moulins de la région. « J’ai parlé avec Ian Dunn, le président et directeur général de l’Ontario Forest Industries Association (OFIA), et il a déclaré que si les tarifs de 25 % entrent en vigueur, ça viendrait tuer notre industrie ! Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre notre industrie forestière au Canada. »
Malgré l’importance de cette industrie au Canada, notamment dans le nord de la province, plusieurs obstacles freinent son développement. « Notre cheffe a été bien claire à ce sujet, nous allons être là pour ces industries-là, car nous avons besoin d’un gouvernement qui s’implique davantage, qui mise sur l’achat local et qui les soutient activement », explique M. Bourgouin.
Santé et éducation : des secteurs sous pression
Le sujet des tarifs douaniers de 25 % que les États-Unis et le Canada menacent de s’imposer l’un et l’autre prend beaucoup de place selon le néodémocrate, et des sujets comme la santé et l’éducation tombent dans l’oubli quelque peu. « Ce sont deux piliers que nous ne toucherons pas, nous voulons investir dans la santé et l’éducation. »
Le système de santé fait face à une crise de pénurie de personnel. Bien que des programmes aient été instaurés pour attirer des médecins en province, leur efficacité reste limitée. Selon M. Bourgouin, le gouvernement en place ne prend pas en compte la spécificité des francophones. « Il existe un programme conservateur visant à recruter 100 médecins de famille d’ailleurs, mais seulement des anglophones. Si nous avons une pénurie de médecins anglophones, imaginez-vous la pénurie de médecins francophones ou bilingues capables de desservir une ville comme Hearst ! »
Une meilleure reconnaissance des infirmières et des investissements accrus dans les hôpitaux sont également nécessaires pour éviter une dépendance couteuse au secteur privé. « Des opérations simples sont données au secteur privé et coutent trois fois plus cher aux contribuables. Pourtant les directeurs des hôpitaux de la région me disent tous la même chose : avec le financement adéquat, nous pourrions tout faire. »
Le projet de loi 124, qui stipule le gel de salaire des employés du secteur public, en a mené plusieurs à changer de métier. « C’est plus que des métiers, être infirmière ou éducateur, c’est une vocation. »
L’éducation, elle aussi, traverse une période difficile. Le manque d’enseignants qualifiés entraine une fragilisation du système, avec un recours accru à du personnel non certifié. « Nos jeunes ont droit à une éducation de qualité. Je ne dis pas que les aides-enseignants n’en donnent pas une, mais ils ne sont pas qualifiés. En ce moment, il y a plus d’enseignants qui quittent la profession qu’ils en rentrent », affirme M. Bourgouin, plaidant pour un retour à des standards plus rapides en matière de formation des enseignants.
Toutes ces solutions proposées par son parti ne sont pas une réinvention, selon lui. Les experts consultés et qui les proposent aux néodémocrates sont les mêmes qui conseillent le gouvernement en place. « Ils nous disent les solutions et ils ne les mettent pas en pratique ! »
Sécurité sur les routes et gestion des fonds publics
Évidemment que les routes sont au cœur de la campagne du député sortant, qui déplore depuis longtemps le manque de sécurité sur les routes nord-ontariennes, soulignant que plusieurs élus conservateurs représentent des circonscriptions voisines. « Ils disent tous la même chose que le ministre des Transports : nos routes sont les plus sécuritaires en Amérique du Nord. »
La gestion des fonds publics par le gouvernement de Doug Ford est aussi un élément qui dérange les partis d’opposition. Cela concerne des projets tels que l’implantation des bureaux de licences dans des chaines de magasins du secteur privé, l’investissement massif pour Place Ontario, l’ajout hâtif des boissons alcoolisées dans les dépanneurs qui brise un contrat de plusieurs millions, la formation des camionneurs dans des écoles privées qui ont montré des failles, entre autres.
En période électorale, les partis politiques sont sous les projecteurs. L’opposition officielle à Queen’s Park offre une plateforme axée sur l’éducation, la santé et le soutien aux entreprises, affirmant que les décisions budgétaires doivent avant tout bénéficier aux citoyens. « Nous avons une vision claire pour résoudre ces problèmes et nous mettons notre programme à la disposition de tous », affirme le candidat Bourgouin. « Je lance un défi au candidat conservateur de venir faire le débat. Il veut ma job, il devrait être en mesure de débattre le bilan que son gouvernement a fait ! »
