le Jeudi 4 juin 2026
le Vendredi 1 novembre 2024 9:00 | mis à jour le 8 novembre 2024 16:18 Chroniques

Dans le temps comme dans le temps – Caractères et légendes des années 50, 60 et 70

Le Capitaine — Photo : Écomusée de Hearst, don de Luc Talbot et Alan Jansson
Le Capitaine
Photo : Écomusée de Hearst, don de Luc Talbot et Alan Jansson

L’échange suivant a eu lieu sur le site Hearstory. Tout en reconnaissant l’importance historique que de telles communications engendrent, je dois admettre que j’aime aussi beaucoup le partage de souvenirs avec mes collègues. Par respect pour eux, je n’utilise que les premiers noms et je traduis, tant bien que mal, les textes anglophones en français.

Dans le temps comme dans le temps – Caractères et légendes des années 50, 60 et 70
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Mona : Est-ce que je suis la seule à me rappeler des noms suivants de mon enfance : Red – Tarzan – la dame clocharde (Bag Lady) – le gars qui faisait des pirouettes en avant de la salle de billard ? Existaient-ils vraiment ? Est-ce mon imagination ? Je me rappelle que Laurent a parlé du Capitaine récemment. Il y a une excellente photo du Capitaine sur le site Écomusée de Hearst.Top of Form

Lorraine : Le Capitaine ? Du Lac Ste-Thérèse ??

Louise : Quand tu rencontrais Red sur le trottoir, il te regardait et disait toujours « Dis bonjour à Red ».

Georges : J’ai vu Tarzan manger de l’argent en buvant sa bière. I mangeait des vingt-cinq sous et quelquefois des billets de dix et vingt dollars. C’est la seule personne que j’ai vue faire cela. Tarzan était un géant gentil, mais très…

Alan : Georges. Elle est vraie cette histoire qu’il mangeait des sous.

Georges : Oui, je l’ai vu faire, cela plusieurs fois. J’ai vu des drôles de caractères chez les bootleggers lorsque je buvais. Yes, I seen him do it many times. I seen a few special characters at bootleggers in my drinking days.

Dinty : Oui, durant les années 60 et 70, il y avait de drôles de caractères et certains venaient d’outremer, tels les deux Ivan.

Dinty : Alan, quelle était la nationalité de Tarzan ? Encore tout jeunes, lorsque nous le rencontions, mes amis et moi lui disions : « How’s the boyka ? », et il répondait « Huba, huba! ».

Lucienne : Soup Bone ! La puce du démon ! – et il y en a d’autres. Je les connaissais tous.

Alan : Oui, ils avaient tous des caractères originaux. Tarzan – un gaillard très fort, s’appelait Tony. Il y avait aussi Red, mais je ne me rappelle pas de son nom.

Mona : Wow, merci ! Je me demandais si c’était mon imagination, mais ils existaient vraiment !

Guy : Tarzan, c’est lui qui avalait de l’argent, n’est-ce pas ?

Alan : Guy, ben oui, et il attaquait même les téléphones avec son couteau, mais lorsqu’il était ¸à jeun, il était un géant doux et paisible.

Claude : Lorsqu’il était ivre, il se servait de la langue des signes plus souvent que la parole. J’ai travaillé avec lui à Mosher en 69-70-71.  

Serge : Je me souviens de Red dans les années 50. Durant les relâches entre les saisons de buchage, on le voyait souvent sur les rues Front ou George habituellement très enivré et rouge comme une tomate. Il passait son temps dans les brasseries ou chez les bootleggers. Nous les jeunes, cependant, savions tous que Red aimait les enfants. Lorsqu’on le rencontrait dans le village, il venait souvent à notre rencontre et nous disait : « Hey kid, say, “Hi Red”. Si nous répondions “Hi, Red”, il nous donnait vingt-cinq sous (assez pour un Pepsi et un chip). On disait dans le temps que Red avait été chef de police à Timmins et avait perdu toute sa famille (épouse et enfants) dans un accident d’auto. Il avait alors perdu le gout de vivre et soignait sa peine avec la boisson, mais il n’avait jamais perdu son amour pour les enfants. Il fait certainement partie de notre folklore.

Alan : On dit aussi qu’il s’occupait des chevaux chez Selin. Ses chevaux tiraient un traineau chargé de billots lorsqu’ils ont glissé sur un pont et sont tombés à l’eau. Les chevaux sont morts et Red n’a jamais été le même après.  

Mona : Serge, merci de partager. C’est tellement triste.

Linda : Mona, je me rappelle de ces noms. Je suis née en 67, donc vers les mi-70.

Alan : Moi je me rappelle de Red durant les années 50 et 60 et j’aime beaucoup la description de Serge “rouge comme une tomate”. C’est tellement vrai.

Tom : Tarzan avait des mains grosses comme Hulk. Ses doigts ressemblaient à de grosses saucisses.

Alan : Des mains de ciment.

Diane : Il y avait plusieurs histoires concernant Red. On dit aussi qu’il a heurté un enfant lors d’une poursuite en automobile. Il était policier. 

Ernest : Le nom de Red était John Hutchinson. Il m’avait raconté qu’il était originaire de Montréal et qu’il livrait le lait avec ses chevaux. C’était probablement aux alentours des années 1920 puisqu’il devait avoir près de 70 ans quand je l’ai connu chez Selin vers 1966-1967. Il avait travaillé comme barn-boss plusieurs années, mais comme les débusqueuses (Timberjack) venaient de remplacer les chevaux, il était à la retraite. Il aimait bien les animaux, surtout les chevaux. Je l’ai vu quelques fois à Hearst, alors qu’il était pas mal chaud, dire à de jeunes filles : “Say Hey to Red and I’ll give you 5 dollars.” Mais je ne l’ai jamais vu en donner !!! Je pense qu’il n’était pas très fortuné. J’en garde de bons souvenirs.

Huguette : Beaucoup d’histoire dans ce texte… Merci !

Lucienne : La puce du Démon, Red et Tarzan. Ils venaient tous au Luxury Café. Simone, Johanne et Popcorn étaient leurs amies.

Diane : Oui, je me souviens de tous ces noms.

Carole : Je me rappelle de Tarzan et de la Bag Lady.

Wolf Man : Il y avait aussi un monsieur Bear qui conduisait son tracteur au village pour faire son épicerie.

Claude : Un petit Ford gris.

Wolf Man : C’est bien lui !

Louise : Je me souviens de Tarzan et Red. Ils venaient souvent dans le magasin de mon père (Jos Leclerc Second Hand Store). Il y avait aussi La Puce et un Kenty. Ils étaient tous très aimables.

Patrice : Je me souviens de Popcorn.

Agathe : Quels beaux souvenirs ! Toutes ces personnes de notre enfance. Merci de partager.

Thomas : J’ai travaillé avec Red chez Selin à Nassau lorsque j’étais au secondaire. Il avait dressé (entrainé) ses chats pour qu’ils puissent ouvrir le robinet d’eau et le fermer lorsqu’il devait s’absenter pour aller au village.

Georges : Je me souviens de tous ces gens.