Le premier vice-président, Kevin Cook, le vice-président de la région du Nord-Est de l’Ontario, David Tremblay, et la représentante francophone du conseil, Suzanne Pinel Asselin, ont tous fait un discours aux syndiqués sur place mercredi après-midi sur la rue Edward à Hearst.
Pour attirer l’attention du public, ils amènent avec eux un cheval de Troie en bois d’une hauteur de 15 pieds, représentant la manœuvre d’infiltration du secteur privé dans le système de santé qui détruit lentement le secteur public.
« Les cliniques privées sont très couteuses et les sommes à payer au secteur privé sont beaucoup plus élevées que les sommes au secteur public pour les mêmes services. Une étude menée par l’Association médicale canadienne a démontré que les chirurgies privées ont augmenté de 22 % en Ontario et une réduction de 9 % au public », explique Mme Pinnel-Asselin.
La représentante a cité l’étude de CBC/Radio-Canada de 2023 qui comparait le financement provincial à une clinique chirurgicale privée à Toronto à celui versé à un hôpital public. Par exemple, pour une arthroscopie du genou la province a versé 4037 $ à la clinique privée Don Mills Surgical Unit et le versement aux hôpitaux pour la même chirurgie varie entre 1273 $ et 1692 $. « Le gouvernement essaie de nous convaincre que le secteur privé va améliorer la charge d’accumulation de chirurgies et la capacité des hôpitaux. En plus, ces cliniques viennent recruter les employés du secteur public, ce qui mènera à l’épuisement du personnel comme c’est déjà le cas à Ottawa. En effet, ceci va créer un système à deux niveaux : ceux qui peuvent payer pour les services et ceux qui ne peuvent pas accéder à des soins de santé plus rapide. »
Selon eux, l’Ontario se dirige vers une normalisation de la privatisation des soins de santé comme l’ont fait les États-Unis. Ils dénoncent aussi le fait que l’Ontario est la province qui offre le moins de financement en santé par personne au pays. « Nous avons moins de personnel dans les hôpitaux comparé au reste du Canada et le moins de personnel par lit dans les hôpitaux également. Nos travailleurs ont subi le sous-financement des conservateurs et le moral est bas parmi eux, les conditions de travail sont épouvantables et les charges de travail sont élevées, proclame Mme Pinel Asselin. Les salaires sont moins équitables qu’au privé et ce manque de respect éloigne les employés du secteur hospitalier. Les postes vacants ont augmenté de 524 % depuis 2015, les travailleurs ne veulent plus faire partie d’un système avec peu de ressources et de main-d’œuvre. »
Le message est clair de la part des trois représentants syndicaux : le financement du secteur privé n’a pas sa place dans le domaine de la santé en Ontario.
