Le Sénégalais a entamé son cheminement académique dans son pays natal, où il a obtenu son diplôme de fin d’études secon-daires en sciences expérimentales. Après un an d’études en génie civil à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il a pris la décision de poursuivre son rêve à l’étranger. Ce choix n’a pas été facile, comme il l’explique : « Mon premier choix était la France, car j’ai de la famille là-bas. Cependant, ma procédure pour le Canada est sortie plus rapidement, et j’avais déjà mon admission à l’Université de Hearst, donc j’ai choisi de venir ici. »
Ce choix d’étudier à Hearst, une petite ville du Nord de l’Ontario, a été guidé par son désir d’obtenir un diplôme reconnu à l’international. Il souligne que « les diplômes étrangers, en particulier ceux des pays occidentaux, sont beaucoup plus valorisés sur le marché de l’emploi en Afrique. » Bien qu’il ait eu des opportunités au Sénégal, Mouhamadou a préféré maximiser ses chances de succès professionnel en obtenant un diplôme canadien.
Pour Mouhamadou, l’Université de Hearst propose un système éducatif qui se distingue nettement de celui qu’il connaissait au Sénégal. À Hearst, les cours sont dispensés en blocs intensifs sur trois semaines, ce qui permet aux étudiants de se concentrer sur un seul sujet à la fois. « Au Sénégal, les journées de cours sont longues et comprennent plusieurs matières à la fois, ce qui peut être épuisant », dit-il. Ici, il apprécie de pouvoir « alterner entre études et travail, tout en ayant le temps de faire correctement ses devoirs et ses projets. »
Mouhamadou propose tout de même quelques suggestions pour améliorer l’expérience à l’Université de Hearst. Selon lui, « il serait intéressant d’avoir deux cours par jour pendant quatre semaines, afin de terminer le programme de baccalauréat un peu plus tôt. »
Arrivé au Canada en juin 2022, Mouhamadou a rapidement dû faire face à un élément typique de la vie dans le Nord de l’Ontario : l’hiver canadien. « J’avais été prévenu de la rigueur du froid, mais ma première expérience a quand même été difficile », avoue-t-il avec un sourire. Il se souvient d’une journée mémorable où il est sorti sans gants alors que la température atteignait les -30 °C : « Mes mains étaient gelées, et je n’oublierai jamais cette sensation. »
Malgré ces défis climatiques, Mouhamadou apprécie la beauté du Nord canadien et la tranquillité de Hearst, qui contraste fortement avec la vie trépidante de Dakar.
« Hearst est une petite ville, loin des grandes métropoles comme Québec ou Ottawa, mais c’est ce calme qui me fascine. »
Toutefois, il avoue que le manque d’activités sociales et culturelles est parfois un inconvénient. « Il n’y a pas beaucoup d’options pour sortir, mais grâce aux réseaux sociaux et à mes recherches, je reste connecté avec le reste du monde. »
L’adaptation à une nouvelle vie dans une ville aussi éloignée aurait pu être difficile pour Mouhamadou, mais il a pu compter sur l’aide de son ami Tafsir Alassane Ndiaye, également installé à Hearst. « Tafsir m’a beaucoup aidé à trouver un logement et à m’adapter à ma nouvelle vie. Il m’a aussi aidé à décrocher mon premier emploi à Hearst Air, où j’ai travaillé durant l’été 2022. »
Son parcours professionnel à Hearst est riche et diversifié. Après son travail saisonnier à Hearst Air, où il effectuait des patrouilles aériennes, il a enchainé avec un emploi au Tim Hortons de juin 2022 à décembre 2023. Actuellement, Mouhamadou travaille comme réceptionniste au Motel Companion, où il a été récemment promu manager. « J’accueille les clients, je gère les réservations et les paiements, tout en veillant à ce que leur séjour se passe bien », explique-t-il. Ce rôle lui permet de développer des compétences en gestion qui lui seront précieuses dans sa carrière.
Comme beaucoup de nouveaux arrivants, Mouhamadou a dû faire face à la crise du logement à Hearst. Cependant, grâce à son réseau d’amis et à la solidarité locale, il a pu s’en sortir sans trop de difficultés.
« Mon ami Tafsir m’a beaucoup soutenu pour trouver un logement rapidement, et je suis très reconnaissant pour cela. »
L’adaptation culturelle et linguistique a également été un défi, surtout au début. Lisa Grondin, sa collègue au Motel Companion, témoigne de sa capacité à apprendre rapidement : « Quand il a commencé, Mouhamadou ne parlait pas beaucoup anglais, mais aujourd’hui, il est capable de mener des conversations fluides, et il a même adopté certains de nos accents ! » Lisa se réjouit de travailler avec lui et ajoute avec enthousiasme : « Il est tellement intelligent et autodidacte. Je l’ai même amené à un match de hockey, car il adore les sports ! »
Malgré les défis liés à l’adaptation et aux conditions climatiques, Mouhamadou Lamine Thiaw se dit très satisfait de son expérience au Canada et particulièrement à Hearst. Son parcours académique et professionnel, couplé à son ouverture d’esprit et à sa capacité à s’adapter, laisse entrevoir un avenir prometteur, tant au Canada qu’à l’international.
Bref pour M. Thiaw, cette aventure est bien plus qu’une simple étape dans sa formation. C’est une expérience de vie, riche en apprentissages et en découvertes, qui lui permettra, une fois diplômé, de réaliser ses ambitions dans le monde de la gestion, que ce soit au Canada, au Sénégal ou ailleurs.
