Par exemple, les conflits militaires empêchent les investissements en infrastructures nécessaires pour se préparer à la crise climatique ; les inégalités économiques et l’échec de nos leadeurs, quels qu’ils soient, contribuent à la montée de l’autoritarisme partout dans le monde, entre autres. Ces multiples crises se produisent au même moment et s’entraident l’une l’autre.
Nous sommes aussi témoins en ce moment d’un retour en force de ce que l’on nomme la multipolarité, c’est-à-dire que la gouverne de la planète qui, depuis la fin des années 80, était pratiquement dominée par les É.-U., voit sa réalité changer rapidement. La Chine, la Russie, l’Inde sont maintenant des joueurs qui ont accumulé un respect sur la scène mondiale, et ça change la donne. Les Américains sentent la soupe chaude (comme on dit). La fin du pétrodollar a l’air proche. L’Afrique et l’Amérique du Sud semblent de plus en plus souhaiter établir des partenariats avec la Chine plutôt qu’avec l’Europe ou les É.-U. Et les É.-U. ont peur. Ils savent que leur avantage le plus important est l’industrie militaire et les trillions de dollars qu’ils y investissent chaque année. Et lorsque les Américains pensent perdre du pouvoir, ils deviennent très dangereux.
Une troisième guerre mondiale ? La question demande réflexion. Si l’on regarde la situation sur la planète actuellement, la réponse est que les probabilités que nous soyons témoins de la 3e guerre mondiale sont plus élevées aujourd’hui que durant les 50 dernières années. J’oserais dire que les probabilités sont beaucoup plus élevées. Les leadeurs mondiaux semblent avoir perdu contact avec la réalité et se complaisent dans leur lutte pour le pouvoir. Les règles qu’on s’était données depuis la Deuxième Guerre mondiale sont abandonnées l’une après l’autre par ceux-là mêmes qui les ont créées. Et ce, sans égard au parti politique qu’ils défendent. Il n’y a présentement aucun leadeur digne de ce nom en Amérique du Nord ou en Europe. En fait, nous avons affaire à une bande d’enfants adultes qui se crient des noms comme dans une cour d’école, et ce, dans le seul but d’avoir le pouvoir, de le maintenir et de le voir grandir sans égard à la population en général. Et ces enfants ont accès à des jouets dangereux (des missiles ou des outils de propagande par exemple) et n’ont pas ce qu’il faut pour en avoir la responsabilité. Oh que j’aimerais que nous ayons la capacité de leur enlever leurs jouets et de les renvoyer dans leur chambre pour réfléchir…
Marc Bédard, B.A.A, M.Sc.
Chroniqueur Le Nord et animateur de l’émission Demain, c’est maintenant tous les jeudis à midi
Professeur en administration des affaires et gestion à l’Université de Hearst
