M. Roger est un ancien de Hearst qui a quitté la ville après sa 13e année d’études secondaires, environ à l’âge de 19 ans, pour aller poursuivre ses études à l’Université d’Ottawa. Au début de ses études supérieures, Pierre retournait pendant l’été pour voir ses parents, mais cela fait maintenant quelques années qu’il vit hors de sa ville natale.
« Ça fait quand même un bout de temps que je suis parti. Mais j’aime beaucoup Hearst. Mon père, Donald Roger, que beaucoup de gens de Hearst appelaient “Ti Do” parce qu’il n’était pas grand, comme moi, était gérant de Supérieur Propane de Hearst. Ma mère, Rita, que beaucoup d’enfants de Hearst appelaient Madame Rita, a longtemps été enseignante suppléante puis directrice de l’école Pavillon Notre-Dame en fin de carrière. Mais ma sœur, Joanne, et moi avons quitté pour aller aux études. »
M. Roger n’est pas retourné à Hearst depuis 1986. À la retraite, ses parents ont décidé de suivre leurs enfants. « Je revenais les étés et je travaillais au parc provincial Fushimi, ce pendant trois étés, et j’adorais ça. Il y avait de bons amis et je connaissais beaucoup de gens de Hearst. Après ça, j’ai arrêté de retourner à Hearst pendant l’été. Ça fait quand même assez longtemps ! Mais je retournais voir mes parents à Noël, pendant les Fêtes, jusqu’au moment où ils ont pris leur retraite. »
Bien que l’honorable juge Pierre Roger ne vive plus à Hearst, sa conjointe est originaire de la même ville natale que lui. « Moi, j’étais veuf depuis un petit bout de temps. Et puis ma sœur Joanne était amie avec Kim Christianson. Donc, elle nous a mis en contact. J’ai rencontré comme ça Kim, que je connaissais d’ailleurs quand j’étais un petit bonhomme à Hearst. On est conjoints maintenant depuis au moins cinq ans. »
Un parcours académique vers le droit
Pierre Roger a également parlé de son parcours professionnel en expliquant le cheminement scolaire nécessaire pour devenir juge. « Pour devenir juge, il faut être avocat pendant au moins dix ans. Pour devenir avocat, on fait un bac en quelque chose, et je ne pense pas que c’est important en quoi on le fait. Il faut choisir un bac dans un domaine qu’on aime, pour avoir de bonnes notes. Ensuite, on fait un autre bac en droit. Après, on fait un stage et les examens du barreau… et on devient avocat. »
M. le juge a toutefois indiqué qu’il existe peut-être une autre voie un peu plus rapide pour devenir avocat en postulant après deux ans d’études, mais selon lui, il vaut mieux pour un jeune d’obtenir un bac de quatre ans avant de commencer un bac en droit.
« Moi, j’ai fait mon premier bac de quatre ans en commerce. Après ça, j’ai fait un autre bac de trois ans en droit, ce qui fait sept ans. Le barreau, à l’époque, durait un an, avec un stage d’une année. Donc, ça prenait neuf ans à l’époque pour devenir avocat. »
Au secondaire, Pierre Roger était davantage intéressé par les sciences ; il ne pensait pas du tout faire carrière dans la justice en devenant juge. « À l’époque, je n’avais pas toujours la langue dans ma poche. Mais au moins, c’était une suite logique de dire : écoute, pourquoi pas devenir avocat ? Et puis, je connaissais un monsieur de Hearst, Mike Bourgeault, qui était avocat à Kapuskasing. Il était un peu plus vieux que moi, et j’ai suivi son parcours, comme il m’en avait parlé. Et ça a bien marché pour moi. »
De l’avocat au juge de la Cour supérieure de l’Ontario
Cependant, avant de devenir juge, M. Roger a été avocat pendant presque vingt ans. Il a été un associé du cabinet Borden Ladner Gervais à Ottawa de 1991 à 2010. Il faisait du droit civil et surtout du droit hospitalier à la fin de sa carrière d’avocat, avec tout ce qui touche la responsabilité des hôpitaux, avant d’être nommé juge.
« J’ai été nommé juge associé avant. À la télévision, les gens pensent qu’on est juste nommé comme ça. Mais non, il faut appliquer, on postule et on envoie son CV au bon endroit. Et il y a un comité qui vérifie tout ça, et éventuellement, les chanceux sont choisis. »
Un métier d’écoute, d’évaluation et de décisions
D’après le juge Roger, une journée à la Cour de justice est très intéressante. Parce que, dans sa perception, les juges sont des arbitres de disputes, que ce soit en matière familiale, civile ou criminelle. Leur travail est de régler un litige entre deux parties.
« On est en cour tous les jours. Ça commence à dix heures le matin et on siège à peu près jusqu’à 16 h 30. Donc, du matin au soir, on entend les témoins, on écoute, on prend des notes et on reste tranquille. Nous, notre rôle, c’est d’écouter et d’évaluer la preuve. Et puis, le soir, on pense à ça, on analyse et on résume peut-être ce qu’on a entendu. Il y a beaucoup d’écriture, parce que, quand le procès est fini, on doit écrire une décision qu’on rend ensuite », explique-t-il.
La Cour supérieure de justice de l’Ontario est la plus haute cour de première instance de l’Ontario, mais selon Pierre Roger, la seule distinction est que ces juges sont nommés par le gouvernement fédéral.
« Nous sommes des juges de première instance. La première décision rendue à la cour, c’est nous qui la rendons. Et si les gens ne sont pas contents, ils peuvent faire appel devant la Cour d’appel. Par la suite, c’est la Cour d’appel qui revoit nos décisions. Mais comme la Cour de l’Ontario, nous sommes une cour de première instance. C’est juste que nous entendons des causes de façon différente. La Cour de l’Ontario entend certaines causes, et nous, nous entendons d’autres causes. Mais tous les deux, nous sommes des cours de première instance. »
