le Mercredi 3 juin 2026
le Jeudi 21 août 2025 13:00 | mis à jour le 22 août 2025 23:11 National

Pierre Poilievre a remporté l’élection partielle à Battle River-Crowfoot en Alberta

De gauche à droite : Anaida Poilievre, le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre. Damien Kurek et Danielle Kurek célèbrent la victoire du chef du Parti conservateur Pierre Poilievre lors de l’élection partielle de Battle River-Crowfoot, à Camrose en Alberta, le lundi 18 aout 2025.  — Photo : Jason Franson/La Presse Canadienne
De gauche à droite : Anaida Poilievre, le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre. Damien Kurek et Danielle Kurek célèbrent la victoire du chef du Parti conservateur Pierre Poilievre lors de l’élection partielle de Battle River-Crowfoot, à Camrose en Alberta, le lundi 18 aout 2025.
Photo : Jason Franson/La Presse Canadienne

Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, pourra enfin siéger de nouveau à la Chambre des communes à la mi-septembre. Lundi soir, il a remporté l’élection partielle dans la circonscription de Battle River-Crowfoot en Alberta, une victoire qui marque un retour en force après l’humiliation subie lors du scrutin fédéral du 28 avril. Ce soir-là, Poilievre avait perdu son siège de Carleton, un comté qu’il détenait depuis vingt ans.

Pierre Poilievre a remporté l’élection partielle à Battle River-Crowfoot en Alberta
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D’après la Presse Canadienne

Cette défaite avait ébranlé son leadeurship et remis en question son avenir politique. Mais la victoire en Alberta vient lui offrir un nouveau souffle. Elle lui permettra surtout de retrouver son rôle de principal adversaire du premier ministre, Mark Carney, lors de la reprise des travaux parlementaires. Et les sujets importants ne manqueront pas : la guerre commerciale persistante entre le Canada et les États-Unis, la crise du logement qui frappe durement plusieurs villes et l’attente prolongée du prochain budget fédéral.

Un orateur redoutable à Ottawa

À Ottawa, Poilievre est reconnu comme un redoutable orateur, un politicien qui maitrise la joute parlementaire avec équilibre. Ses années face à l’ancien premier ministre Justin Trudeau avaient déjà démontré sa capacité à critiquer ses adversaires avec des questions incisives. Toutefois, son retour au Parlement ne met pas fin à ses épreuves. Les prochains mois s’annoncent plus périlleux que sa campagne en Alberta.

Une victoire plus difficile que prévu

Car cette élection partielle, pourtant disputée dans un bastion conservateur, a été tout sauf une formalité. Il y a huit mois à peine, M. Poilievre semblait promis à une victoire facile, alors que son parti affichait plus de vingt points d’avance dans les sondages nationaux. Mais le paysage politique a basculé : la démission de Justin Trudeau, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et l’arrivée de Mark Carney ont redistribué les cartes.

Dans ce contexte, le chef conservateur a dû affronter une épreuve inattendue : pas moins de 213 candidats, un record. Lors d’un débat houleux réunissant une dizaine d’entre eux, il a été accusé d’avoir été parachuté dans Battle River-Crowfoot par simple ambition personnelle, avec l’objectif de reprendre pied en vue de diriger le pays.

Malgré ces attaques, Poilievre a largement dominé le scrutin. Selon les résultats disponibles mardi matin, il a obtenu environ 80 % des votes. Sa plus proche adversaire, l’indépendante Bonnie Critchley, a récolté 10 % des appuis.

Des sondages en baisse pour les conservateurs

Depuis le scrutin du 28 avril, les conservateurs ont vu leurs appuis glisser dans les intentions de vote. Ce soir-là, ils avaient récolté 41,31 % des suffrages, contre 43,76 % pour les libéraux. Aujourd’hui, il y a toujours de l’écart pour les intentions de vote.

Les libéraux de Mark Carney détiennent une avance moyenne de sept points dans les sondages, selon l’agrégateur 338Canada. Certaines firmes, comme Nanos, accordent même plus de dix points d’avance aux libéraux.

Leadeurship à confirmer

Parallèlement, Pierre Poilievre doit aussi convaincre les membres de sa propre formation politique qu’il demeure la meilleure personne pour mener les troupes lors du prochain scrutin. En janvier, il devra soumettre son leadeurship à un vote de confiance des militants lors d’un congrès national qui doit avoir lieu à Calgary. Pour l’heure, personne parmi les conservateurs ne conteste ouvertement son leadeurship.

Tradition d’impatience

Mais depuis l’ère de Stephen Harper, la patience des conservateurs envers leur chef n’a pas été une vertu. Andrew Scheer et Erin O’Toole ont été éjectés rapidement de leur poste après une seule défaite électorale.