Il y a à peu près cinq ans, l’organisme de Hearst Pet Finders Rescue – Retrouvailles et sauvetage d’animaux était reconnu en tant qu’œuvre caritative, enregistrée comme organisme sans but lucratif, afin de pouvoir donner des reçus pour les nombreux dons recueillis. « C’est grâce à de généreux donateurs que nous avons pu s’enregistrer légalement comme cela », souligne Mme Boucher-Basque.
Marie-Josée lors d’une opération de sauvetage
Ce changement impliquait aussi de la bureaucratie supplémentaire pour les bénévoles. Selon la loi, les OSBL doivent présenter leurs états financiers chaque année, en bonne et due forme, ce qui entraine des frais supplémentaires de tenue de livres pour le groupe, l’organisation d’une réunion générale annuelle, entre autres.
Ce que déplore Marie-Josée Boucher-Basque, c’est que les frais reliés à tout cela étaient plus élevés que ce qu’elle récoltait avec les dons provenant d’âmes charitables. Cependant, elle pouvait compter sur l’aide précieuse d’une amie rotarienne, Rita Robin, pour l’organisation des réunions du conseil d’administration et toute l’orchestration derrière cette responsabilité. « Depuis quelques années, Rita combattait un cancer et sa santé passait avant tout. Elle nous a malheureusement quittés récemment et j’ai réalisé l’ampleur du vide que ça allait apporter. Elle m’aidait beaucoup. »
En plus de la perte de trois membres clés avec qui elle travaillait, Rita Robin, Yolande Aubin et Micheline Bolduc, les foyers d’accueil pour héberger les animaux dans le besoin se font de plus en plus rares. En effet, depuis quelques années, les chats, surtout, devenaient difficiles à placer pour une tonne de raisons : les griffes sur les meubles, les chaleurs ou le marquage des animaux non opérés.
Adoption
Il y avait également tout le volet adoption, un processus par lequel les gens remplissaient une demande pour un animal et payaient des frais pour l’adopter avec promesse de le faire opérer grâce à un rabais de la part de l’organisme. Or, « lorsque la clinique vétérinaire de Hearst a fermé ses portes, ç’a été un autre coup dur pour nous, c’était plus compliqué d’amener des animaux à Kapuskasing pour les faire soigner et les frais ont beaucoup augmenté, donc c’était un peu irréaliste de demander de le faire », explique Mme Boucher-Basque.
Pendant plusieurs années, un problème de surpopulation de chiens était signalé sur les terres de la Première Nation de Constance Lake, au nord-ouest de Hearst. L’équipe de Mme Boucher-Basque était souvent appelée pour aller chercher des chiens, souvent des mâles, errant dans les rues. « Des membres m’appelaient en pleurant, parfois parce que les chiennes vivaient un calvaire quand le temps des chaleurs arrivait, il y avait trop de mâles qui se disputaient pour les avoir et les familles des femelles voyaient la violence que vivait leur animal. C’est alors que je me suis décidé à faire quelque chose. »
En collaboration avec le SPCA de St Catharines, Midland et Cornwall, plusieurs chiens ont pu trouver de nouveaux foyers, et ce rapidement, au grand bonheur de l’équipe de Hearst.
J’ai aussi travaillé avec Finding New Homes de Barrie, ils étaient également toujours prêts à venir ramasser des chiens et c’est avec eux aussi que j’ai organisé les cliniques de stérilisation à Constance Lake, il y a plus d’une décennie maintenant.
L’organisme amassait des fonds de son côté, un minimum de 15 000 $ destiné à la médication requise pour tenir les cliniques disposant d’une équipe de vétérinaires et techniciens qui venaient jusque dans le Nord pour aider. « Barrie est un grand centre, ils étaient connus et n’avaient pas de misère à amasser les sommes requises. Les donateurs étaient toujours contents de pouvoir aider le nord de la province, ils étaient très très généreux ! »
Pendant un peu plus de dix ans, Marie-Josée a vu la différence que ces deux cliniques de stérilisation ont eue sur la population de chiens de Constance Lake, mais plus récemment le problème a recommencé à faire surface. Maintenant, un employé de la bande s’occupe du dossier, ce qui a enlevé un énorme poids sur les épaules de l’équipe de Hearst Pet Finders Rescue. « Un autre problème c’est que je n’ai pas de refuge pour recevoir beaucoup d’animaux à la fois. Justement, récemment, les policiers de NAPS m’ont téléphoné pour savoir si je pouvais prendre 12 chiots. Il y avait eu des démarches de commencées pour un projet de refuge il y a quelques années, qui n’a pas abouti. »
Passionnée par les animaux depuis aussi loin qu’elle se souvienne, Marie-Josée a rencontré et aidé tellement d’animaux, des chats et des chiens bien sûr, mais également des lapins, oiseaux, ratons laveurs, écureuils, etc. Elle raconte que son aide était demandée par plein de gens différents, par exemple des organismes, des parcs provinciaux, les municipalités, les conseils de bande, des camionneurs. « Les membres avaient toujours de bonnes intentions, mais je crois qu’il pourrait y avoir plus d’éducation dans nos communautés sur les comportements normaux des animaux de la faune qui nous entourent. »
Des histoires d’horreur qui finissent bien il y en a, ce qui donne de l’espoir dans le travail que font ces bénévoles pour le bien-être des animaux. Il est certain que Mme Basque-Boucher a passé à travers des coups durs également, des animaux qu’elle n’a pas pu sauver ou qu’elle a dû faire euthanasier, malheureusement. « Les propriétaires aiment dire que leur animal est un rescue ; les gens aiment encore aider et c’est une bonne chose. Il restera toujours les personnes qui ont une idée de chien précis en tête. Je vais quand même garder ma page Facebook ouverte et choisir les gens qui vont publier dessus comme avant, parce que j’ai des valeurs et une mission. »
À long terme, c’est avec l’éducation du plus grand nombre en commençant par les plus jeunes sur l’importance de contrôler la reproduction d’animaux de compagnie, mais également sur comment ça se déroule dans la nature pour les cycles de la vie. Parfois, les animaux sauvages ont l’air en détresse parce qu’ils sont bébés et que la maman n’est pas présente sur le moment, mais il peut également s’agir d’un stade de son apprentissage.
Bien consciente qu’elle recevra encore des appels des gens de la communauté dans certaines situations, Marie-Josée Boucher-Basque espère qu’il y aura de la relève.
« Il y a des intéressés à prendre la relève, mais c’est presque impossible dans les procédures légales de juste transférer les activités d’un OSBL à quelqu’un d’autre. C’était plus simple de fermer et qu’ils repartent à zéro avec le processus. »
Mme Boucher-Basque encourage les gens à faire leurs dons de nourriture pour animaux, de cages ou d’accessoires à Cynthia Rhéaume de Chews and Snooze Boarding Kennel, qui accueille souvent des petites bêtes retrouvées. Elle est située au 21 chemin Cloutier Sud à Hearst, et vous pouvez la joindre au 705 362-2868.
