Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, Ricardo partage également son point de vue sur l’importance de cette célébration et le rôle des figures noires influentes dans son parcours.
Ricardo Assogba
Ricardo Assogba a débuté son parcours académique au Bénin, où il a obtenu son diplôme de fin d’études secondaires en biologie-géologie. Toutefois, son intérêt pour le domaine des affaires l’a poussé à poursuivre des études universitaires en sciences informatiques et logiciels. Cette orientation initiale n’a pourtant pas suffi à combler son ambition : il souhaitait s’investir pleinement dans le monde de la gestion et des finances.
C’est ainsi qu’il a pris la décision de poursuivre ses études au Canada. Après un premier passage au Québec, où il a vécu pendant sept mois, Ricardo a opté pour l’Université de Hearst, en Ontario. Loin des grands centres urbains, cette petite ville offre un environnement plus propice à la concentration et à l’épanouissement académique.
« J’aime tout ce qui touche au domaine des affaires, et j’avais des mentors qui m’encadraient pour mon avancement. Mais finalement, j’ai décidé de venir au Canada pour développer ma passion. »
L’un des aspects qui ont le plus marqué Ricardo à son arrivée à Hearst est le mode de fonctionnement des cours. Contrairement au système universitaire béninois, où les étudiants doivent jongler avec plusieurs matières à la fois, l’Université de Hearst adopte un modèle plus flexible, permettant aux étudiants de se concentrer sur un seul cours à la fois.
« Ce modèle me permet de me concentrer pleinement sur une matière, de faire tous mes examens avant de passer à une autre. C’est une approche nouvelle pour moi, mais je l’apprécie beaucoup. »
Ce changement méthodologique lui a permis de mieux organiser son emploi du temps et d’éviter la surcharge académique souvent présente dans le système éducatif de son pays d’origine.
Si l’intégration académique s’est bien passée, l’adaptation aux rigueurs de l’hiver canadien a été plus compliquée. Ayant déjà vécu un hiver au Québec, Ricardo pensait être préparé, mais le froid glacial du Nord de l’Ontario lui a réservé quelques surprises. « L’hiver à Hearst est bien plus rude qu’à Québec. Avec des températures atteignant les -30 degrés, je me suis souvent demandé ce que je faisais ici ! »
Être étudiant étranger au Canada implique de nombreux défis, notamment en matière de logement. Sans famille proche à Hearst, Ricardo a eu du mal à trouver un logement abordable à son arrivée. Il a dû passer deux mois à l’hôtel Travel Inn de Hearst, ce qui lui a couté une somme considérable. Heureusement, avec l’aide de Jessica Dionne, conseillère à la vie étudiante et au mentorat, il a pu trouver un appartement et mieux s’installer.
En février, le Canada célèbre le Mois de l’histoire des Noirs, une période dédiée à la reconnaissance des contributions des communautés noires au développement du pays. Pour Ricardo, cette initiative est d’une grande importance. « Consacrer un mois pour la célébration de l’histoire des Noirs est une très bonne chose, car cela montre une certaine reconnaissance envers notre communauté. Cela met en lumière notre héritage, notre leadeurship et notre impact dans divers domaines. »
Il estime que cet évènement permet non seulement de valoriser les accomplissements des Noirs à travers l’histoire, mais aussi d’inspirer les jeunes générations à poursuivre leurs ambitions avec fierté et détermination.
Parmi les figures noires qui ont influencé son parcours, Ricardo cite Romuald Wadagni, l’actuel ministre de l’Économie et des Finances du Bénin. « Ce ministre m’a marqué positivement par son parcours académique et professionnel. Il a étudié en France et aux États-Unis tout en travaillant dans ces deux pays avant de revenir en Afrique pour occuper un poste-clé. »
Selon Ricardo, Wadagni incarne la réussite dans le domaine des finances et constitue une source d’inspiration pour tous ceux qui aspirent à une carrière dans ce secteur. Malgré la distance qui le sépare de son pays natal, Ricardo reste profondément attaché aux valeurs traditionnelles africaines transmises par ses parents. « Le respect, le partage, l’entraide et la bienveillance sont des valeurs fondamentales que mes parents m’ont inculquées. Même si je suis loin d’eux, je reste fidèle à ces principes. »
