Le chef du Parti progressiste-conservateur, Doug Ford, la cheffe du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Marit Stiles, la cheffe du Parti libéral, Bonnie Crombie, et le chef du Parti vert, Mike Schreiner, étaient à Toronto pour ce débat.
Les adversaires du chef progressiste-conservateur Doug Ford ont attaqué le bilan de son gouvernement des sept dernières années lors de cette dernière confrontation entre les chefs d’ici les élections du 27 février.
À travers les flèches lancées de toutes parts, Doug Ford et la cheffe libérale Bonnie Crombie se sont particulièrement bombardés de critiques, lundi soir, concernant leurs bilans respectifs – Doug Ford comme premier ministre de l’Ontario, et Bonnie Crombie comme mairesse de Mississauga.
La cheffe libérale, de même que la cheffe néo-démocrate Marit Stiles, qui font campagne à la tête de leurs partis respectifs pour la première fois, ont saisi l’occasion pour se présenter et se définir auprès des Ontariens.
«Soyons clairs, la crise de santé de couloirs que nous vivons a été inventée par le gouvernement libéral précédent, et Doug Ford a vidé de l’essence par dessus», a lancé Marit Stiles, faisant d’une pierre, deux coups.
Bonnie Crombie n’a pas hésité à attaquer son adversaire néo-démocrate pour attirer les électeurs de la gauche qui pourraient choisir de voter de façon stratégique.
«Aujourd’hui, je vous demande, à ceux d’entre vous qui ont voté pour le NPD lors des dernières élections, de voter libéral», a-t-elle plaidé.
Doug Ford a quant à lui fait tout en son pouvoir pour justifier la tenue d’élections anticipées en province, soit son désir de «protéger l’Ontario» contre les menaces tarifaires du président américain Donald Trump.
Pour ce faire, le chef progressiste-conservateur a fait comprendre, lors de ce débat, qu’il prévoit dédier une grande partie des ressources de la province au développement de l’économie.
«Donald Trump va ruiner notre économie. Je suis le seul sur cette scène qui pourrait protéger l’économie, protéger la santé, protéger les emplois», a-t-il insisté.
Il a déclaré que s’il obtient un mandat encore plus large que son gouvernement majoritaire remporté en 2022, il travaillerait «plus dur que jamais».
Contrairement aux chefs des autres partis, Doug Ford a quitté les studios de CBC immédiatement après le débat, sans prendre part à la mêlée de presse prévue qui s’en est suivie.
Il a fait la même chose lors du débat du Nord vendredi dernier à North Bay.
«Il ne veut pas rendre de comptes aux médias ou à qui que ce soit d’autre», a déploré Marit Stiles, en s’adressant aux journalistes, à la suite du débat.
Le chef du Parti vert Mike Schreiner a profité du débat pour faire mousser les campagnes de ses deux candidats étoiles, soit Aislinn Clancy et Matt Richter, qu’il espère faire élire le 27 février.
Il a aussi noté que son parti est le seul à avoir publié un programme entièrement chiffré.
Mmes Crombie et Stiles ont promis que leurs plateformes respectives seront dévoilées bientôt.
Coût de la vie
Les chefs se sont d’ailleurs animés lorsqu’il a été question du coût de la vie en Ontario.
Doug Ford a martelé que son gouvernement est le seul de l’histoire de l’Ontario à ne pas avoir haussé les impôts.
«Tous ces trois, ils veulent imposer les gens jusqu’à la mort», a-t-il déploré.
Cette affirmation n’a pas plu au chef vert Mike Schreiner, qui a précisé en mêlée de presse, à la suite du débat, que c’était «faux».
«Le plan des verts de l’Ontario pour les acheteurs d’une première maison réduit les frais et les impôts pour les maisons construites dans les limites urbaines», s’est-il défendu.
Les libéraux ont aussi promis de réduire les impôts, s’ils sont élus.
«Hé, Doug, vous avez promis il y a sept ans que vous alliez réduire les impôts. Vous savez quoi? Vous ne l’avez pas fait, Doug», a lancé Bonnie Crombie.
Santé
Même lorsqu’il était question de soins de santé, Doug Ford a concentré la majorité de ses réponses sur l’économie ontarienne.
«Le fondement de notre système de santé repose sur une économie forte, et malheureusement, [mes trois adversaires] ont fait échouer notre économie», a-t-il dit.
Les chefs des autres partis ont saisi l’occasion pour critiquer le bilan du gouvernement Ford par rapport au système de santé, qu’ils voient comme son talon d’Achille.
«Les gens ont peur d’être malades parce qu’ils n’ont pas accès aux services. Doug Ford ne croit pas aux soins de santé», a lancé Bonnie Crombie.
Les chefs de chacun des partis a promis de lier chaque Ontarien à un médecin ou à un prestataire de soins primaires.
Doug Ford a rappelé que son gouvernement a embauché l’ex-ministre libérale Jane Philpott à la tête d’un nouveau groupe provincial en santé qui doit relier chaque Ontarien à des soins primaires d’ici les quatre prochaines années.
Seulement deux jours avant le début officiel de la campagne électorale en Ontario, le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford a annoncé un investissement de 1,4 milliard de dollars en santé.
Questionnée à savoir si elle était utilisée à des fins politiques par les progressistes-conservateurs, la Dre Philpott, qui était présente lors de cette annonce, avait répondu que c’était un «immense honneur» d’assumer ce rôle, et qu’il n’y a «rien de politique» dans sa position.
«Vous avez vu que nous travaillerons avec n’importe quelle allégeance politique, comme en embauchant la Dre Philpott», a rappelé le chef progressiste-conservateur lors du débat.
«Ouais, vous avez embauché une libérale pour faire le travail», a répondu du tac au tac la leader libérale.
Autres débats
Vendredi dernier, les chefs ont discuté des enjeux du Nord, comme la sécurité routière, les infrastructures et la crise de la toxicomanie, lors d’un débat organisé dans le Nord de la province.
Durant ce débat, Mmes Stiles et Crombie et M. Schreiner sont également passés à l’offensive contre les promesses non tenues de Doug Ford de construire 1,5 million de logements pour les Ontariens.
Par ailleurs, un débat réunissant les porte-parole francophones des principaux partis aura lieu mercredi, à Ottawa.
L’élection, qui a été déclenchée de manière anticipée, aura lieu le 27 février.
– Avec des informations de la Presse canadienne
