Madou Mbathie
Madou Mbathie, nouvellement diplômé en gestion à l’Université de Hearst, a quitté Dakar pour le Canada en décembre 2021, en plein cœur de l’hiver. Avant de commencer ses études en français dans son pays d’origine, M. Mbathie a débuté avec l’école coranique, ce qui est une tradition dans certaines familles au Sénégal.
Habitué à la chaleur du Sénégal, où les températures oscillent autour de 30 °C, il a fait sa première rencontre avec l’hiver canadien et ce fut un choc brutal. « Je me souviens encore de ma sortie de l’aéroport Montréal-Trudeau. Le froid mordant traversait mes vêtements, et j’avais l’impression d’être enveloppé dans un cocon de glace. » Les premières semaines furent éprouvantes pour Madou, qui devait rapidement s’habituer à ce climat extrême, une réalité bien différente de celle qu’il avait connue au Sénégal.
Après une courte période à l’Université du Québec en Outaouais, Madou a déménagé à Hearst, où le froid atteignait un niveau encore plus sévère. « À Hearst, les tempêtes de neige sont fréquentes, et la neige recouvre tout, des routes aux bâtiments. C’est un environnement impitoyable, mais on apprend à s’y adapter. »
Pour Madou, les tempêtes de neige fréquentes à Hearst et le froid extrême ont nécessité un ajustement mental et physique. « Ce n’est pas seulement une question de vêtements. Il faut aussi s’adapter psychologiquement. Apprendre à rester calme face à des conditions météorologiques imprévisibles est essentiel », explique-t-il.
L’adaptation, cependant, n’a pas été instantanée. Madou a dû investir dans des vêtements d’hiver adaptés : des manteaux épais, des bottes isolées et gants imperméables pour affronter les températures glaciales. Il a également appris à suivre les prévisions météorologiques et à planifier ses déplacements en fonction des conditions climatiques. « Maintenant, je me sens beaucoup plus préparé et confiant face aux hivers rigoureux, mais cela reste un défi », confie-t-il.
Bintou Beye
Binetou Beye, également étudiante en dernière année de gestion à l’Université de Hearst, a quitté le Sénégal en janvier 2021 pour le Canada. Elle a d’abord passé un an et demi à Montréal, où elle suivait ses cours en ligne. Mais même dans une grande ville comme Montréal, son premier hiver fut un véritable choc.
Pour Binetou, vivre dans le Nord de l’Ontario lui a permis de mieux comprendre ses propres limites et d’apprendre à les repousser.
« C’était la première fois que je voyais de la neige et que je ressentais un froid aussi intense et je n’étais pas préparée. » Les premières semaines furent difficiles, mais Binetou a rapidement compris l’importance de s’habiller correctement pour affronter l’hiver canadien. « Les manteaux, les bottes, les gants, tout cela était nouveau pour moi. Mais c’était essentiel pour survivre. »
À Montréal, la vie était facilitée par un réseau de transport en commun bien développé, ce qui permettait à Bintou de se déplacer sans passer trop de temps à l’extérieur. Par contre, tout a changé lorsqu’elle s’est installée à Hearst à l’automne 2023. « À Hearst, il n’y a pas de métro ni de grandes infrastructures. Je dois souvent marcher pour aller à l’université ou au travail, même en plein hiver. C’est très éprouvant. »
Pour Binetou, vivre dans le Nord de l’Ontario lui a permis de mieux comprendre ses propres limites et d’apprendre à les repousser. « Ces hivers m’ont enseigné à être plus forte, tant sur le plan physique que mental », dit-elle.
Malgré tout, cette expérience lui a permis de développer une résilience unique.
Le froid et les tempêtes de neige restent des défis majeurs, mais j’ai appris à m’adapter, à anticiper les besoins et à toujours me préparer à l’avance.
L’histoire de Madou Mbathie et de Binetou Beye illustre la complexité de l’expérience étudiante internationale, notamment dans des régions où le climat peut représenter un obstacle de taille. Autrement dit, leur capacité à s’adapter, à apprendre et à surmonter les défis posés par les hivers du Nord de l’Ontario est une leçon de résilience et de détermination.
