Très peu de parents peuvent se permettre d’acheter de beaux fusils avec des pétards ou des chapeaux de cowboys du catalogue Eaton. La plupart des jeunes se font alors des révolvers et des carabines en bois. Les Lone Ranger, Roy Rogers, Gene Autry et John Wayne sont très populaires auprès des jeunes. Le grand héros de Serge est Wyatt Earp joué au cinéma par Hugh O’Brian. Serge a de la difficulté avec les noms anglais. Lorsqu’il joue au cowboy, il est Yatt Earp joué par Huff O’Brian. Le scénario suivant est un exemple de ce qui se passait dans plusieurs coins du village, surtout après un film de cowboy le samedi après-midi.
Serge, Carol, Gérald, Paul, Marcel et André se donnent rendez-vous pour jouer aux cowboys dans l’une des cours du village.
Serge : Okay, les gars on est tous icitte. Wow, Gerry, t’as une belle carabine.
Gérald : Oui, c’est mon père qui me l’a faite.
Carol : R’garde mon gun. Je l’ai sculpté avec un couteau. Yé pareil comme un vrai.
André : Okay. On joue dans cette cour-là (il démarque la périphérie du terrain de jeu) et pis on n’a pas le droit de se cacher en dehors du territoire.
Paul : Et pis, quand on shoot, y faut dire « BANG » bin fort pour que celui qui est tué le comprenne.
Marcel : Bon, on fait deux équipes. Okay, Serge, Carol et pis Gérald, vous êtes ensemble. Moé, Paul et pis André on est ensemble.
Serge : Okay, c’est qui qui va être les braves des Premières Nations ? (Personne ne répond.) Personne ? Okay d’abord, c’est qui qui va être les mauvais cowboys ? (Personne ne répond.) Personne ? Bon ben, okay. On va être deux gangs de bons cowboys d’abord qui s’aiment pas. Moé chu Yatt Earp.
André : Moé chu The Lone Ranger.
Marcel : Moé chu Gene Autry.
Carol : Moé chu Roy Rogers.
Paul : Moé chu John Wayne.
Gérald : Moé chu heu heu heu, bin c’est qui qui reste ?
Serge : T’es Rock Hudson toé.
Gérald : Okay.
Marcel : Ha ! Rock Hudson, yé même pas bon. Y va s’faire tuer tout d’suite.
Carol : Okay, oubliez pas quand t’es tué, tu ne joues pu jusqu’à tant qu’une des équipes gagne.
André : Vous autres vous allez de ce côté-là et pis nous autres on est de ce côté icitte. On a le droit de faire le tour des maisons, de se cacher dans les garages et pis la cabane à bois.
Paul : Okay, allons-y. On commence quand je crie « Go ».
Les deux équipes se séparent. Chaque équipe se rencontre et discute stratégie.
Serge : Okay. Carol fait le tour de la maison et pis tu vas arriver par en arrière d’eux autres. Moé, j’vas faire mon chemin jusqu’à la cabane à bois et pis j’vas me cacher et pis j’vas les attendre. Gerry, toé tu vas te glisser dans le foin de ce côté-là. Y te verront pas venir. Okay « Go ! »
Carol se faufile tranquillement autour de la maison. Arrivé au coin, il avance lentement la tête pour regarder ce qu’il y a de l’autre côté. Ce faisant, il se trouve à regarder en plein dans le canon de la carabine de Marcel.
Marcel. BANG, t’es mort.
Carol : Y maudit !
Marcel a crié tellement fort que Serge l’a entendu. Il se rend à l’autre coin de la maison et attend que Marcel arrive. Lorsque Marcel arrive près du coin où se trouve Serge, celui-ci saute devant en chuchotant.
Serge : Bang, t’es mort. Chut !
Marcel : Shit.
Serge continue à faire le tour de la maison et rencontre Carol.
Serge : Aye Carol, viens-t’en. On va les surprendre par en arrière.
Carol : Ch’peux pas. Chu mort.
Serge : C’est qui qui t’a tué ?
Carol : Marcel.
Serge : Bin, je l’ai tué lui. Okay à tout talheure.
Pendant ce temps, Gérald se faufile dans l’herbe haute. Il aperçoit Paul qui court vers la cabane à bois. Gérald se lève.
Gérald : BANG, t’es mort.
Paul : Non sir, tu m’as manqué.
Gérald : Non, j’t’ai vu et pis j’t’ai tiré en plein dans un œil.
Paul : Non, tu m’as manqué, je courais trop vite. T’as poigné le coin de la cabane.
Pendant ce temps, André voit que Gérald est debout dans l’herbe haute.
André : BANG t’es mort, Gerry.
Gérald : Que c’est que tu fais là, toé ? J’suis en train de parler à Paul.
André : Hé bin, t’as le temps en masse de lui parler asteur parce que t’es mort.
Gérald : Maudite merde. C’est pas fair ça.
Pendant ce temps, Serge a fait le tour et arrive en arrière d’André.
Serge : BANG. T’es mort André.
André se retourne : Que c’est que tu fais là toé, tabarnouche ?
Paul s’est caché dans la cabane et attend. Malgré qu’il est mort, Gérald fait signe des yeux à Serge que Paul est dans la cabane.
André le voit faire signe : Aye. T’as pas le droit de faire ça toé. Eh bin, si toé t’as fais ça, bin moé itou j’ai le droit. Aye Paul, fais attention. Serge s’en vient.
Serge court à la cabane à bois et s’installe juste à côté de la porte.
Serge : Aye, Paul. Je sais que tu es là-dedans. Moé j’ai pas l’intention de rentrer pour me faire tuer. Je vais plutôt attendre icitte. Tu vas être obligé de sortir un de ces jours.
Paul : Comment ça, maudit peureux. T’es supposé d’attaquer comme un bon cowboy. C’est pas fair que tu restes là comme ça.
Serge : Ouin, c’est bin de valeur pour toé.
Après une demi-heure, Paul se tanne d’attendre et il sort de la cabane.
Paul : Aye, moé je ne joue plus.
Serge : BANG t’es mort. YAHOO! On a gagné.
Paul : Tu vas voir, la prochaine fois, tu me poigneras pas comme ça.
Serge, Carol et Gérald célèbrent leur victoire.
André : Quelle heure qui est comme c’est là ?
Gérald : Y doit être à peu près cinq heures et demie.
Carol : Hé bin. On est mieux de s’en r’tourner chez nous parce qu’on va être en retard pour souper. Salut les gars.
Les six amis se saluent et chacun rentre chez lui pour le souper.
