À 23 ans, il a déjà traversé plusieurs expériences et surmonté des défis personnels et professionnels, tout en intégrant une communauté locale dans le Nord-Est de l’Ontario. Son histoire témoigne de la richesse des parcours étudiants internationaux et de leur contribution à la diversité canadienne.
Son histoire témoigne de la richesse des parcours étudiants internationaux et de leur contribution à la diversité canadienne.
Tafsir Alassane Ndiaye
Tafsir Alassane Ndiaye n’est pas arrivé au Canada par hasard. Après avoir obtenu son diplôme de fin d’études secondaires en sciences expérimentales à Dakar en 2019, il a commencé son parcours universitaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au sein de la faculté de médecine et du département de pharmacie. Cependant, la pandémie de COVID-19 frappe le monde entier, bouleversant les plans de nombreux étudiants. « C’était difficile de garder le cap avec les études à cause de tous les bouleversements occasionnés », se souvient Tafsir. En raison de la situation chaotique et des grandes salles de cours bondées à Dakar, il a décidé de chercher un nouveau départ à l’étranger. En février 2021, il s’envole pour le Canada, un pays qui l’attire par son système éducatif et ses nombreuses opportunités. C’est ainsi qu’il s’inscrit à l’Université de Hearst, une petite institution postsecondaire située dans une ville du Nord-Est de l’Ontario, bien loin des grandes métropoles canadiennes.
En tant qu’étudiant nouvellement diplômé, Tafsir a une perspective unique sur le fonctionnement des cours à l’Université de Hearst, notamment le modèle en bloc. Ce modèle consiste à suivre un seul cours à la fois sur une période intensive, une approche qui a séduit M. Ndiaye.
« Le modèle des cours en bloc a été très bénéfique pour moi. Cela m’a permis de me concentrer pleinement sur une matière, de lui donner mon maximum avant de passer à autre chose. Avec une bonne organisation, j’ai pu équilibrer mes études, mon travail et ma vie sociale », explique-t-il.
Tafsir d’acquérir une expérience professionnelle locale, notamment dans le secteur de la pharmacie. Dès son arrivée, il décroche un emploi chez McDonald’s en mars 2021, où il devient manager en seulement cinq mois. Parallèlement, il travaille à la pharmacie Novena, d’abord comme caissier au dispensaire, puis dans le cadre de son stage coopératif de fin d’études de baccalauréat en gestion. Tafsir Alassane Ndiaye occupe présentement un poste d’aide-pharmacien à l’Hôpital Notre-Dame de Hearst, ce qui lui permet de mettre en pratique les compétences acquises au cours de ses études.
L’un des plus grands défis pour Tafsir, en tant que nouvel arrivant dans le Nord de l’Ontario, a été l’hiver canadien. Ayant grandi sous un climat un peu tempéré à Dakar, la neige et le froid intense ont nécessité une période d’adaptation. Pourtant, au fil du temps, Tafsir a appris à apprécier cette nouvelle réalité climatique.
« L’hiver dans le Nord de l’Ontario a été une expérience marquante, c’est le moins qu’on puisse dire. Au début, c’était un choc, mais j’ai fini par apprécier la beauté unique de cette saison. Les paysages enneigés sont vraiment spectaculaires », raconte-t-il avec enthousiasme.
Cette fascination pour l’hiver canadien s’est aussi traduite par une passion pour les activités hivernales. Tafsir a découvert la motoneige, le ski de fond et la raquette, des sports très populaires à Hearst, qui l’ont aidé à s’intégrer dans la communauté locale.
Fort de son parcours universitaire et professionnel, Tafsir envisage sérieusement de s’installer de façon permanente au Canada. Pour lui, obtenir la résidence permanente serait une étape logique dans la construction de sa carrière. Le Canada représente un environnement stimulant, à la fois sur le plan personnel et professionnel. « Mon expérience ici a été très positive. J’apprécie la diversité culturelle et les opportunités professionnelles, notamment dans le secteur de la pharmacie. J’aimerais vraiment contribuer davantage à cette communauté », explique-t-il, conscient des défis que représente l’obtention de la résidence permanente.
Bien que Tafsir se sente bien intégré au Canada, il confesse que l’éloignement de sa famille, restée au Sénégal, est un aspect difficile de sa vie. « Ma famille me manque beaucoup », admet-il.
Ce qui fascine le plus Tafsir au Canada, c’est la manière dont les politiques publiques et les règlementations sont structurées et appliquées. « Je trouve que le système est remarquablement bien pensé et contribue à la stabilité du pays », dit-il. Cette admiration pour la gouvernance canadienne renforce sa volonté de s’établir ici à long terme.
Malgré sa bonne intégration, l’adaptation à la vie canadienne n’a pas été sans difficulté. Pour Tafsir, le plus grand défi a été le changement alimentaire. Étant loin des grandes villes, il lui est difficile de trouver certains produits familiers de son pays d’origine. Cependant, il a su s’adapter en découvrant des plats typiquement canadiens, comme la poutine et le pâté chinois, tout en tentant de préserver certaines de ses habitudes alimentaires sénégalaises.
Bref, Tafsir Alassane Ndiaye incarne la détermination et la capacité d’adaptation des étudiants internationaux qui choisissent le Canada comme destination pour leurs études et leur carrière. Son parcours, de Dakar à Hearst, témoigne de la richesse des échanges culturels et professionnels entre le Sénégal et le Canada.
