«Originalement, j’avais su qu’il n’y avait pas beaucoup de candidats», dit-il en riant. «Je me suis dit que ça serait un peu ma façon de m’impliquer dans ma communauté.»
Ayant passé presque toute sa vie à Mattice-Val Côté, ce candidat souhaite notamment travailler à attirer de nouvelles familles et à retenir celles qui y sont déjà établies. Pour lui, le point fort de Mattice est son aspect «petit village tranquille». Il souligne que, malgré sa petite taille, le village a longtemps réussi à conserver plusieurs services de proximité.
«On a toujours eu accès à des services bancaires, une école, une station-service, et avant à une épicerie et une quincaillerie. C’est tranquille. Ça a toujours été… notre petit chez nous aussi, comme on dit.»
Pour Martin Plamondon, l’un des principaux défis des prochaines années sera toutefois d’attirer de nouveaux résidents, mais surtout de leur donner des raisons de rester.
«Ça prend du nouveau monde pour garder la communauté en vie», affirme-t-il.
Selon lui, la proximité de Hearst représente à la fois un avantage et un défi. Plusieurs résidents de Mattice-Val Côté doivent s’y rendre pour travailler, étudier ou pratiquer certaines activités sportives. Ce 62 km aller-retour chaque fois peut éventuellement pousser certaines familles à déménager vers Hearst afin de réduire leurs déplacements.
Le logement pourrait donc faire partie des éléments à considérer pour favoriser la croissance de la municipalité. Martin Plamondon se dit ouvert à ce que le prochain conseil examine les possibilités de développement et les moyens dont dispose la Municipalité pour faciliter l’établissement de nouvelles familles. Il rappelle que peu de nouveaux développements résidentiels ont vu le jour à Mattice-Val Côté au cours des dernières années.
L’aréna et les finances municipales
La situation de l’aréna demeure également un enjeu important pour la Municipalité. Martin Plamondon reconnaît avoir un attachement personnel à l’endroit, car comme bien des gens qui ont vécu à Mattice, il y a passé beaucoup de temps durant sa jeunesse. Il aimerait voir l’aréna être utilisé de nouveau, mais croit que la Municipalité doit d’abord regarder si elle en a les moyens.
Il n’est pas contre l’idée d’une patinoire extérieure, mais ne voudrait pas que la Municipalité se mette dans une mauvaise situation financière pour ramener la glace dans l’aréna.
«On aimerait tous la voir comme elle était dans le temps», dit-il. Il rappelle toutefois que plusieurs petites communautés vivent les mêmes difficultés et n’ont tout simplement plus les moyens de tout maintenir.
Pour les autres infrastructures, comme les routes, les égouts, les bâtiments municipaux et les loisirs, Martin Plamondon croit que le prochain conseil devra regarder les différents besoins et décider lesquels sont les plus urgents. Il aimerait aussi regarder les dépenses de la Municipalité pour voir s’il serait possible de changer certaines priorités afin de maintenir de bons services sans trop augmenter les taxes.
Installation de nouvelle entreprise, un autre défi de taille
Martin Plamondon admet aussi qu’il peut être difficile d’attirer de nouvelles entreprises à Mattice-Val Côté, surtout avec Hearst à proximité.
Il donne l’exemple d’une entreprise comme une shop de soudure. Pour réussir à Mattice-Val Côté, elle devrait offrir des prix assez compétitifs pour attirer des clients de Hearst, tout en tenant compte des coûts supplémentaires liés au transport. Selon lui, cette réalité rend le développement de nouvelles entreprises plus difficile dans les petits villages.
Du côté du tourisme, M. Plamondon croit toutefois que Mattice-Val Côté a quelque chose d’important à mettre de l’avant : la rivière Missinaibi. Il la décrit comme un «trésor national» et croit qu’elle pourrait être davantage mise en valeur pour attirer des visiteurs dans la région. Il aimerait aussi s’assurer que les gens qui viennent découvrir la rivière vivent une bonne expérience.
Garder le côté francophone du village
Avec l’arrivée de nouveaux résidents, dont certains sont anglophones, Martin Plamondon estime qu’il est possible de continuer à protéger le côté francophone de Mattice-Val Côté tout en accueillant les nouveaux arrivants. «Je pense qu’on est quand même assez bon même si on est fort sur notre culture francophone. Les gens qui partent du Sud ou de l’Ouest pour venir s’installer à Mattice doivent être accommodés au début s’ils ne parlent pas le français», dit-il. «Je pense qu’ils comprennent aussi qu’ils déménagent quelque part où tout se passe en français, ça toujours été, et je pense qu’ils l’acceptent bien.
Sa conjointe est elle-même anglophone et vient du sud de l’Ontario. Elle a encore de la difficulté à parler français, mais le comprend de mieux en mieux. Pour lui, son expérience montre que les deux communautés peuvent bien vivre ensemble. Il trouve aussi important que les informations de la Municipalité continuent d’être disponibles en français et en anglais.
Selon lui, les nouveaux résidents doivent être bien accueillis, mais aussi savoir qu’ils viennent s’installer dans une communauté qui est francophone depuis longtemps. De leur côté, les résidents francophones doivent aussi comprendre que certaines des nouvelles personnes qui choisissent Mattice-Val Côté ne parleront peut-être pas français.
S’il pouvait réaliser une chose pendant son mandat, Martin Plamondon voudrait surtout attirer de nouvelles familles et donner envie à celles qui sont déjà là de rester.
Il aimerait voir des jeunes partir pour leurs études, puis revenir à Mattice-Val Côté pour s’y installer et y élever leurs enfants. Pour lui, attirer de nouvelles familles est important pour l’avenir de la municipalité, mais il veut aussi conserver ce qui fait le charme de Mattice-Val Côté.
“Il faut garder notre aspect de petit village”, résume-t-il.
