le Jeudi 4 juin 2026
le Jeudi 4 juin 2026 16:57 Chez nous

Des jeunes travailleurs découvrent la réalité du reboisement dans le Nord

Mathieu Depelteau, Edmond Durocher et Yaseen Malik, qui vient de Toronto, sont proches de la buanderie pour faire le lavage. — Photo : Ndery Dione
Mathieu Depelteau, Edmond Durocher et Yaseen Malik, qui vient de Toronto, sont proches de la buanderie pour faire le lavage.
Photo : Ndery Dione

Comme c’est le cas chaque année pendant l’été, des planteurs sont déjà dans le Nord de l’Ontario, notamment à Hearst, afin de reboiser massivement des terrains pour remplacer les arbres coupés ou dégradés par un phénomène naturel, un feu de forêt ou autre.

Des jeunes travailleurs découvrent la réalité du reboisement dans le Nord
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Mathieu Depelteau, Edmond Durocher et Yaseen Malik, tous les trois font partie du groupe de plus de 70 personnes qui sont présentement dans les environs de Hearst. Les deux qui viennent du Québec nous ont raconté quelques aspects de leurs expériences de vie dans des campings en pleine forêt, ce qu’ils ont constaté dans le Nord ainsi que ce qui les a poussés à vouloir faire ce travail.

Concrètement, leur tâche consiste à assurer la pérennité de l’industrie forestière et à restaurer le couvert forestier après les coupes commerciales ou les catastrophes naturelles, comme les feux de forêt.

Pour Mathieu Depelteau, originaire d’une ville proche de Montréal, c’est la deuxième fois qu’il participe à des opérations de reboisement, un travail qu’il adore même si ce n’est pas du tout facile.

«C’est une belle expérience pour moi au-delà de l’argent qu’on gagne», affirme-t-il, expliquant que pour quelqu’un de son âge, parcourir 15 heures de route afin d’occuper un emploi d’été, sortir de sa zone de confort et vivre pendant quatre mois avec un groupe composé de personnes de différents horizons constitue une expérience très enrichissante et émouvante.

«J’ai entendu parler de ça parce que mon père avait planté quand il avait mon âge et ça m’a donné le goût de venir planter. Je trouve que c’est difficile mentalement parfois, mais ça vaut la peine. On est toujours dehors, on se fait des amis, on socialise et les gens sont cool. C’est vraiment le fun

Les planteurs d’arbres séjournent dans des camps situés à environ une heure de Hearst où ils sont logés dans des campings. Mathieu Depelteau a souligné la présence de beaucoup de moustiques, ce qui les a amenés à se munir de tout le matériel nécessaire pour bien se protéger avant de se rendre au travail.

«Il y a des cuisiniers qui préparent de la nourriture pour nous et la bouffe est très bonne. On se lève le matin, on déjeune, les autobus partent à 7 h et ça prend à peu près une heure pour se rendre sur les sites qu’on plante. Et puis, on plante toute la journée, l’autobus revient à 17 h pour nous chercher, on arrive, on mange et on va se coucher. On travaille trois jours puis une journée de congé (…).»

En ce qui concerne le recrutement, Mathieu mentionne que tout se fait en ligne sous forme de demande et que les responsables communiquent ensuite avec les candidats en cas de besoin. Durant leurs journées de congé, les planteurs se rendent habituellement en ville pour faire le lavage de leurs vêtements, effectuer quelques achats à l’épicerie, jouer du tennis ou récupérer parfois des colis au bureau de poste.

Parmi les aspects plus difficiles du travail de planteur d’arbres, M. Depelteau évoque la possibilité de croiser des ours en forêt, les risques de déshydratation causés par la chaleur ainsi que de nombreux imprévus qui peuvent survenir sur le terrain de travail.

Edmond Durocher, lui aussi originaire de Montréal, en est à sa première année dans le domaine de la plantation d’arbres. Il a toutefois précisé que, comme la majeure des travailleurs, il a postulé pour cet emploi en raison du potentiel de revenus qu’il offre.

«Les gens disaient que ça allait être terrible et extrêmement difficile. Je suis d’accord que c’est difficile, mais c’est le fun et c’est juste plus difficile mentalement. Si tu es capable de vivre dans des campings de base sans wifi, c’est correct parce qu’on n’a pas besoin de cuisiner. Et puis la bouffe est incroyable à part les off days où on prépare notre nourriture nous-mêmes, mais sinon, être dans un camp c’est vraiment comme être dans ta tente en camping (…).»

Le caractère bilingue de la ville de Hearst a beaucoup marqué Edmond Durocher, car il croyait qu’en Ontario, tout le monde parle anglais. Au sein de leur groupe, seulement quatre ou cinq personnes parlent français, et elles proviennent toutes du Québec.

«En termes d’argent, pour la première année, je peux comprendre que certaines personnes disent que ça va être moins fructueux. Et tu fais moins d’argent, c’est vrai (…), mais la deuxième et la troisième année si tu travailles fort, tu pourras faire beaucoup d’argent. La première année c’est un investissement pour la deuxième et troisième année où là, tu pourras faire beaucoup plus d’argent que presque n’importe quel autre travail.»

Pour Edmond, venir travailler dans le Nord de l’Ontario comporte plusieurs défis sur le terrain, notamment l’intensité de soleil, les moustiques et bien d’autres facteurs, mais ce qui lui pèse le plus reste le fait de laisser derrière lui sa famille, ses proches et certaines de ses habitudes, c’est qu’il juge le plus difficile.

Cependant, étant passionné du tennis, le fait de découvrir qu’il existe des terrains de tennis, a beaucoup marqué Edmond Durocher, car cela leur a permis, à lui et ses amis comme Mathieu, de se rendre à Hearst pendant leur temps libre pour pratiquer quelques minutes de sport.