«Nous concrétisons notre plan pour bâtir une économie plus compétitive, résiliente et autonome pour l’Ontario et le Canada, tout en créant des emplois pour les travailleurs (…)», a déclaré le premier ministre Doug Ford, soulignant la volonté de réduire la dépendance énergétique envers les États-Unis.
Cette étude de faisabilité qui doit être complétée d’ici la fin de l’année prochaine évaluera les tracés possibles, les couts et les retombées économiques du projet. Elle inclura également des options de développement complémentaire en Ontario, comme la construction de routes toutes saisons vers le Cercle de feu, l’exportation de minéraux critiques, le renforcement du réseau électrique et la création d’une réserve stratégique de pétrole.
Les premiers ministres de l’Alberta et de la Saskatchewan, Danielle Smith et Scott Moe, ont salué l’initiative ontarienne, y voyant un exemple concret de coopération interprovinciale.
«Nous prenons des mesures audacieuses pour stimuler notre économie (…). L’Alberta, l’Ontario et la Saskatchewan démontrent ce qu’il est possible d’accomplir lorsque les provinces prennent les devants et s’unissent pour faire avancer une vision commune de développement responsable, de liberté économique et de bon sens», affirme Mme Smith.
«Un couloir énergétique est-ouest est important pour notre province et pour l’ensemble du Canada (…). La Saskatchewan est fière de son secteur pétrolier et gazier et entend en accroitre la production avec détermination», a ajouté M. Moe.
En outre, le gouvernement de l’Ontario s’est également engagé à consulter les communautés autochtones tout au long du processus et à favoriser leur participation économique au projet.
Todd McCarthy, ministre par intérim de l’Infrastructure
Pour Todd McCarthy, ministre par intérim de l’Infrastructure, le couloir énergétique est-ouest représente une occasion historique.
«Ce projet transformateur relierait les provinces, ouvrirait de nouveaux marchés d’exportation et garantirait que les foyers et les entreprises de l’Ontario soient alimentés par une énergie canadienne sécuritaire, renforçant ainsi notre économie pour les générations à venir.»
Cependant, l’organisme Environmental Defence a vivement critiqué le gouvernement de l’Ontario pour son intention d’étudier la faisabilité d’un pipeline et corridor énergétique est-ouest. Dans un communiqué publié jeudi dernier, l’organisation qualifie cette idée de «dangereuse, couteuse et déconnectée de la réalité».
Keith Brooks, directeur des programmes à Environmental Defence Canada, juge le projet absurde tant sur le plan économique qu’environnemental.
Il souligne que la baie James, où le pipeline serait censé aboutir, est trop peu profonde pour accueillir un port en eau profonde, et qu’il serait irréaliste d’envisager des pétroliers circulant dans les Grands Lacs ou la voie maritime du Saint-Laurent.
Selon lui, cette initiative ignore la transformation en cours de l’économie mondiale, désormais tournée vers les énergies renouvelables, l’électrification et la décarbonation des industries.
«Un nouveau pipeline ne rendra pas l’Ontario plus résilient. Il nous rendra plus vulnérables aux risques climatiques et économiques, tout en enfermant la province dans des décennies de pollution», déclare M. Brooks.
L’organisme met également en garde contre les risques écologiques et sociaux d’un tel projet, notamment pour les écosystèmes fragiles, l’eau potable et les territoires autochtones déjà sous pression.
Toutefois, l’Ontario, l’Alberta et la Saskatchewan unissent leurs forces pour renforcer la sécurité énergétique et économique du pays. Les trois provinces ont signé un protocole d’entente afin d’explorer de nouvelles avenues de collaboration autour du développement d’infrastructures énergétiques et commerciales, en mettant l’accent sur les minéraux critiques et les ressources naturelles.
Pour concrétiser cette vision, un contrat permettant la réalisation de l’étude de faisabilité a été attribué à une équipe consultative composée de GHD Limited, Ernst & Young LLP (EY Canada), Mokwateh, AtkinsRéalis Group Inc., Wood PLC et Turner & Townsend Limited. D’autre part, Infrastructure Ontario agira à titre de conseiller commercial.
