D’après M. Bussières, la première réaction quand quelqu’un reçoit une nouvelle comme celle-là, c’est toujours la surprise. Ensuite, dans son cas, est venu un réflexe d’humilité en se demandant pourquoi il méritait vraiment ce prix-là, tout en sachant que c’est très spécial puisque sa conjointe, Michelle LeBlanc, l’a également mérité il y a quelques années.
« J’ai reçu un courriel venant de Toronto pour m’indiquer que j’allais faire partie des sept récipiendaires du prix de l’Association des parlementaires de la Francophonie. Cette association-là regroupe des parlementaires, des ministres de 90 parlements dans le monde. Quatre-vingt-dix-neuf pays font partie de l’Association des parlementaires francophones. Et puis, au Canada, il y a une section pour le Québec, pour l’Ontario et pour le Canada dans son ensemble. »
Selon l’ancien recteur, le seul critère qu’il connaît pour les récipiendaires de ce prix, c’est que l’Assemblée privilégie la contribution au développement et à l’épanouissement de la langue française. Or, M. Bussières a commencé à travailler à l’Université de Hearst en 1990 et il a arrêté en 2024 : donc presque trente-cinq ans au sein de cet établissement.
« J’ai été professeur pour une longue période de ces trentaines d’années là, mais j’ai été aussi vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de 2001 à 2005. Et puis j’ai été recteur de 2017 à 2024. »
Pendant ses sept dernières années en tant que recteur, Luc Bussières a eu à travailler avec de nombreux partenaires, notamment les institutions postsecondaires, que ce soient des collèges ou des universités dans le Nord de l’Ontario ou ailleurs au Canada, puisque l’Université de Hearst était membre de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne, avec vingt-et-un partenaires partout au pays.
Il lui a fallu aussi participer à de nombreuses réunions avec le ministère des Collèges et Universités et le ministère des Affaires francophones, qui étaient les deux principaux partenaires au niveau politique.
« Donc, c’est sûr que j’ai eu à voyager et à travailler avec tous ces partenaires-là. C’est comme ça que ma contribution est un peu plus visible et reconnue. Mais évidemment, ce qui est malheureux dans un prix, c’est qu’une personne le reçoit alors que c’est souvent toute une équipe derrière. C’est mon cas avec l’Université de Hearst. Et puis, c’est pour cela, dans le message que j’avais mis sur Facebook la semaine dernière, que je remerciais à la fois les collègues avec qui je travaillais qui ont rendu cela possible et aussi la population étudiante que j’ai eu le privilège de côtoyer. Et j’espère de bien servir dans le point de vue individuel et collectif ».
Ainsi, M. Bussières a mentionné que ce prix, il le reçoit avec beaucoup de gratitude en l’associant à l’Université de Hearst, et non à sa simple petite personne, tout en se rappelant quelques réformes au sein de cet établissement auxquelles il a eu à participer, comme les cours en bloc.
Les cours en bloc, ça a été une réforme très importante, soutient l’ancien recteur, qui a précisé qu’il était très impliqué dans cette initiative, y jouant un grand rôle.
« J’ai adoré enseigner en bloc. Et puis, une fois que j’ai eu à enseigner en bloc, j’ai dit à mes collègues que je ne voudrais plus enseigner en mode semestriel. (…). Ça nous distingue aussi des autres universités. On est les seuls à faire ça. Donc c’est une distinction qui est importante dans un secteur où la concurrence est forte. L’identité de l’Université de Hearst est beaucoup marquée par cette particularité. »
Du côté pédagogique, M. Bussières mentionne qu’il a d’abord et avant tout joué un rôle dans l’administration, et que cela s’est fait plutôt accidentellement, puisque ce n’était pas une ambition qu’il avait au départ : il voulait faire sa carrière en tant que professeur. Selon lui, se concentrer sur une seule matière pendant trois semaines, c’était la meilleure façon d’apprendre. C’était une ambition au début, mais maintenant, cela s’est concrétisé.
« En 2014, on commençait avec les cours en bloc et on recevait les premiers étudiants venant de l’international qui étaient quatre à ce moment-là. Mais dans les années qui ont suivi, c’est passé de quatre, à douze, à trente-cinq et aujourd’hui il y a beaucoup d’étudiants qui viennent d’un peu partout dans le monde. Et pour moi, c’est une grande fierté. C’est bon pour notre université et c’est bon pour notre région. »
Pour finir, Luc Bussières a précisé qu’il recevra officiellement sa médaille de l’Ordre de la Pléiade le 25 novembre prochain à Toronto. Cette distinction est décernée aux francophones s’étant impliqués dans l’épanouissement de la langue française.
