le Mercredi 7 octobre 2026
le Mercredi 7 octobre 2026 15:20 | mis à jour le 7 octobre 2026 15:51 Régional

Un projet de recherche local sur l’autorégulation débute à Hearst

Légende : Lyne Chrétien et Manon Laliberté, intervenantes à l’Intégration communautaire, Stéphane Beaulne, ainsi que l’étudiant en psychologie, Maurice Ahouangan  — Photo : Ndery Dione
Légende : Lyne Chrétien et Manon Laliberté, intervenantes à l’Intégration communautaire, Stéphane Beaulne, ainsi que l’étudiant en psychologie, Maurice Ahouangan
Photo : Ndery Dione

Le professeur Stéphane Beaulne, de l’Université de Hearst, mène en collaboration avec Intégration communautaire de Hearst un projet de recherche-action visant à améliorer les pratiques d’accompagnement des adultes ayant un trouble du neurodéveloppement.

Un projet de recherche local sur l’autorégulation débute à Hearst
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Intitulé Développement et implantation d’un modèle d’observation et d’intervention en autorégulation pour les adultes ayant un trouble du neurodéveloppement dans un contexte de services communautaires, ce projet a pour but de mieux comprendre les besoins et les réalités vécues par les personnes qui bénéficient de différents services offerts par l’Intégration communautaire.

Lors d’une rencontre entre Stéphane Beaulne, Chantal G. Dillon, directrice générale d’Intégration communautaire, et Karéanne Lanoix, superviseure des services à l’Intégration communautaire, que le professeur Beaulne connaissait grâce à ses interventions en autorégulation dans les écoles, il a été question de la possibilité de mettre en œuvre ce projet de recherche.

C’est après quelque temps que Stéphane Beaulne a jugé nécessaire de déposer une demande pour concrétiser ce projet.

«J’ai fait une demande de financement auprès de l’Université pour être capable, justement, de créer cette collaboration, mais aussi créer une ouverture dans la communauté. L’Université nous permet d’avoir de beaux projets communautaires. Donc, là, j’ai fait la demande et ça prend quand même un certain temps, et puis la demande est acceptée (…). C’est comme ça que le projet a pris naissance.»  

Selon le professeur Beaulne, ce projet de type recherche-action portera notamment sur l’autorégulation, l’autonomie, l’autodétermination et la participation communautaire chez les adultes ayant une déficience intellectuelle et qui bénéficient des services de cet organisme, l’Intégration communautaire.

«Les résidents et résidentes vont avoir autant à dire dans ce projet-là que les professionnels. Donc, le but c’est d’offrir un accompagnement aux professionnels, de donner une voix aux résidents et aussi d’appuyer les superviseurs et la direction dans une vision commune pour faire avancer les choses. C’est une super belle équipe composée de gens très dévoués et engagés», explique Stéphane Beaulne. 

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D’après M. Beaulne, l’autorégulation, à la base et de façon très simpliste, c’est la capacité de tout être humain à trouver un équilibre entre ses pensées, ses émotions et ses comportements. Autrement dit, à chaque fois qu’on fait face à une situation, c’est ce qui nous permet d’apprendre à réguler nos pensées pour accomplir une tâche ou répondre à une consigne, ainsi que pour prendre des décisions et faire des choix.

Aussi, il a ajouté que tout le volet de la régulation émotionnelle consiste, après cette étape, à être capable, lorsqu’on fait face à des conflits ou à des situations où l’on doit prendre des décisions, faire face à l’échec ou même dire non, de vivre l’émotion sans perdre le contrôle.

«L’importance de tout ça avec ce projet de l’Intégration communautaire, c’est que leurs clients sont souvent des gens qui, depuis toujours, ont été dépendants de leurs parents quand ils ont grandi, et ils ont été dépendants par la suite des services qui leur ont été offerts. Et ce qu’on réalise, c’est qu’à un moment donné, le fait de ne pas être capable de prendre ses propres décisions, de faire ses propres choix, fait en sorte que ça devient lourd pour eux, mais aussi ça devient lourd pour les professionnels (…). On veut leur donner des stratégies pour qu’ils puissent être capables d’atteindre leurs objectifs et cela veut dire d’être autonomes. En fin de compte, toute personne qui s’est autorégulée a un niveau d’autonomie.»

En outre, le professeur a clarifié que, lorsque la personne est plus jeune, on parle d’autonomie supervisée, puisqu’elle est guidée par ses parents ou ses enseignants. Toutefois, dès qu’elle atteint l’âge adulte, cette autonomie supervisée repose sur les règles sociales, et c’est ce qu’il faut enseigner aux personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle.

L’objectif ultime de ce projet, dit Stéphane Beaulne, est de voir quels mécanismes peuvent être mis en place, puisque la recherche-action s’appuiera sur une méthodologie rigoureuse reposant sur différentes formes d’observation, incluant des observations directes réalisées dans les contextes naturels d’activités, des observations indirectes à partir des outils de documentation professionnelle, ainsi que des observations continues permettant de documenter l’évolution des pratiques, des interventions et des besoins observés dans les différents contextes de services.

«Psychologiquement, dans tout ce qui est autorégulation en psychologie, qui existe quand même depuis très longtemps, il y a peu de recherches qui ont été faites avec les adultes. Souvent, c’est fait avec les enfants et cette population adulte là n’a jamais eu de voix (…). Je remercie beaucoup l’Intégration communautaire avec son équipe très engagée et aussi l’Université de me permettre de faire ce projet-là, qui est un projet d’une communauté qui veut avancer.»

À la fin de cette recherche, le but de Stéphane Beaulne, comme chaque fois qu’il effectue ce genre de projet, est de créer des pratiques, une stratégie, une façon de faire ou une meilleure compréhension afin d’éviter la stigmatisation. Il espère que, par la suite, tous les nouveaux employés qui travailleront à l’Intégration pourront s’appuyer sur une nouvelle méthodologie au sein de l’organisme, où l’autorégulation fera partie des règles à suivre.

Pour l’Intégration communautaire, c’est grâce à l’intérêt de Karéanne Lanoix que l’organisme s’est engagé dans ce projet de recherche. Avant d’occuper le poste de superviseure des services à l’Intégration, Mme Lanoix travaillait comme technicienne en éducation spécialisée au Conseil scolaire catholique des Grandes Rivières, où elle a connu Stéphane Beaulne dans le cadre d’un travail sur l’autorégulation.

«On travaillait avec Stéphane sur l’autorégulation dans nos écoles et puis j’ai beaucoup aimé l’approche. Donc, lorsque j’ai changé d’emploi, j’ai formé une relation de travail avec Stéphane en ayant son contact et j’en ai profité pour lui envoyer un message (…). Il est venu nous rencontrer, et puis il m’a dit qu’il était super intéressé. Ensuite, c’est à partir de là qu’il a eu l’idée de faire la demande pour un projet de recherche et impliquer l’Université là-dedans.»

Karéanne Lanoix rappelle que leur mission, à l’Intégration, est de rendre les gens autonomes, ce qui correspond exactement à l’autorégulation. Elle estime que cette recherche sera bénéfique dans le cadre de leur travail, après la fin du projet prévu pour une durée d’un an.

«Pour le fonctionnement du projet sur le terrain, Stéphane va faire ses observations dans une activité comme celles qu’on a l’habitude de faire avec nos clients. Selon mon expérience avec Stéphane, ça lui prend juste quelques minutes pour observer, et tout de suite il nous revient avec des stratégies qui pourront nous aider. J’ai vraiment confiance parce que, pendant que j’étais dans les écoles, j’ai travaillé avec lui. Et puis, on est venu à bout de régler un gros cas de comportement dans nos écoles. C’est à cause de son expertise qu’on a réussi à faire progresser les élèves et c’était merveilleux.»

Enfin, l’Intégration communautaire de Hearst étant un organisme sans but lucratif, Karéanne et ses collègues de la direction ont souligné leur reconnaissance envers le professeur Beaulne pour avoir soutenu ce projet. Non seulement il les aidera à améliorer leurs techniques et leurs méthodes de travail, mais cela ne leur coûtera rien, puisque la demande de financement couvre l’ensemble des coûts.