le Mercredi 3 juin 2026
le Dimanche 12 octobre 2025 8:00 Santé

Octobre Rose rappelle l’importance d’agir pour sa santé

Cette initiative nationale vise à sensibiliser le public à l’importance du dépistage précoce, à soutenir la recherche et à fédérer autour d’une cause qui touche des milliers de femmes chaque année.  — Photo : saintetiennedurouvray/web
Cette initiative nationale vise à sensibiliser le public à l’importance du dépistage précoce, à soutenir la recherche et à fédérer autour d’une cause qui touche des milliers de femmes chaque année.
Photo : saintetiennedurouvray/web

La campagne Octobre Rose met en lumière la lutte contre le cancer du sein chaque mois d’octobre. L’infirmière praticienne Mireille Fortin-Ukrainetz, de l’Équipe de santé familiale Nord-Aski de Hearst, a partagé son point de vue à propos d’Octobre Rose et du cancer du sein de façon générale.

Octobre Rose rappelle l’importance d’agir pour sa santé
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Selon Mme Fortin-Ukrainetz, Octobre Rose est une campagne mondiale de sensibilisation au cancer du sein, celui-ci étant le cancer le plus fréquent chez les femmes au Canada. Bien que ce soit plus rare chez les hommes, ils peuvent eux aussi être touchés par ce cancer. Tout au long du mois d’octobre, l’accent est mis sur l’information, le dépistage précoce et le soutien aux personnes touchées.

L’infirmière praticienne Mireille Fortin-Ukrainetz, de l’Équipe de santé familiale Nord-Aski de Hearst

Photo : Ndery Dione

En tant qu’infirmière praticienne, je suis témoin chaque jour de la force et du courage des femmes et des familles touchées par le cancer. Cette campagne est une occasion importante de rappeler que la détection précoce sauve des vies, qu’il faut briser les tabous et encourager les gens à prendre leur santé en main. »

Détecter tôt pour mieux guérir

Mireille Fortin-Ukrainetz a mis en évidence quelques signes et symptômes du cancer du sein dont les femmes (et hommes) doivent être conscients. D’après elle, certains changements au niveau des seins devraient susciter une consultation avec un professionnel de la santé.

Parmi les signes qui doivent alerter, dit-elle, on retrouve l’apparition d’une nouvelle bosse ou d’une masse dans le sein ou sous l’aisselle, ainsi que toute modification de l’apparence du sein, qu’il s’agisse de sa forme, de sa taille ou de sa texture.

« Une rougeur, une enflure ou une peau d’apparence “peau d’orange” peuvent également être révélatrices. D’autres symptômes, comme l’écoulement du mamelon, surtout s’il est clair ou sanguinolent. L’inversion du mamelon ou un changement soudain de son apparence doivent aussi inciter à consulter. Enfin, une douleur localisée et persistante fait aussi partie des signes à surveiller. Même si ces changements ne sont pas toujours cancéreux, tout changement inhabituel doit être évalué par un professionnel de la santé », explique Mme Fortin-Ukrainetz.

L’infirmière praticienne a partagé quelques recommandations liées au cancer du sein concernant un dépistage ou une mammographie selon l’âge, rappelant que plus un cancer du sein est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison, et plus légers peuvent être les traitements.

À ce sujet, elle mentionne une nouveauté importante élaborée en Ontario depuis l’année dernière.

« Il est désormais possible de passer une mammographie dès l’âge de 40 ans, sans référence médicale, grâce au Programme ontarien de dépistage du cancer du sein (PODCS). Entre 40 et 74 ans, une mammographie tous les deux ans demeure la recommandation générale pour les personnes à risque moyen. Les personnes ayant des antécédents familiaux ou un risque plus élevé peuvent bénéficier d’un dépistage encore plus tôt, selon les conseils de leur professionnel de la santé. Notons que les recommandations évoluent et il est important de se garder informé. »

Prévenir au quotidien

Selon Mme Fortin-Ukrainetz, la prévention ne repose pas seulement sur les examens médicaux, mais aussi sur l’adoption d’un mode de vie sain et sur l’attention portée à son propre corps, tout en indiquant que prévenir c’est aussi agir au quotidien.

Pour l’infirmière, certaines habitudes peuvent contribuer à réduire le risque.

« Il importe de privilégier une activité physique régulière, le maintien d’un poids santé, la limitation de la consommation d’alcool, le fait de vivre sans fumer ou d’envisager la cessation du tabagisme, ainsi qu’une alimentation bien équilibrée, riche en fruits, légumes et fibres. Il est également recommandé de discuter avec un professionnel de la santé de vos facteurs de risques modifiables et non modifiables, par exemple génétiques. Ces choix favorisent aussi la santé globale. »

Le rôle des infirmières praticiennes

En outre, Mme Fortin-Ukrainetz a indiqué que le rôle que doit jouer une infirmière praticienne dans l’accompagnement des patientes ayant un cancer du sein, avant, pendant et après un diagnostic, est à la fois clinique, éducatif et humain.

En fait, avant, pendant et après un diagnostic, l’infirmière praticienne joue un rôle clé. Elle peut éduquer, mais aussi recommander et prescrire les mammographies, évaluer les facteurs de risque et rassurer. Si un résultat anormal survient, elle accompagne la personne dans ses démarches, explique les étapes de suivi et facilite les références vers les spécialistes, tout en offrant un soutien émotionnel.

« Après un diagnostic, l’infirmière doit continuer d’offrir un soutien clinique et humain. Elle aide à gérer les traitements (et leurs effets secondaires) et demeure une ressource pour non seulement la personne avec le diagnostic, mais également les proches. L’infirmière praticienne agit comme repère, accompagnatrice et professionnelle de confiance », précise-t-elle.

En cette période de campagne mondiale de sensibilisation au cancer du sein, Mireille Fortin-Ukrainetz a profité de l’occasion pour donner quelques conseils aux personnes qui hésitent à se faire dépister par peur ou par manque d’information. Ces éléments sont des raisons fréquentes de retard dans le dépistage du cancer du sein.

« Je dirais à ces gens-là que la peur est naturelle, mais que l’attente, surtout si nous avions des facteurs de risques ou bien des symptômes, augmente les risques. Le dépistage n’est pas là pour faire peur : il est là pour protéger. La mammographie est rapide, sécuritaire et demeure l’outil le plus efficace pour détecter le cancer du sein tôt, souvent avant l’apparition de symptômes. »

Selon l’infirmière praticienne, grâce aux nouvelles directives, dès 40 ans, les cancers peuvent être détectés encore plus tôt, ce qui augmente les chances de guérison et permet des traitements moins invasifs.

Je vous encourage à poser des questions sans gêne, à en discuter avec un professionnel de la santé et à vous rappeler que se faire dépister, c’est un acte de courage et de soin envers soi-même et sa famille. Octobre Rose est l’occasion parfaite pour s’informer, agir et soutenir.

— Mireille Fortin-Ukrainetz