Le personnel de soutien à temps plein est composé de gens qui occupent une variété de postes, par exemple technologues de laboratoire, préposés aux bibliothèques, à l’entretien, au registraire et à l’aide financière, etc. Ils sont plus de 55 000 employés syndiqués membres du SEFPO. Le syndicat négocie avec la partie patronale par le biais du Conseil des employeurs des collèges (CEC), qui a été créé dans les années 1970. Auparavant une agence, son nom a changé avec les années, il s’agit maintenant d’une société indépendante sans but lucratif qui a le mandat d’être l’agent central de négociation.
Tout juste sorti de table de négociation avec le syndicat des enseignants collégiaux en juin dernier, le président du CEC, Graham Lloyd, affirme que les collèges ont mis sur la table des offres significatives : 145 millions de dollars en augmentations salariales et avantages sociaux, une bonification des indemnités de disponibilité et l’alignement avec les avantages déjà accordés aux enseignants. « Malgré ces concessions, le SEFPO maintient des demandes jugées irréalistes, incluant plus de 400 millions de dollars sur trois ans, des hausses salariales de plus de 12 %, ainsi que l’ajout de 17 jours de congé payés, portant le total à 42 jours. »
Selon M. Lloyd, trois revendications en particulier bloquent toute entente : garantir qu’aucun campus ne ferme, interdire toute réduction de personnel pendant trois ans, et bannir complètement la sous-traitance, même pour des services comme le déneigement ou l’entretien. « Une protection d’emploi. Et c’est très important que nos autres membres sachent qu’il y a cette protection d’emploi. Ce que le SEFPO veut, c’est aller plus loin et dire qu’il ne peut y avoir aucune utilisation de quiconque de l’extérieur pour fournir des services sur le campus. »
Sécurité d’emploi une priorité
Du côté du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario, le président de la section locale 672 du Collège Boréal, Dan Brisson, explique que certains établissements ont été affectés plus que d’autres dans les dernières années. Environ 650 programmes ont été coupés de l’offre de service, même si la demande était là, représentant environ 10 000 employés de soutien. « On ne veut pas que les gestionnaires fassent notre travail. On est des experts dans notre domaine. Ils nous ont embauchés pour être des experts dans notre domaine. On ne veut pas qu’on embauche des contractuels ou des compagnies qui vont faire le travail à notre place non plus. »
Le SEFPO a eu des échos que Doug Ford avait mentionné vouloir embaucher des firmes externes pour devenir registraire des 24 collèges. « Ça veut dire pas de service aux étudiants. Ça veut aussi dire que nos étudiants vont tomber dans les craques, ce n’est pas ce qu’on veut. Par exemple, ce sont nos technologues en laboratoire qui aident tous les étudiants dans les trois cours à faire leur travail, à apprendre l’aspect pratique. C’est pour ça que les collèges ont été créés en 1967 », continue M. Brisson.
Un autre élément qui inquiète beaucoup les employés de soutien est la montée de l’intelligence artificielle. « Ils nous demandent de préparer des portails. Puis une fois que le portail est fini, ils vont mettre la personne à pied parce que ça va être un portail avec l’intelligence artificielle. On veut garder nos jobs, on veut garder notre monde. Beaucoup d’employés sont aussi des enseignants à temps partiel dans certains cours, ça pourrait affecter ce qu’ils font dans le quotidien. »
Leur dernière rencontre remonte au 31 aout dernier ; le CEC avait dit au syndicat qu’ils allaient se revoir le 9 septembre. Il affirme que lui et ses collègues ont pris le temps de bien rédiger leurs demandes pour apporter à la table de négociations. « Une fois le 9 septembre arrivé, puis ils ne nous ont pas rencontrés avant quatre heures de l’après-midi. Ils n’ont pas voulu négocier. Nous autres, on a préparé un paquet, on est allé les revoir à 10 h le soir. On voulait négocier », explique Dan Brisson. « À 9 h le lendemain matin, on attendait. Ils ne nous ont pas rencontrés avant 4 h encore. Puis à 4 h, ils nous ont dit qu’ils ne sont pas intéressés à nous parler. On est allé s’assoir dans notre salle et on les a avertis qu’on était ici pour avoir des discussions, puis négocier. À minuit et une, sans signe de vie de leur part, on a déclaré la grève », poursuit-il.
Pour le moment, le Conseil des employeurs des collèges reste ferme sur ce qu’il n’est pas en mesure d’accepter et demande au SEFPO de les retirer ou de les retravailler pour en venir à une entente. Selon Graham Lloyd, le CEC a également proposé la médiation en dernier recours, mais ce n’est pas une option pour le syndicat. « Ça voudrait dire que quelqu’un d’autre va négocier pour nous puis nous ne pourrons pas discuter des problèmes à la table. Ils vont peut-être regarder le salaire et quelques autres choses, mais ça veut dire qu’ils ne vont pas regarder les différents langages qu’on veut rentrer pour faire certain qu’on a des protections pour nos emplois. »
Sur le campus de Hearst du Collège Boréal, deux employés à temps plein sont touchés par la grève et font du piquetage sur la 9e Rue depuis le 11 septembre. Il s’agit de Lisa Dallaire qui travaille à l’administration et Dany Richard, technicien informatique de longue date au Collège.
En début de semaine, les choses n’avaient pas avancé pendant la fin de semaine.
