le Mercredi 3 juin 2026
le Samedi 2 août 2025 10:00 Régional

Projet de garage contesté sur la rue Labelle approuvé malgré les inquiétudes des voisins

  Photo : Renée-Pier Fontaine
Photo : Renée-Pier Fontaine

L’entrepreneur Samuel Vallée s’est rendu en délégation mardi soir à la réunion ordinaire du conseil municipal de Hearst à la lumière des inquiétudes du voisinage au sujet de la construction de son garage. Surpris des éléments soulignés lors de la réunion publique qui avait eu lieu plus tôt ce mois-ci concernant seulement la construction d’une structure qui dépasse la limite permise, il s’est montré compréhensif et désirait s’expliquer.

Projet de garage contesté sur la rue Labelle approuvé malgré les inquiétudes des voisins
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Lors d’une réunion publique, plusieurs citoyens ont exprimé leur opposition à une demande de modification de zonage visant à permettre la construction d’un garage au 71, rue Labelle, dont la hauteur dépasserait la limite permise.

Deux lettres d’opposition ont été reçues à l’avance, l’une de Nadya Gabel, voisine directe, et l’autre de Mynor et Katerina Valenzuela, des voisins d’en arrière. D’autres citoyens, dont Yvan et Lucien Lanoix, se sont exprimés en personne.

Pour sa part, Samuel Vallée a tenu une délégation auprès du conseil municipal le mardi 29 juillet dernier pour expliquer plus amplement son projet et ses méthodes d’entreposage. Il a également voulu dire publiquement que son garage sera utilisé à des fins personnelles et non commerciales. « Mon entreprise c’est de peinturer des entrées, les lignes sur le chemin et l’hiver je déneige les panneaux solaires, je ne travaille jamais à la maison. La seule chose que je fais c’est d’entreposer mon matériel l’été. Mes produits ne sont pas explosifs, la peinture que j’utiliserai avec ma nouvelle machine est à l’eau. Je veux pouvoir travailler sur ma machinerie aussi et l’entreposer. Je prends soin de mes affaires et je ne suis pas le genre à les laisser à l’extérieur. »

Cet ajout sur sa propriété ne change en rien ses activités professionnelles : il n’aura pas plus de machines, de matériaux que ce qu’il a déjà. Il est également très conscient de ce que le directeur de l’aménagement, Kory Hautcoeur, lui a mentionné au sujet d’un usage plus commercial de son nouveau bâtiment. « Lorsque j’ai fait ma demande pour avoir une modification au règlement de zonage pour la hauteur de mon garage, c’est parce que ma roulotte mesure 14 pieds, donc si je veux la mettre à l’intérieur, ça me prend plus haut. J’aime être bien organisé et je veux pouvoir avoir un endroit pour entreposer mes motoneiges, ma roulotte, etc., et ainsi arrêter de louer des entrepôts ailleurs pour entreposer mes affaires. »

Le propriétaire et jeune entrepreneur comprend les inquiétudes de son voisinage et il a expliqué que la hauteur de son garage ne sera pas disproportionnée de celle de sa maison ; il a même l’intention d’agencer les couleurs des deux bâtiments. Les plans qu’il a présentés dans sa demande démontrent bien que puisque son terrain est immense pour le quartier, l’emplacement du futur édifice demeure assez éloigné de tous les voisins.

Vue d’ensemble de la propriété

Photo : Hearst/web

Lors de la réunion publique, les citoyens qui se sont opposés au projet ont exprimé des inquiétudes relevant d’un tout autre ordre d’idées. M. Vallée avait déjà discuté de plusieurs de ces sujets avec certains voisins, mais pas l’entièreté.

Plusieurs citoyens doutent que l’usage du bâtiment demeure strictement résidentiel, craignant qu’il serve plutôt aux activités commerciales d’un entrepreneur local, déjà actif sur les lieux sans permis, selon leurs dires.

Les inquiétudes portent notamment sur l’entreposage potentiel de produits chimiques et de machinerie, ce qui soulève des questions de sécurité et de santé publique. Des résidents rapportent des odeurs suspectes, du bruit de machinerie ainsi qu’un éclairage nocturne dérangeant. Certains s’inquiètent aussi de l’absence d’évaluation environnementale, surtout en raison de la proximité de la rivière et du risque de contamination par les eaux de ruissèlement.

D’autres soulignent les impacts sur la tranquillité du quartier, avec la crainte que les nuisances sonores et visuelles s’intensifient avec un garage de plus grande taille. Des voix s’élèvent également pour dénoncer un traitement inéquitable, rappelant que d’autres citoyens s’étaient vus refuser un usage commercial similaire. Enfin, des résidents redoutent une perte de valeur immobilière et rappellent que la vocation initiale du secteur est purement résidentielle.

En réponse, le personnel municipal a rencontré le demandeur pour clarifier les règles applicables. Il a été précisé que si une infraction est confirmée quant à l’usage actuel des lieux, des mesures d’application seront prises pour faire cesser l’activité. Le propriétaire concerné a reconnu cette possibilité et les conséquences associées. La Municipalité rappelle toutefois que les enjeux liés à l’utilisation du site relèvent des services d’inspection et ne font pas partie du processus d’évaluation de la demande de modification de zonage, qui concerne uniquement l’aspect physique du bâtiment projeté.

Dans son analyse, le directeur de l’aménagement et le chef du bâtiment de la Ville, Kory Hautcoeur, estime que le terrain visé est plus grand que ceux avoisinants, offrant ainsi un bon dégagement et respectant les exigences en matière de marges de recul. Le garage proposé a été conçu avec un toit à faible pente afin d’atténuer son impact visuel. De plus, des projets semblables ont déjà été approuvés dans d’autres secteurs résidentiels.

Les autorités municipales concluent qu’aucun motif lié à l’aménagement du territoire ne justifie un refus de la demande en raison de la structure elle-même. Les préoccupations liées à l’utilisation commerciale éventuelle de la propriété seront examinées séparément par les instances compétentes.