Le canton de Fauquier-Strickland, dans le nord de l’Ontario, demande «une intervention ministérielle immédiate et une surveillance en vertu de la Loi sur les affaires municipales» au gouvernement Ford.
Cette petite municipalité qui compte 467 résidents, majoritairement francophones, compte actuellement cinq employés municipaux, soit trois employés de travaux publics et deux employés administratifs, a expliqué la mairesse, Madeleine Tremblay, en entrevue avec Le Droit.
«Je crains que nous approchions d’un point de non-retour, car notre communauté risque un effondrement financier complet d’ici quelques semaines, privant nos résidents de services essentiels et créant une situation d’urgence», a écrit la mairesse dans une lettre de quatre pages adressée au ministre des Affaires municipales et du Logement, Rob Flack, la semaine dernière.
La communauté de Fauquier-Strickland tente d’obtenir l’intervention du ministère depuis 2021.
«Malgré une communication claire et répétée sur la détérioration de la situation de notre communauté au cours de cette période prolongée, aucune aide concrète n’a été apportée, hormis des propositions de formation financière pour le conseil», peut-on lire dans la lettre.
Déficit budgétaire
Madeleine Tremblay explique que le canton a accumulé un déficit budgétaire de 2,5 millions de dollars au cours des dix dernières années, «épuisant complètement tous les fonds de réserve et de prévoyance» que Fauquier-Strickland possédait auparavant.
Pour effacer son déficit, en 2024, le conseil municipal aurait eu été obligé d’imposer une augmentation de 300 % des taxes foncières, «un fardeau insupportable pour nos résidents», souligne Madeleine Tremblay.
Finalement, les élus ont fait des coupes budgétaires supplémentaires, ont obtenu un prêt bancaire de deux millions de dollars, et sont arrivés à limiter l’augmentation des impôts de 2024 à 26 %.
Mais la mairesse dit qu’il «faut faire quelque chose maintenant, avant qu’il ne soit trop tard».
Services municipaux
«Dans notre situation, on n’est plus capable. On est presque en août, faut pas attendre à l’hiver», urge-t-elle, notant que le canton ne pourra pas se passer des services municipaux essentiels durant la période hivernale.
«Là, ce qui me casse la tête, ce sont les poubelles. On n’aura plus personne pour les ramasser», craint-elle.
«Nos travailleurs vont être mis à pied, vont recevoir une indemnité de départ du syndicat. On fait quoi si on a besoin de quelqu’un pour faire certains ouvrages? Si on n’est pas capable d’avoir des gens pour s’occuper de notre dépotoir, on va devoir y aller à contrat.»
— Madeleine Tremblay, mairesse
Par ailleurs, MmeTremblay affirme que les cinq élus municipaux s’abstiennent de percevoir une paye depuis déjà deux mois.
Réponse vague
Le ministère des Affaires municipales et du Logement a refusé de dire comment il réagira à la situation, lorsque questionné par Le Droit, mercredi matin.
Une porte-parole a plutôt indiqué que la ministre de l’Infrastructure, Kinga Surma, a récemment rencontré «plusieurs municipalités du Nord-Est, dont Fauquier-Strickland, pour discuter des priorités locales».
La déclaration du ministère rappelait un investissement de 315 000 $ dans le canton pour améliorer les infrastructures communautaires.
«Le ministère des Affaires municipales et du Logement collabore activement avec le canton de Fauquier-Strickland sur ses défis locaux», a précisé Alexandra Sanita, une porte-parole du ministre Rob Flack, dans une déclaration envoyée en après-midi.
«J’aimerais bien qu’ils nous fassent signe de vie», avait remarqué la mairesse Tremblay, affirmant que le gouvernement s’était jusqu’ici contenté de lui dire que l’on traitait sa lettre.
