Née à l’île Maurice, un pays d’Afrique situé dans l’ouest de l’océan Indien, Sushma Dusowoth vit depuis plus de dix ans au Canada. Elle enseigne depuis trois ans à l’Université de Hearst, sur le campus de Timmins, dans le nord de l’Ontario. Son expertise couvre les sciences humaines et sociales interdisciplinaires, et ses travaux s’ancrent dans une approche inclusive et transversale qui reflète ses nombreuses identités et appartenances.
Lors de la conférence du CIEF, Mme Dusowoth a non seulement pris part aux débats et aux échanges, mais elle y a également joué un rôle actif. Elle a organisé une session en trois volets intitulée « Mouvance : déplacement et évolution de l’être », un thème riche et évocateur abordé par 12 panélistes venus des quatre coins du monde.
Cette session a permis de croiser des perspectives variées sur la mobilité humaine, les migrations, les transformations identitaires, mais aussi les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle, de plus en plus présentes dans le champ des sciences humaines.
Selon Mme Dusowoth, cette conférence du CIEF constitue un espace unique de dialogue et de co-construction du savoir. « C’est une grande conférence annuelle, où les francophones du Nord viennent partager leurs recherches, leurs visions, et surtout apprendre les uns des autres. »
Ce qui rend cette rencontre particulière, c’est son caractère interdisciplinaire. Il y avait la présence des chercheurs en littérature, en linguistique, en éducation, en arts, mais aussi de professionnels des médias. « C’est un lieu où chacun vient avec ses bagages intellectuels, mais repart enrichi des contributions des autres », souligne Mme Dusowoth.
L’évènement ne se limite pas à la sphère académique traditionnelle. Il met aussi en lumière les évolutions contemporaines, notamment les implications de l’intelligence artificielle dans les sciences humaines, un sujet de plus en plus présent dans les échanges intellectuels à l’échelle mondiale.
Lors de cette conférence, la professeure a également été élue membre du conseil d’administration du CIEF pour représenter le Canada, un mandat qu’elle exercera durant les trois prochaines années. Il s’agit d’un nouveau chapitre dans son parcours professionnel, qu’elle aborde avec humilité et engagement.
« J’ai simplement déposé mon CV pour démontrer mon parcours. Tout est ensuite distribué aux membres du conseil qui votent via un processus sécurisé. C’est ainsi que j’ai été élue », explique-t-elle. Cette nouvelle responsabilité vient renforcer son implication dans les réseaux francophones mondiaux et témoigne de la reconnaissance de son travail par ses pairs.
Depuis qu’elle est installée au Canada, Sushma Dusowoth a connu différentes étapes avant de venir dans le Nord de l’Ontario. Elle a notamment vécu à Edmonton en Alberta, où elle s’est acclimatée au rude climat canadien, avant d’enseigner en ligne à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Parfaitement intégrée à la réalité du Nord ontarien, elle reconnait que certaines personnes hésitent à s’y installer à cause du froid. « Mon expérience en Alberta m’a préparée à vivre dans un environnement enneigé. Le climat ne me fait plus peur », dit-elle.
Par ailleurs, la professeure continue de se déplacer régulièrement, notamment vers le sud de l’Ontario, où elle séjourne près de Toronto, mais aussi vers l’île Maurice dans le cadre de ses recherches. Étant donné que Mme Dusowoth est spécialisée en littérature de l’océan Indien et de l’Afrique, ses voyages lui permettent de nourrir ses travaux académiques et de garder un lien vivant avec ses racines.
Elle se dit également très satisfaite du modèle pédagogique mis en place à l’Université de Hearst, qui mise sur une approche de proximité et une préparation directe à l’emploi.
« Ce que j’apprécie particulièrement, c’est que les professeurs peuvent vraiment accompagner les étudiants de manière concrète. Les programmes sont pensés pour que les étudiants puissent intégrer le marché du travail dès la fin de leurs études. C’est un modèle très efficace », affirme-t-elle.
