le Mercredi 3 juin 2026
le Mardi 8 juillet 2025 12:27 Éducation

L’Ontario financera l’Université de Sudbury

À compter de septembre, l’Université de Sudbury offrira des programmes en sciences de la santé, en gestion et commerce, en sciences sociales et en arts, en partenariat avec l’Université d’Ottawa.  — Photo : Patrick Woodbury/Archives Le Droit
À compter de septembre, l’Université de Sudbury offrira des programmes en sciences de la santé, en gestion et commerce, en sciences sociales et en arts, en partenariat avec l’Université d’Ottawa.
Photo : Patrick Woodbury/Archives Le Droit

Le gouvernement Ford, qui avait refusé d’octroyer un financement à l’Université de Sudbury (UdeS), il y a deux ans, lui accordera finalement 10,8 millions de dollars dans le cadre de son partenariat avec l’Université d’Ottawa.

L’Ontario financera l’Université de Sudbury
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À compter de la rentrée en septembre, l’Université de Sudbury offrira des programmes en sciences de la santé, en gestion et commerce, en sciences sociales et en arts, en partenariat avec l’Université d’Ottawa, affirme le gouvernement ontarien.

Le financement de 10,8 millions de dollars, annoncé lundi, sera accordé sur une période de trois ans, selon une source haut placée au sein du gouvernement.

De son côté, l’Université de Sudbury offrira la gratuité scolaire pour 2025-26, a confirmé le recteur Serge Miville, en entrevue avec Le Droit.

«Je suis très content. On a travaillé très fort», se réjouit-il.

«On a transformé un “non” en un “oui”, et le projet s’est amélioré au fil des ans et des partenaires», souligne M. Miville.

Les étudiants

La gratuité scolaire aidera bien des gens, s’enthousiasme le recteur.

La population francophone du nord est sous-scolarisée par rapport aux anglophones de la région et aux francophones du reste de la province, note-t-il, citant des données de Statistique Canada.

«J’espère qu’on pourra contribuer à améliorer ces enjeux systémiques».

Serge Miville affirme que l’UdeS a déjà envoyé des offres d’admission à une trentaine de personnes.

Il dit aussi avoir refusé une cinquantaine de demandes d’admission qui provenaient de l’étranger, étant donné que l’UdeS n’a pas la désignation requise du gouvernement fédéral pour octroyer des visas d’étudiants.

Financement pour la relance

Les millions annoncés lundi seront réservés aux opérations de relance des activités de l’institution sudburoise par l’intermédiaire de l’Université d’Ottawa, selon la province.

Une source haut placée au sein du gouvernement ontarien a fait savoir au Droit que ce financement ne donne pas à l’Université de Sudbury le statut d’institution postsecondaire publique, puisque l’argent sera envoyé à l’Université d’Ottawa.

L’Université de Sudbury, qui a aspiré à être une institution postsecondaire autonome «par et pour» les francophones dans la foulée de la crise financière à l’Université Laurentienne, en 2021, avait demandé au gouvernement Ford de financer son projet, en 2022.

Le gouvernement Ford avait annoncé, l’été suivant, qu’il ne financerait pas l’UdeS, même s’il avait initialement dit «oui» au projet, un an plus tôt.

La proposition de l’établissement «ne correspond pas à la demande actuelle et aux tendances relatives aux inscriptions, ni à la capacité actuelle des établissements post-secondaires existants à offrir une programmation en langue française dans le Grand Sudbury et aux quatre coins de l’Ontario», avait alors expliqué le ministère des Collègues et Universités.

Partenariat avec l’Université d’Ottawa

Malgré le refus qu’il a essuyé il y a deux ans, le recteur de l’UdeS, Serge Miville, a annoncé au printemps 2024 avoir signé un partenariat avec l’Université d’Ottawa pour offrir, à compter de la rentrée de septembre 2025, une programmation en français dans le nord-est de l’Ontario.

Lors de l’annonce, M. Miville avait indiqué que pour que ce partenariat puisse se concrétiser, il allait devoir déposer une nouvelle demande de financement auprès du gouvernement provincial.

Serge Miville disait qu’il allait se contenter, cette fois-ci, de demander un financement pour la concrétisation de son entente avec l’Université d’Ottawa, plutôt que de demander un financement pour le projet d’une université publique autonome.

Et c’est exactement ce qui a été annoncé, lundi.

Les communautés francophones du nord-est de l’Ontario auront désormais accès à plus de programmes universitaires «qui répondent aux besoins du marché du travail de cette région de la province», a noté la présidente et vice-chancelière de l’Université d’Ottawa, Marie-Ève Sylvestre.

Maintenant que la province a dit «oui», d’éventuelles demandes de partenariats concernant les autres institutions postsecondaires francophones pourraient suivre, selon ce qu’avait avancé Serge Miville, au printemps 2024.

L’UdeS propose actuellement 33 programmes et options de programmes.

«Protéger l’Ontario»

Trois ministres ontariens ont interpellé Ottawa, le 5 juin dernier, dans une lettre où ils demandaient au gouvernement fédéral de travailler en partenariat pour soutenir les secteurs des arts et de la culture «en cette période d’incertitude».

Les ministres du Tourisme, Stan Cho, des Affaires francophones, Caroline Mulroney, et de la Citoyenneté et du Multiculturalisme, Graham McGregor, faisaient référence aux menaces commerciales provenant des États-Unis.

«Une priorité supplémentaire de la communauté francophone de l’Ontario est l’accès à l’éducation postsecondaire en français, notamment par l’Université de l’Ontario français et l’Université de Sudbury», ont écrit les ministres dans cette lettre adressée au ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Steven Guilbeault.

La province affirme que le financement promis à l’Université de Sudbury, lundi, «s’inscrit dans le plan du gouvernement visant à protéger l’Ontario».

«Cet investissement historique témoigne de l’engagement de notre gouvernement à renforcer l’accès à l’enseignement postsecondaire en français, particulièrement dans le nord de l’Ontario», a indiqué la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, dans un communiqué.

«Grâce à cet investissement, notre gouvernement forme une main-d’œuvre bilingue solide pour rendre le nord de l’Ontario plus fort, plus concurrentiel et plus autonome», a souligné le ministre des Collèges et Universités, Nolan Quinn.