La situation du logement n’épargne aucun coin du Canada. Les petites villes, comme Hearst, n’y font pas exception. Pour l’Université de Hearst, qui accueille chaque année un nombre croissant d’étudiants internationaux, ce défi devient de plus en plus pressant. Nombre d’entre eux peinent à se loger convenablement dès leur arrivée dans la région, faute d’options abordables ou simplement disponibles.
Consciente de cette réalité, Mme Lacassagne a décidé de passer à l’action.
Sa lettre à la Municipalité vise à amorcer un dialogue constructif sur la possibilité de mettre à la disposition de l’Université de Hearst un terrain adapté à la construction d’une résidence universitaire. « L’institution a un problème de logement étudiant, et nous aimerions potentiellement construire une résidence. La première chose est de sécuriser un terrain », explique-t-elle.
Mme Lacassagne a détaillé les grandes lignes de son projet, structuré en trois phases.
La première consiste, bien sûr, à sécuriser un terrain d’où l’envoi de cette lettre à la Ville. « On ne peut rien faire tant qu’on n’a pas de base concrète, et dans ce cas-ci, cette base c’est le terrain », précise-t-elle.
Une fois que le terrain sera obtenu, l’UdeH pourra faire appel à des architectes afin de concevoir les plans d’une future résidence. Cette étape est essentielle, car elle servira ensuite de levier pour aller chercher du financement. « Sans terrain, sans plans, on ne peut pas approcher sérieusement un investisseur ou un donateur. On doit avoir quelque chose de tangible à leur présenter », souligne la rectrice.
Enfin, la troisième phase consistera à obtenir les fonds nécessaires à la réalisation du projet, soit par l’intermédiaire de dons majeurs, soit par un partenariat stratégique avec un investisseur privé. Dans un contexte où le gouvernement provincial a clairement indiqué qu’il n’y aurait pas d’aide financière pour la construction de logements étudiants, cette approche hybride devient la seule voie envisageable.
Mais la rectrice insiste sur un point : ce projet n’est pas uniquement à l’avantage de l’Université de Hearst. Il s’inscrit aussi dans une vision plus large du développement économique local. « Nos étudiants contribuent activement à la vitalité économique de Hearst », rappelle Mme Lacassagne.
En d’autres termes, leur présence représente une source de revenus pour les commerces, les services et les activités culturelles de la ville. Leur offrir un logement stable et abordable reviendrait donc aussi à renforcer l’attractivité et la dynamique de la ville dans son ensemble.
D’après la rectrice, il s’agit d’une opportunité pour la Municipalité de soutenir une institution qui joue un rôle central dans la communauté. En facilitant l’installation des étudiants, la Ville se positionnerait comme un partenaire du développement durable et éducatif de la région.
Pour le moment, Mme Lacassagne reste dans l’attente d’une réponse officielle de la part de la Ville de Hearst. Elle espère que les élus municipaux verront dans sa démarche une chance de répondre à un besoin criant tout en s’inscrivant dans un projet structurant pour l’avenir.
En attendant, l’Université de Hearst poursuit ses efforts pour accueillir dignement ses étudiants. Mais elle reste sans solution concrète au problème du logement pour l’instant. La résidence envisagée pourrait offrir non seulement une réponse durable à cette crise, mais aussi un modèle de collaboration entre institutions publiques, investisseurs privés et pouvoirs locaux.
Malgré les limites imposées par le contexte économique et politique, la volonté de Mme Lacassagne reste intacte. Elle a pris l’initiative de cette première étape, bien consciente qu’il s’agira d’un processus long et complexe. Elle reste néanmoins confiante.
Ce projet ne peut avancer qu’avec des bases solides. Si on obtient le terrain, alors le reste deviendra possible
