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le Mardi 15 avril 2025 19:30 | mis à jour le 23 avril 2025 9:01 Évènements

Le Club de cinéma de l’UdeH a présenté un film qui parle de la crise de jeunesse

Les membres du Club de cinéma de l’Université de Hearst se sont réunis la semaine dernière pour une projection bien spéciale : The Graduate (1967), un film devenu culte, réalisé par Mike Nichols.  — Image : The Graduate (1967)
Les membres du Club de cinéma de l’Université de Hearst se sont réunis la semaine dernière pour une projection bien spéciale : The Graduate (1967), un film devenu culte, réalisé par Mike Nichols.
Image : The Graduate (1967)

Malgré ses 58 ans, ce long-métrage américain a su captiver une grande audience, provoquant autant de rires que de réflexions existentielles. À travers ce choix de Patrice Villeneuve, le club démontre une fois de plus sa volonté d’explorer le cinéma dans toute sa richesse, en s’ouvrant aux œuvres du passé pour mieux éclairer le présent.

Le Club de cinéma de l’UdeH a présenté un film qui parle de la crise de jeunesse
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Sorti à la fin des années 60, The Graduate raconte l’histoire de Benjamin Braddock, un jeune homme fraichement diplômé, désorienté, qui entame une liaison avec Mrs. Robinson, une femme mariée et amie de la famille. L’intrigue se complexifie lorsqu’il tombe amoureux de la fille de cette dernière, Elaine. « C’est le plus vieux film que nous ayons visionné depuis le début du club, et pourtant, plusieurs personnes dans la salle ont été frappées par la modernité et l’humanité qu’il y avait dans ce film », affirme Patrice. 

Si le résumé peut laisser penser à une simple comédie romantique aux accents scandaleux, le film va beaucoup plus loin. « Ce qui frappe, c’est à quel point les thèmes abordés résonnent encore aujourd’hui. Le vide existentiel, la pression sociale, le passage à l’âge adulte, c’est encore tellement d’actualité », explique M. Villeneuve. 

En outre, bien que le film soit profondément ancré dans l’Amérique des années 60, il réussit à transcender son époque. Les participants du club n’ont eu aucun mal à s’identifier aux dilemmes de Benjamin. « Ce personnage, confronté aux attentes familiales et sociétales après ses études, on s’y reconnait facilement. Sa frustration, son incompréhension, ce sentiment de ne pas savoir où aller peuvent être considérés comme de grands défis pour lui », précise Patrice. 

La mise en scène inventive de Mike Nichols, marquée par des cadrages originaux, des silences lourds de sens et une utilisation poignante de la musique, notamment les chansons iconiques de Simon et Garfunkel, contribuent à l’impact émotionnel du film. « La cinématographie est captivante et créative. Elle arrive à capturer les tiraillements émotionnels des personnages de façon presque viscérale », souligne M. Villeneuve. 

Les performances des acteurs sont également saluées. Anne Bancroft incarne avec intensité une Mrs. Robinson aussi séduisante qu’amère, tandis que Katharine Ross donne une humanité touchante à Elaine. Mais c’est Dustin Hoffman, dans le rôle principal, qui attire tous les regards. « Il réussit à exprimer toute une gamme d’émotions avec une justesse incroyable. Leur triangle relationnel est parfois intrigant, comique ou déchirant. On passe constamment d’une émotion à une autre », ajoute Patrice. 

Patrice Villeneuve 

Pour M. Villeneuve, ce qui rend The Graduate si unique, c’est peut-être son habileté à naviguer entre le tragique et le burlesque.

Patrice Villeneuve 

Photo : Ndery Dione

Le film parvient à faire rire, parfois aux éclats, tout en abordant des sujets profonds. « Malgré le réalisme frappant et l’angoisse que peut nous faire ressentir la situation du protagoniste, The Graduate est quand même un des films les plus hilarants de l’époque et peut-être même encore aujourd’hui ». 

D’après Patrice, le Club de cinéma de l’Université de Hearst, depuis sa création, s’est donné pour mission de proposer des œuvres qui suscitent des discussions et des questionnements. Le choix de The Graduate illustre parfaitement cette ambition. « C’est incroyable de voir à quel point les interprétations divergent, surtout sur la scène finale. C’est une fin ouverte, ambivalente, qui pousse à la réflexion », raconte-t-il. 

Alors que les plateformes de streaming dominent la consommation de films et que les blockbusters monopolisent l’attention médiatique, le Club de cinéma de l’Université de Hearst propose une alternative précieuse : celle du cinéma comme art, comme miroir critique de la société et de l’individu. En plus, grâce à des choix cinématographiques audacieux, le club stimule la curiosité intellectuelle et nourrit une communauté d’amateurs de cinéma bien vivante.