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Le Club de cinéma de l’UdeH : un regard critique sur le film One Flew Over the Cuckoo’s Nest

Regard critique sur le film One Flew Over the Cuckoo’s Nest. — Photo : Ndery Dione
Regard critique sur le film One Flew Over the Cuckoo’s Nest.
Photo : Ndery Dione

Le Club cinéma de l’Université de Hearst a offert à ses membres une projection marquante la semaine dernière : One Flew Over the Cuckoo’s Nest (1975), réalisé par Milos Forman. Ce film culte, adapté du roman éponyme de Ken Kesey, a été choisi avec soin par Patrice Villeneuve, président du club, en raison de son importance cinématographique et de son message percutant.

Le Club de cinéma de l’UdeH : un regard critique sur le film One Flew Over the Cuckoo’s Nest
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«One Flew Over the Cuckoo’s Nest est un des rares films à avoir remporté les cinq prix majeurs aux Oscars. Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario adapté. Son impact dépasse largement le cadre du cinéma, car il aborde des thématiques profondes sur la liberté, le pouvoir et la condition humaine», explique Patrice Villeneuve. 

Le film raconte l’histoire de Randle McMurphy, un délinquant qui feint la folie pour échapper à une peine de prison et se faire interner dans un hôpital psychiatrique. Au premier regard, cet endroit semble plus clément qu’un centre carcéral, mais McMurphy découvre rapidement que la réalité est tout autre. 

«L’asile est un lieu extrêmement codifié, où tout est sous contrôle. La routine y est rigide, et les patients, au lieu d’être soignés, sont en réalité soumis à une forme de domination institutionnelle. L’oppression n’est pas physique, mais psychologique. C’est là toute la force du film : il nous fait comprendre que la véritable prison n’est pas toujours celle que l’on croit», confirme M. Villeneuve. 

L’un des personnages les plus marquants du film est l’infirmière en chef, Ratched, figure d’autorité implacable qui impose une discipline de fer aux patients. À travers elle, le film dépeint le danger des abus de pouvoir et des structures autoritaires qui écrasent les individus sous couvert de bienveillance. 

«Ratched ne supporte pas qu’on remette son autorité en question. Elle punit de manière subtile, en utilisant la peur et la manipulation. Elle représente un système qui prétend protéger, mais qui en réalité brise ceux qui s’opposent à lui.»

Photo : Ndery Dione

Sorti en 1975, One Flew Over the Cuckoo’s Nest est bien plus qu’un simple drame psychologique. Il constitue une critique acerbe des institutions psychiatriques de l’époque et, à travers elles, de toutes les formes de contrôle social. 

«Dans les années 70, la société américaine est marquée par de nombreuses tensions : le racisme, la guerre du Vietnam, la corruption politique. Le film reflète cette réalité. L’asile devient une métaphore du monde extérieur, où ceux qui refusent de se conformer sont écrasés», explique M. Villeneuve. 

Le personnage de McMurphy illustre cette lutte contre l’oppression. Farouchement libre, il cherche à insuffler un vent de révolte parmi les patients, notamment en organisant des activités interdites et en défiant ouvertement l’autorité de Ratched. 

Par contre, sa résistance a un prix. Après une tentative désespérée pour libérer les patients, une fête clandestine tourne au drame : Billy Bibbit, un jeune homme fragile, se suicide après avoir été humilié par Ratched. Fou de rage, McMurphy tente d’étrangler l’infirmière, mais il est maitrisé par les gardiens. En guise de punition, il a subi une lobotomie, le réduisant à un état végétatif. 

C’est alors que Chef Bromden, un patient amérindien considéré comme muet, prend une décision radicale : il étouffe McMurphy pour lui éviter une vie sans conscience, puis s’échappe de l’asile en brisant une fenêtre. Ce geste symbolise l’ultime triomphe de la liberté sur l’oppression. 

Pour Patrice Villeneuve, le film One Flew Over the Cuckoo’s Nest résonne toujours avec notre époque.

Nous vivons encore dans un monde où les abus de pouvoir existent, où certaines structures privilégient le contrôle à l’émancipation. Ce film nous rappelle l’importance de remettre en question l’autorité lorsqu’elle devient oppressive.

Avec des projections comme One Flew Over the Cuckoo’s Nest, le Club cinéma de l’Université de Hearst se positionne comme un espace de discussion et d’analyse. Chaque séance est suivie d’un débat où les gens peuvent partager leurs impressions et approfondir leur compréhension des thématiques abordées.