Il n’est pas clair si c’est un problème réel ou un problème de perception, précisent les auteurs d’une recherche parue le 24 septembre dans la revue Neurology. Mais le fait que ce groupe d’âge soit le seul chez qui on observe une telle croissance est intrigant.
Ainsi, chez les adultes américains de 18 à 39 ans sans symptômes dépressifs, la proportion de ceux qui disaient éprouver des problèmes cognitifs —mémoire ou concentration— était de 5% en 2015, et était passée à près de 10% en 2023. En comparaison, la proportion des 70 ans et plus était restée stable, et celle des 40-54 ans n’avait pas augmenté de façon significative (de 4,5% à 6%).
S’il s’agit d’un problème réel, il va devoir nécessiter une plus grande attention, écrivent les chercheurs, parce que des problèmes cognitifs à un jeune âge vont inévitablement se répercuter sur le reste de la vie personnelle et professionnelle.
L’augmentation chez les plus jeunes pourrait tout autant être le résultat de leur utilisation du numérique, incluant les réseaux sociaux, que d’une prise de conscience d’un problème que les générations précédentes n’osaient pas nommer. Qui plus est,, à travers les différentes tranches d’âge, l’effet semble plus prononcé chez les groupes à faibles revenus.
Ces données proviennent de l’enquête annuelle sur la surveillance des facteurs comportementaux de risque, une enquête réalisée par téléphone chaque année par les autorités locales de la santé des États-Unis, en collaboration avec le Centre de contrôle des maladies (CDC), une agence fédérale. Il n’est toutefois pas certain si l’enquête continuera d’avoir lieu : elle fait partie des sites web gouvernementaux dont le nouveau gouvernement Trump avait carrément fait disparaître les données au début de 2025. Un jugement du tribunal a temporairement obligé le CDC à remettre ces données en ligne, mais le site contient, depuis, une notice à l’effet que « l’administration Trump rejette l’idéologie de genre en raison des dommages et de la division qu’elle cause ».
