Hier, en l’absence de la directrice des services municipaux, greffière municipale et trésorière, Shannon Pawlikowski, la municipalité a fait appel à un consultant externe, Craig Davison, pour préparer et présenter un budget. Davison a mentionné avoir disposé de très peu de temps pour remanier les chiffres de la version préliminaire, qui proposait une hausse de 260 % des taxes municipales.
Le déficit accumulé, estimé à 2,6 M$, provient principalement d’un manque de liquidités et d’un découvert bancaire de près de 876 000 $, auquel s’ajoutent des revenus différés de 659 000 $. Comme l’exige la Loi de 2001 sur les municipalités, la municipalité doit intégrer ce déficit au budget de l’année suivante.
Le budget préliminaire couvre les coûts de base des opérations, incluant les salaires, mais ne laisse aucune marge pour les imprévus. Afin de réduire le déficit, la municipalité propose de puiser dans ses réserves discrétionnaires, qui totalisent environ 1,37 M$. Cette décision viderait complètement les réserves, mais ramènerait le déficit à 1,29 M$ au lieu de 2,6 M$.
Pour la majorité des contribuables, l’impact serait important, mais variable. Les projections indiquent que 70 % des propriétés résidentielles auraient une augmentation de moins de 2 000 $. Toutefois, certains contribuables pourraient voir leur facture grimper beaucoup plus haut.
Même avec une telle hausse, le rapport souligne que la municipalité entrerait en 2026 sans aucune réserve, ce qui la contraindrait à repartir de zéro pour financer l’entretien de ses infrastructures et assurer la continuité des services.
Grâce aux fonds accordés par la province, la hausse se situe plus près de 80 % dans l’ébauche qui sera envoyée d’ici le 31 aout. Les projections budgétaires anticipent ensuite des hausses plus modestes de 3 % par an entre 2026 et 2029, ce qui permettrait d’accumuler environ 5,6 M$ pour des projets d’immobilisations sur les quatre prochaines années.
En parallèle, la municipalité doit aussi avancer sur le projet du pont de la rue Tremblay. Une première enveloppe de fonds est prévue en 2025 pour rendre le projet « prêt à l’appel d’offres », mais la majeure partie des travaux, évalués à 1,1 M$, est reportée à 2026.
Adoption du budget
Le conseil a accepté d’envoyer l’ébauche du budget, tel que présenté mardi, ce qui a suscité une série de questions, tant en anglais qu’en français, de la part des citoyens, qui rejettent massivement la proposition.
Normalement, le droit de parole n’est pas permis lors des réunions du conseil municipal, mais puisque cette règle avait été précédemment contournée, plusieurs contribuables croyaient qu’ils auraient le droit de s’exprimer avant la séance à huis clos. La mairesse a tenté de rappeler que la loi interdit les discussions pendant les réunions, mais les interventions du public se sont poursuivies malgré tout. « On nous parle de la Loi sur les municipalités, mais dans cette même loi, est-ce qu’il y a une limite du pourcentage d’augmentation? », demande une citoyenne. « Je crois que c’est 1 000 % », rétorque le consultant Davison.
« Si on pense qu’une hausse de 80 % ça va passer, ça passera pour nous. Il n’y a rien de couper dans le budget de ce soir. On veut pouvoir vous rencontrer pour poser nos questions, c’est quand que cela va arriver? », exprime un citoyen.
Bien que les élus comprennent cette frustration, la conseillère Pricillia Marcoux a vulgarisé la situation aux citoyens : « Le budget présenté, c’est l’argent qu’on aurait besoin pour continuer à opérer. Ce n’est pas nécessairement le budget qui va être adopté. Il peut y avoir plein de changements à ce budget-là. Là, nous devons aller en session fermée et les gens doivent sortir. Aujourd’hui, nous ne discuterons pas de ça. »
Rencontre pour les citoyens
Un groupe de citoyens a loué la salle municipale pour organiser une rencontre le mercredi 20 aout. L’objectif est de permettre aux résidents de poser leurs questions et de partager leurs idées concernant le budget.
Les portes ouvriront à 19 h et la réunion se terminera à 21 h. Les questions posées seront recueillies et transmises au conseil municipal, mais ne recevront pas de réponse lors de la rencontre; elles seront traitées lors de la prochaine séance du conseil. « Veuillez comprendre que plus il y aura de personnes présentes pour partager leurs idées, poser leurs questions et exprimer leurs préoccupations, plus nous démontrerons que notre communauté se rassemble autour d’un message clair : nous avons le droit de parler et d’obtenir des éclaircissements afin de mieux comprendre les décisions prises avec nos contributions fiscales mensuelles obligatoires à la municipalité ! », a écrit Paul Lavoie sur Facebook.
