le Mercredi 3 juin 2026
le Vendredi 30 mai 2025 12:49 | mis à jour le 30 mai 2025 13:03 Évènements

L’expérience multiculturelle de la soirée Mosaïque à Hearst

  Photo : Mouhamadou Seck
Photo : Mouhamadou Seck

Tous étaient conviés à cette soirée festive où trois spectacles différents étaient présentés un à la suite de l’autre, avec une expérience culinaire entre chaque représentation. L’évènement était animé par Boubacar Diallo, un étudiant sénégalais du Collège Boréal, qui présentait les interprètes en commençant avec le Choeur AfriCana, ensuite Crimy la Tendance et le célèbre Élage Diouf.

L’expérience multiculturelle de la soirée Mosaïque à Hearst
00:00 00:00

Choeur AfriCana

AfriCana est le lien entre l’Afrique et le Canada. Les choristes étaient habillés en blanc, signe d’un désir de paix et d’égalité, des valeurs importantes pour eux. Il y a maintenant trois ans que le noyau de la chorale s’est formé et, depuis, ses membres se pratiquent presque tous les dimanches dans les locaux de l’Université de Hearst à Kapuskasing. « Nous avons commencé à nous pratiquer dans le garage d’Antoine Tine et Stéphanie Plamondon, mais le groupe n’a fait que grandir et grandir, donc nous avons changé d’endroit », explique Samuel Hubert Dionou, un des choristes.

Photos : Mouhamadou Seck

La chorale a fait plusieurs représentations au cours des dernières années à Kapuskasing, et même quelques-unes à Hearst.

Les chansons qu’ils interprètent proviennent de divers milieux africains et ils ont même fait des chansons du film de Disney, Le Roi Lion. Certains membres chantent également à l’église parfois, mais leurs chants en spectacle sont toujours laïcs, car ils s’adressent à tout le monde. Le Sénégal est un pays où l’Islam est la religion dominante du pays. « Nous avons déjà eu des membres d’autres communautés religieuses avec nous. Malgré que nous sommes des chrétiens, nous sommes de confessions chrétiennes différentes, soit des catholiques, des protestants, etc. », continue M. Dionou.

Le groupe est composé d’étudiants, surtout parmi les filles, et d’anciens de l’Université de Hearst. Leurs origines aussi diffèrent : il y a des Sénégalais, des Congolais et des Ivoiriens. « On essaye d’intégrer aussi certaines personnes du Mali, du Burkina et tout ça. Nos chansons sont des chants populaires que l’on modifie ; parfois on change le tempo ou certaines manières d’organiser le chant. »

Un membre de l’Intégration communautaire, Marc, est monté sur la scène pour danser avec un choriste.

Photo : Renée-Pier Fontaine

L’homme à l’avant c’est Étienne Augustin Ndong, le directeur musical. Il a su guider les choristes, mais allait aussi parfois s’assoir pour faire des percussions lui-même. Il a commencé à diriger chez lui au Sénégal et il souligne que d’habitude les chorales sont toujours aussi rythmées. « Ce n’est pas quelque chose que j’ai forcément appris, c’est quelque chose que j’aime faire depuis longtemps. Maintenant avec l’oreille musicale et l’aide de tous ceux qui l’ont aussi, même si nous jouons par partitions, je réussis à diriger la chorale », explique M. Ndong.

Originaire de Dakar avant son arrivée au Canada, Étienne Ndong est né sur l’ile de Joal-Fadiouth, un endroit rempli de coquillages sur le sol, à une centaine de kilomètres de Dakar. « Au pays, avec ma chorale, on pratiquait surtout à l’église, mais à l’école aussi. J’ai débuté en tant que percussionniste, ensuite chanteur et maintenant directeur. » Il poursuit en disant que le Choeur AfriCana a travaillé en collaboration avec la Caisse Alliance pour créer une chanson commerciale.

Crimy la Tendance

La deuxième partie a été assurée par Crimy la Tendance, un Congolais qui étudie en psychologie, et également un rapeur depuis 2018. Sa musique est disponible sur les plateformes numériques et il a su enflammer l’ambiance dans la salle. « Je joue aussi de la batterie. Je me rappelle, ma toute première fois d’avoir enregistré un single, c’était à Toronto, chez un ami que je venais de rencontrer qui a découvert ma musique seulement trois semaines après mon arrivée au Canada ! »

Photos : Mouhamadou Seck

Crimy la Tendance explique qu’il aime se déplacer dans différentes villes afin de pouvoir expérimenter différents studios d’enregistrement et, de cette façon, collaborer avec d’autres. « Cela me permet d’acquérir des connaissances. Sachant moi-même comment, je m’enregistre souvent dans ma chambre. Mon inspiration vient beaucoup de mes expériences personnelles et des faits divers. J’ai développé un style engagé. Dès les humanités, je me passionne pour le rap et commence à écrire mes premiers textes en 2018, pendant que j’étais dans un internat à Kinshasa avec des amis, en faisant du freestyle pendant que le prof donnait son cours. »

Pour lui, c’est important de placer la solidarité au cœur de sa démarche, abordant dans ses morceaux des thèmes tels que l’identité, la résilience, la fierté africaine, l’espoir et la foi. Il mentionne aussi s’être illustré sur différentes scènes locales, notamment à travers plusieurs showcases et évènements culturels à Kinshasa, par exemple la grande salle Canicius et l’Athénée de la Gombe.

Si vous consultez Internet, vous verrez que sa musique est disponible sur les plateformes de musique bien connues, car le rapeur a sorti plusieurs singles au cours des dernières années. Ceux-ci témoignent de son évolution artistique et de son engagement.

Il a également fait des collaborations. « Et je fais partie d’un collectif de rap basé à Kinshasa, nommé Globoy. Vous pouvez trouver mes œuvres sur toutes les plateformes de téléchargement. Installé aujourd’hui au Canada, je poursuis ma passion pour la musique tout en étant étudiant en psychologie. »

« Pour moi, trouver du sens dans ce que l’on fait nourrit la motivation et la persévérance. La musique est un canal d’expression, un moyen de partager mes expériences et de transmettre des messages. Je tiens à remercier ceux qui me soutiennent depuis le début, de près ou de loin », conclut-il.

Ce texte a été possible grâce à la collaboration de Mouhamadou Seck, photographe local, qui a également partagé certains de ses meilleurs clichés.

Photo : Mouhamadou Seck

Élage Diouf

Après avoir dégusté des macarons faits par la pâtissière ukrainienne, Mariana Vytvytska, l’animateur Boubacar Diallo a présenté le percussionniste et auteur-compositeur-interprète, Élage Diouf. Très connu des Sénégalais, cet artiste chante en wolof, la langue du pays.

Il était accompagné sur scène par un guitariste et le violoniste de LGS, Jean-Philippe Goulet. Sa musique est un mélange de sons rythmés et de balades. Un article à son sujet, écrit par Ndery Dione, traite plus en détail de sa vie et son œuvre.

Photo : Renée-Pier Fontaine
Photo : Renée-Pier Fontaine
Photo : Renée-Pier Fontaine
Photo : Mouhamadou Seck
Photo : Mouhamadou Seck
Photo : Mouhamadou Seck
Photo : Mouhamadou Seck
Photo : Mouhamadou Seck