le Mercredi 3 juin 2026
le Dimanche 16 mars 2025 14:54 Évènements

Le Club de cinéma de l’UdeH dresse un portrait sur le travail du sexe

Le Club de cinéma de l’Université de Hearst s’est imposé comme un espace incontournable pour les passionnés de l’art et les curieux en quête d’horizons cinématographiques variés depuis son lancement en octobre 2024. — Image :  Anora (2024)
Le Club de cinéma de l’Université de Hearst s’est imposé comme un espace incontournable pour les passionnés de l’art et les curieux en quête d’horizons cinématographiques variés depuis son lancement en octobre 2024.
Image : Anora (2024)

La semaine dernière, le Club a mis à l’honneur Anora (2024), dernier film du réalisateur américain Sean Baker. À travers ce film, Baker dresse un portrait à la fois intime et percutant du monde du travail du sexe, loin des clichés habituels et des jugements moralisateurs.

Le Club de cinéma de l’UdeH dresse un portrait sur le travail du sexe
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Pour Patrice Villeneuve, la sélection d’Anora ne relève pas du hasard. Lors de notre rencontre, il explique que le film s’inscrit dans la continuité du travail de Sean Baker, connu pour explorer les marges de la société américaine. «Quand on parle des États-Unis, on pense souvent à la richesse et au prestige de l’élite capitaliste, mais Baker s’intéresse plutôt à l’autre facette du pays, celle des laissés-pour-compte», souligne-t-il. 

Selon M. Villeneuve, Anora représente l’exemple parfait d’une histoire humaine à petite échelle qui éclaire un pan méconnu de la société.

Photo : Ndery Dione

«Ce film met en avant le quotidien des travailleuses du sexe, souvent stigmatisées, en montrant leur réalité avec beaucoup de sensibilité et d’humanité.» 

La réaction du public lors de la projection a d’ailleurs été une belle surprise pour le président du Club de cinéma. «J’ai vu des gens de tous âges touchés par ce récit, qui oscille entre humour et tragédie. Cela montre que Sean Baker a ce don de raconter des histoires universelles, qui parlent à tout le monde, peu importe leur classe sociale ou leur origine.» 

Pour Patrice Villeneuve, le cinéma est un puissant vecteur d’émotions et de réflexion. «Un bon film peut nous faire rire, pleurer, mais surtout, il peut nous faire voir le monde autrement. C’est ce que Baker réussit à faire avec Anora, et c’est aussi ce que nous essayons de faire avec le Club de cinéma.» 

Au-delà des films eux-mêmes, ce qui rend le Club de cinéma si spécial, c’est l’ambiance qui y règne. Chaque séance devient un moment de partage, où les spectateurs discutent librement de leurs impressions et de leurs réflexions. 

Patrice Villeneuve insiste sur cette dimension collective. «Le but n’est pas seulement de regarder un film et de rentrer chez soi. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe après la projection : les discussions, les débats, les échanges d’idées. C’est là que le cinéma prend tout son sens.» 

Osnelle Sevi 

Parmi les spectateurs présents ce soir-là, Osnelle Sevi, une ancienne étudiante de l’Université de Hearst, a été particulièrement marquée par Anora. Originaire du Bénin et installée à Hearst depuis plus de quatre ans, elle partage son ressenti sur le film. «Au début, j’avais un peu peur que ce soit une histoire d’amour classique, mais j’ai vite compris que c’était bien plus que ça. Le scénario est à la fois original et plein d’humour, ce qui m’a surprise.»

Mais au-delà de son aspect divertissant, Osnelle souligne la portée sociale du film. «Anora est un moyen de sensibiliser les gens sur la condition des travailleuses du sexe. On sait que c’est un métier difficile, souvent perçu comme sale, mais c’est une réalité qui existe et qu’on ne peut pas ignorer. Ces femmes sont avant tout des êtres humains, avec leurs propres histoires et leurs propres rêves.» 

Si Osnelle Sevi a tant apprécié la séance d’Anora, c’est aussi parce qu’elle voit en ce Club de cinéma un espace unique à Hearst. Depuis sa création, l’initiative de Patrice Villeneuve attire un public varié, composé d’étudiants canadiens et internationaux ainsi que des membres de la communauté locale. 

«Ce que j’aime le plus, c’est la diversité des films proposés. Chaque semaine, je suis impressionnée par la sélection. Patrice nous fait découvrir des films venus d’Asie, d’Europe, d’Afrique et bien sûr d’Amérique du Nord. Il est très attentif aux choix des films et les adapte souvent aux contextes actuels», affirme Osnelle. 

Photo de courtoisie

Elle cite en exemple le mois dernier, lorsque le club a proposé des films afro-américains pour célébrer le Mois de l’histoire des Noirs. «C’était une belle initiative, car cela nous a permis de mieux comprendre l’histoire et les réalités des communautés noires à travers le cinéma.» 

Le Club de cinéma prône l’ouverture d’esprit et le dialogue qui contribuent à créer une communauté engagée, où chacun se sent écouté et valorisé. Pour Osnelle Sevi, c’est ce qui fait toute la richesse de ce club. «Patrice essaie toujours de satisfaire tous les participants en tenant compte de la diversité culturelle et des gouts de chacun. Il veut que tout le monde se sente concerné, et c’est vraiment ce qui fait la force de ce projet.»