L’amphithéâtre de l’Université était le théâtre de cet échange interreligieux, qui a débuté par une présentation virtuelle du théologien Michel Andraos, docteur en théologie à l’Université Saint-Paul d’Ottawa. Originaire du Liban, un pays reconnu pour sa diversité religieuse, M. Andraos a partagé son expérience personnelle et professionnelle en matière de dialogue interreligieux. Il a évoqué son expérience au Liban, où il a grandi dans un environnement où chrétiens et musulmans coexistaient, avant de s’installer au Canada dans les années 1990.
Dans son intervention, il a insisté sur l’importance de reconnaitre et de respecter les croyances des autres tout en restant fidèle à sa propre foi. Selon lui, le dialogue interreligieux ne consiste pas à renier ses convictions, mais à apprendre des autres et à déconstruire les préjugés. Il a notamment relaté son évolution personnelle face à l’islam : avant de rencontrer des collègues musulmans, il en avait une perception limitée. Mais ces échanges lui ont permis de mieux comprendre cette religion et d’en apprécier les valeurs.
Il a conclu son intervention en expliquant que les trois grandes religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam partagent un héritage commun en la figure d’Abraham ou Ibrahim en islam. Ce point commun a servi de base pour une discussion approfondie sur les similitudes et les différences entre ces confessions.
Loin d’être un simple exposé académique, l’évènement a pris une dimension interactive grâce à une session de questions-réponses dirigée par Aurélie Lacassagne. Étudiants, membres de la communauté et autres invités ont pu prendre la parole pour partager leurs expériences, poser des questions et exprimer leurs réflexions sur la cohabitation interreligieuse.
Les discussions ont abordé plusieurs thèmes importants comme les malentendus qui existent entre les différentes confessions. Certains intervenants ont souligné que la désinformation contribue souvent à renforcer les préjugés et qu’un dialogue ouvert est essentiel pour combattre l’ignorance et promouvoir l’harmonie sociale.
Aurélie Lacassagne
Aurélie Lacassagne a partagé les raisons qui l’ont poussée à organiser cet évènement. Selon elle, il était essentiel de créer un espace où chacun pouvait exprimer librement ses croyances et apprendre des autres sans jugement. « Nous vivons dans un monde où circulent beaucoup d’informations erronées sur les religions. Il est donc primordial d’éduquer les gens et de leur donner l’opportunité de dialoguer directement avec des personnes issues de différentes confessions », affirme -t-elle.
Aurélie Lacassagne
Mme Lacassagne a également précisé qu’elle ne voulait pas que cet évènement prenne la forme d’un cours magistral, mais qu’il permette des échanges concrets entre des personnes ayant une connaissance approfondie de leur propre religion et celles qui souhaitent en apprendre davantage. Son objectif était de mettre en lumière les différences, mais aussi les similitudes entre les croyances, afin de montrer que les religions, bien que distinctes, partagent des valeurs fondamentales comme la compassion, la solidarité et la quête de sens.
Un des points forts du dialogue a été l’accent mis sur les fondements communs des trois religions abrahamiques. « Au-delà des différences doctrinales, le judaïsme, le christianisme et l’islam prient le même Dieu et véhiculent des messages similaires sur la justice, l’amour du prochain et la responsabilité morale », a souligné Mme Lacassagne.
Au terme de cet échange interreligieux, un message clair s’est dégagé : malgré les différences de foi et de traditions, le dialogue est possible et nécessaire pour bâtir une société plus tolérante et inclusive. L’Université de Hearst, en accueillant un tel évènement, démontre son engagement en faveur de l’ouverture et du respect des diversités culturelles et religieuses.
Dans un monde où les tensions religieuses peuvent parfois diviser, ce genre d’initiative rappelle l’importance de l’écoute, du respect et de la curiosité intellectuelle.
Accepter l’autre ne signifie pas renoncer à sa propre identité, mais au contraire l’enrichir à travers la découverte de nouvelles perspectives.
