le Jeudi 8 octobre 2026
le Jeudi 8 octobre 2026 14:08 | mis à jour le 8 octobre 2026 14:10 Provincial

Protéger l’Ontario: à quel prix?

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, utilise un chalumeau pour découper de l'acier lors d'une visite au chantier naval Heddle à St. Catharines, en Ontario, le vendredi 31 janvier 2025. L'inscription gravée dans l'acier indique «Protect Ontario» («Protégeons l'Ontario») — Photo : Peter Power/Archives La Presse Canadienne
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, utilise un chalumeau pour découper de l'acier lors d'une visite au chantier naval Heddle à St. Catharines, en Ontario, le vendredi 31 janvier 2025. L'inscription gravée dans l'acier indique «Protect Ontario» («Protégeons l'Ontario»)
Photo : Peter Power/Archives La Presse Canadienne

Le gouvernement ontarien n’a déboursé qu’une infime portion de l’argent des contribuables qu’il avait mis de côté pour un programme visant à soutenir les entreprises touchées par la guerre commerciale avec les États-Unis.

Protéger l’Ontario: à quel prix?
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Le gouvernement de Doug Ford a lancé le «programme de financement pour protéger l’Ontario», en 2025, pour aider les entreprises à protéger les emplois et à se transformer pour s’adapter aux perturbations liées aux droits de douane.

Avec ce compte, qui devait être assorti de 5 milliards de dollars des contribuables, la province disait vouloir fournir «une aide immédiate sous forme de liquidités» et offrir un «filet de sécurité à déployer en cas d’urgence pour les entreprises ontariennes qui ont épuisé le financement disponible».

Dans le dernier budget de la province, le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, a révélé que seulement 1 milliard de ces dollars avaient été mis de côté dans le cadre de ce programme.

Combien de dollars versés?

Le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford n’avait encore jamais précisé combien de ces dollars ont été versés aux entreprises jusqu’à présent.

Les partis d’opposition ont posé la question au ministre lors d’une réunion du comité des finances et des affaires économiques, cette semaine.

Or, Peter Bethlenfalvy, appuyé par d’autres membres de son gouvernement, a tenté d’esquiver la question à maintes reprises, en affirmant que ce fonds est géré par le ministère du Développement économique.

L’insistance de la porte-parole libérale en matière de finances, Stephanie Bowman, a finalement mené un haut fonctionnaire du ministère des Finances à répondre à la question.

«Depuis le lancement du programme, 36 demandes ont été reçues, a déclaré le sous-ministre des Finances, Gadi Mayman.

«18 de ces demandes ont été approuvées, représentant environ 40 millions de dollars», a-t-il précisé.

Ces fonds s’ajoutent aux 100 millions de dollars octroyés en septembre 2025 à l’entreprise métallurgique Algoma Steel, dans le cadre d’un partenariat avec le gouvernement fédéral, dont la portion était de 500 millions de dollars.

«Concernant l’allègement des droits de douane, on avance des chiffres impressionnants, mais, en réalité, très peu de fonds ont été débloqués», a déploré Stephanie Bowman.

Celle-ci a imploré le ministre des Finances de «faire preuve de plus de transparence envers les Ontariens» lorsqu’il fait état de la façon dont leur argent est dépensé.

Il défend son bilan

Peter Bethlenfalvy a défendu le bilan de son gouvernement dans sa lutte contre la guerre commerciale avec les États-Unis, affirmant que «grâce à l’enveloppe de soutien de 30 milliards de dollars, des fonds considérables ont été distribués».

La province a annoncé, mardi, l’élargissement de l’admissibilité au programme de financement pour protéger l’Ontario pour aider les entreprises touchées par la récente interdiction d’importation imposée par le gouvernement des États-Unis sur l’alcool, les produits laitiers et les motocyclettes canadiens.

L’admissibilité au Fonds l’Ontario, ensemble pour le commerce (FLOEC) a aussi été élargie dans le cadre de ces nouvelles mesures du président américain Donald Trump.

Et les 4 milliards restants?

En annonçant que seulement 1 milliard de dollars avaient été mis de côté dans le cadre du programme de financement pour protéger l’Ontario, au printemps dernier, le ministre des Finances avait aussi révélé que les 4 milliards restants seraient transférés dans un nouveau Fonds d’investissement, qui serait intégré au programme, et qui serait associé à un gestionnaire d’investissements privé.

Or, Peter Bethlenfalvy a admis, plus tôt cette semaine, que son plan visant à trouver un tel gestionnaire dans le secteur privé pour s’occuper de 4 milliards de dollars en fonds publics «n’est pas la priorité absolue» actuellement.

«Nous traversons une période très incertaine», a-t-il souligné.