Selon Mme Dusowoth, ce congrès a réuni les 88 pays de la francophonie, avec des représentants venus de partout dans le monde. Son objectif fondamental était de favoriser les rencontres et le dialogue entre les spécialistes, notamment des chercheurs universitaires, des critiques littéraires, des écrivains et des cinéastes œuvrant dans divers domaines de la culture francophone, tels que la littérature, le cinéma, le théâtre et la linguistique.
En fait, le Conseil international d’études francophones (CIÉF) est un organisme sans but lucratif créé en 1981, dont le mandat est de promouvoir et diffuser les cultures francophones à travers le monde. L’édition du congrès de cette année était très enrichissante, a souligné la professeure Sushma Dusowoth.
«Ce qui m’a beaucoup marqué lors de cette rencontre, c’est que par exemple tu participes et te présentes à une conférence et par la suite, tu vas avoir des moments d’échanges, des questions et tout. Mais, cette année, les échanges ont été vraiment enrichissants et dynamiques, dans le sens où tous les participants ont parlé un peu de tout ce qui se passe dans le monde. Donc, c’est vrai qu’on met beaucoup d’accent aujourd’hui sur les sciences et l’IA, mais dans cette conférence, justement, on touchait à tout cela en restant connecté avec l’art, la littérature, la musique et la linguistique.»
La professeure et chercheuse a insisté sur l’importance de la langue, précisant que, si les gens parviennent aujourd’hui à utiliser l’IA, un outil qu’elle qualifie de primordial, cela passe avant tout par la langue. «Comment est-ce qu’on va manipuler l’IA si nous n’avons pas de langue», interroge Sushma, donnant l’exemple d’une personne qui souhaite poser une question à cet outil et qui doit nécessairement utiliser une langue pour obtenir une réponse.
«Il y avait eu lors de ce congrès une communication qui était vraiment répartie dans tous les sens, qui touche actuellement tous les aspects de notre vie actuelle. On a parlé de l’immigration, du déplacement des populations, et moi-même j’ai parlé de l’errance parce qu’aujourd’hui, qu’on le veuille ou pas, il y a quand même cette itinérance qui est très présente dans la population mondiale avec les déplacements qui arrivent. Donc, il y a des gens qui choisissent de devenir des errants et de bouger d’un endroit à un autre. Contrairement à auparavant, être un errant, ça n’a pas vraiment une connotation négative qu’on associe comme un sans-abri ou à quelqu’un qui ne sait pas où il va (…)» a-t-elle expliqué.
Étant professeure dans le domaine en sciences humaines et sociales interdisciplinaires, chercheuse, et en même temps membre du conseil d’administration du CIÉF, Sushma Dusowoth a codirigé, lors de ce congrès, une session intitulée «(Re)construction identitaire : entre utopie et réalité», dans le cadre de laquelle elle a présenté ses recherches sur la thématique de l’errance dans les romans de Jean-Marie Le Clézio.
De plus, Mme Dusowoth vient de publier un chapitre dans l’ouvrage collectif intitulé Voix subalternes et cré(a)ctives : explorer l’inventivité de la marge francophone de Cecilia Francis et Robert Viau, publié aux Presses de l’Université de Montréal.
La professeure a également codirigé deux dossiers sur ses recherches, soit «Représentations littéraires de la santé mentale dans les romans africains contemporains» et l’espace insulaire dans la revue scientifique Nouvelles Études Francophones, ainsi que «À la croisée de la recherche et de la pratique : regards sur la didactique des langues. [Numéro dédié à Denise Mohan]», publié dans Nouvelle Revue Synergies Canada.
À cela s’ajoute que Sushma Dusowoth a aussi participé, du 26 au 29 mai, à un colloque de l’Association des professeur(e)s de français des universités et collèges canadiens (APFUCC), tenu à l’Université du Québec à Chicoutimi, qui s’articulait autour de grands enjeux contemporains, avec des sujets variés tels que les angoisses climatiques, la queerité et l’écriture face à la honte.
