le Samedi 11 juillet 2026
le Jeudi 9 juillet 2026 13:56 | mis à jour le 10 juillet 2026 10:00 Économie et finances

Un pipeline énergétique d’environ 3 300 relierait Hardisty à Sarnia

  Photo : FordNation/Facebook
Photo : FordNation/Facebook

L’Ontario a dévoilé le tracé proposé du corridor énergétique du Bouclier Nord, un projet d’oléoduc et de corridor énergétique qui relierait Hardisty en Alberta à Sarnia en Ontario.

Un pipeline énergétique d’environ 3 300 relierait Hardisty à Sarnia
00:00 00:00

Présenté conjointement cette semaine par le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, et la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, le projet vise à renforcer la sécurité énergétique du Canada, à créer des emplois et à ouvrir de nouveaux marchés pour l’énergie canadienne.

Concrètement, ce corridor proposé couvrirait environ 3 300 kilomètres et serait entièrement réalisé au Canada.

Selon le gouvernement de l’Ontario, cette initiative relierait le pays à des infrastructures énergétiques essentielles afin de réduire la dépendance envers les marchés étrangers, d’assurer une redondance des infrastructures existantes, d’accroître la capacité des raffineries de Sarnia, de renforcer la sécurité nationale ainsi que les chaînes d’approvisionnement canadiennes et de créer de nouveaux emplois pour les travailleurs.

Le premier ministre Doug Ford affirme que ce projet vise à protéger les travailleurs de l’Ontario, de l’Alberta et de l’ensemble du pays.

«Nous continuerons de travailler à bâtir une économie canadienne plus sûre, unie et résiliente, afin de maintenir les travailleurs canadiens en emploi, d’améliorer le coût de la vie pour les familles canadiennes et de faciliter l’accès de l’énergie canadienne à de nouveaux marchés au pays et à l’étranger.»

Le tracé à l’étude mènerait jusqu’à Sarnia, qui dispose d’une capacité de raffinage desservant le marché ontarien et est déjà reliée aux infrastructures énergétiques et maritimes existantes.

De plus, la province examine également la possibilité de prolonger l’oléoduc vers de nouveaux ports afin de favoriser l’exportation du pétrole canadien. Le projet offrirait aussi au gouvernement du Manitoba ainsi qu’à la Société Manitoba-Couronne-Autochtones l’occasion d’étudier la faisabilité d’un prolongement jusqu’au port de Churchill.

De son côté, Danielle Smith estime que le raccordement de l’énergie albertaine aux raffineries et aux marchés canadiens permettrait de créer des emplois, de stimuler l’économie et de mieux exploiter les ressources énergétiques du pays.

«L’Alberta est déterminée à collaborer avec ses partenaires provinciaux et fédéraux pour concrétiser ce projet. Un nouveau pipeline ouest-est reliera l’énergie canadienne aux consommateurs canadiens et jettera les bases d’une croissance future», a insisté la première ministre de l’Alberta.

Dans le cadre de ce nouveau projet, le corridor énergétique du Bouclier Nord permettrait d’acheminer environ 500 000 barils de pétrole par jour destinés au marché intérieur et à l’exportation, avec une capacité pouvant atteindre 800 000 barils quotidiennement. L’Ontario soutient qu’en réduisant la dépendance aux importations de pétrole, l’oléoduc contribuerait à stabiliser les prix du pétrole au Canada et à renforcer la sécurité nationale.

En revanche, ce projet prévoit en même temps l’utilisation d’acier canadien pour la construction de l’oléoduc, une mesure qui, selon le gouvernement, soutiendrait le secteur manufacturier et les chaînes d’approvisionnement canadiennes tout en créant des emplois partout au pays, sans oublier que l’Ontario étudie aussi la possibilité d’exploiter une réserve stratégique de pétrole dans le cadre de ce projet.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, avance pour sa part que le corridor énergétique renforcerait la sécurité énergétique du Canada tout en créant des emplois bien rémunérés dans les collectivités de sa province et ailleurs. Il soutient que des projets de cette nature favoriseraient la croissance économique et génèreraient des revenus permettant d’investir notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la sécurité publique.

Cette étude sur les corridors énergétiques découle d’un protocole d’entente conclu entre l’Ontario, l’Alberta et la Saskatchewan, qui engage ces provinces à identifier des domaines de collaboration susceptibles de protéger les travailleurs canadiens, notamment en matière de nouvelles infrastructures énergétiques et commerciales, et à poursuivre leur coopération pour faire progresser le développement de l’énergie nucléaire afin de répondre aux besoins énergétiques croissants.

Enfin, l’étude de faisabilité est en cours de réalisation par plusieurs équipes de consultants. Infrastructure Ontario agit à titre de conseiller commercial et dirige l’équipe de consultants chargée de l’étude, dont l’achèvement est prévu d’ici la fin de 2026.