le Mercredi 3 juin 2026
le Lundi 20 avril 2026 20:27 Santé

L’autisme chez l’enfant et ses différentes formes de développement

  Photo de courtoisie
Photo de courtoisie

Le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) chez les enfants se manifeste sous des formes variées et diffère considérablement d’un enfant à l’autre, d’où l’importance, selon les spécialistes, d’une évaluation personnalisée.

L’autisme chez l’enfant et ses différentes formes de développement
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Stéphane Beaulne, détenteur d’un doctorat en psychologie et expert en éducation et en intervention auprès des personnes ayant des troubles du spectre de l’autisme (TSA), nous a parlé des différents types d’autisme ainsi que des divers profils d’enfants confrontés à ce trouble dans le cadre de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme.

Le professeur a rappelé qu’il y a des enfants qui, dès la naissance, dans les premiers mois, vont manifester des comportements autistiques et, à ces moments-là, les parents peuvent avoir des doutes en allant peut-être vers un pédiatre, même si cela détermine une période à laquelle l’enfant n’a pas encore le contact visuel, ni ne répond à la voix de sa maman ou ne suit les stimulus.

«Donc, il y a des enfants qui viennent au monde avec ce qu’on appelle l’autisme précoce, qu’on peut déjà reconnaître dans les premiers mois de la vie parce qu’il y a clairement une différence au niveau du développement de l’enfant.»

Stéphane Beaulne a également cité l’autisme à début tardif et, dans ce cas, les parents pourraient croire fermement que leur enfant s’est développé tout à fait normalement, ce trouble apparaissant vers l’âge de 18 à 36 mois, un moment idéal où les enfants peuvent commencer à parler.

Selon lui, les parents de l’enfant qui subit ce trouble vont voir que, même s’il peut commencer à essayer d’apprendre à prononcer certains mots, ne va pas développer le langage. Déjà là, dit M. Beaulne, l’un des signes, c’est le problème langagier qui va être un indicateur souvent précurseur de l’autisme, et c’est une période où l’on peut voir l’enfant en train de marcher sur la pointe des pieds.

«Donc là, on va commencer à voir ce qu’on appelle le maniérisme, qui est un comportement d’auto-régulation compensatoire. Ça veut dire qu’il y a des enfants autistes, quand ils deviennent surexcités, ils vont faire le battement des mains, ils vont marcher de long en large (…). Donc, à partir de ce moment-là, on commence à voir, par exemple, le jeune enfant aligner des objets et quand il joue avec une voiture, il va être plus préoccupé par rapport aux roues tournant sur elles-mêmes que le jouet», a-t-il révélé.

M. Beaulne a ajouté que, vers deux ans et plus, on voit que les enfants autistes vont utiliser davantage les objets juste pour s’auto-stimuler, et l’étape qui va suivre sera l’autisme à début tardif, avec une période de régression où l’enfant, sur une période de temps, a eu un bon cycle de sommeil, avait atteint la propreté et autres.

Mais, malheureusement, explique-t-il, à un moment donné, il va y avoir une régression avec une perte des acquis pour un enfant atteint de ce trouble.

En faisant allusion à un de ses articles sur sa thèse de doctorat, qui parlait de l’autisme dans une perspective neurodéveloppementale, pour voir aussi comment le cerveau de l’enfant autiste se développe, le professeur s’est souvenu que ce qu’il a réalisé dans cette phase, c’est qu’il y a un phénomène naturel qui s’appelle l’apoptose.

«C’est-à-dire, dans notre cerveau, il y a des milliards de neurones qui vont se connecter (…). Et puis, plus qu’on a une routine, plus on est exposé, plus il y a des apprentissages. Donc, il va y avoir vraiment des circuits neuronaux qui vont se faire et ça va permettre à l’enfant d’apprendre, sans être obligé de réapprendre chaque jour comment s’habiller, manger et tout (…)», clarifie le professeur Beaulne.

D’après lui, dans le monde de l’autisme, ce qu’on voit, selon une des hypothèses est que cette phase naturelle de l’apoptose, malheureusement, éliminerait des circuits neuronaux qui étaient positifs et fonctionnels, et que ceux qui sont gardés ne se sont pas bien développés.

Cependant, M. Beaulne a évoqué que les premiers signes d’auto-régulation chez les enfants autistes sont des troubles du sommeil, de la propreté et de l’alimentation, ajoutant que ces derniers sont hypercompliqués, et que ces enfants-là vont restreindre ce qu’ils veulent manger ou non.

«Un des signes qui est important, c’est le traitement de l’information. Souvent chez les enfants autistes, ça prend beaucoup plus de temps à traiter l’information. Donc, vu que la vie ça va rapidement, parfois avec le temps ils peuvent traiter une consigne ou accomplir quelque chose, mais c’est trop tard socialement. Alors ce que ça fait, c’est quand on essaie de leur permettre de jouer avec d’autres enfants ou de socialiser, souvent ils ont tout le temps un retard (…) et ils ne sont pas en mesure d’organiser leurs idées ou leurs actions de façon fluide», indique M. Beaulne.