le Mercredi 3 juin 2026
le Vendredi 13 mars 2026 14:12 | mis à jour le 13 mars 2026 15:04 Évènements

Histoire locale racontée à travers l’art

Jacques Poirier, Christian Quesnel et Danielle Coulombe présentent la bande dessinée Du sang sur la neige aux invités. — Photo : Ndery Dione
Jacques Poirier, Christian Quesnel et Danielle Coulombe présentent la bande dessinée Du sang sur la neige aux invités.
Photo : Ndery Dione

La Bibliothèque Maurice-Saulnier de l’Université de Hearst a accueilli hier soir le lancement de la bande de dessinée Du sang sur la neige, produite par Jacques Poirier et Christian Quesnel.

Histoire locale racontée à travers l’art
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L’événement a rassemblé une cinquantaine de personnes de la communauté dans une ambiance très festive, avec le vernissage d’une exposition portant sur le contenu du livre, une causerie animée suivie d’échanges entre les deux réalisateurs du projet ainsi que Danielle Coulombe, chargée de la modération.

Le contenu de cette bande dessinée porte sur la tragédie de Reesor Siding, replongeant les lecteurs dans un épisode marquant, mais peu connu de l’histoire sociale canadienne. Ce récit se déroule dans le Nord de l’Ontario, près de Kapuskasing, au début des années 1960, dans une région où l’économie dépend fortement de l’industrie forestière.

Les auteurs décrivent le quotidien difficile des bûcherons et les tensions croissantes entre travailleurs et entreprises, alors que les négociations de travail échouent et qu’une grève éclate en 1963.

Par ailleurs, la situation avait connu des complications puisque l’entreprise continuait de s’approvisionner en bois grâce à des agriculteurs locaux possédant des droits de coupe. Cette décision a créé un profond conflit entre les bûcherons en grève et les cultivateurs qui poursuivent les livraisons.

Au fil des pages, la bande dessinée montre comment la peur, la colère et les rumeurs attisent les tensions dans la communauté.

Ainsi, le climat dans cette histoire est devenu de plus en plus explosif, menant à une confrontation inévitable. Le point culminant du récit survient dans la nuit du 10 au 11 février 1963 à Reesor Siding, un embranchement ferroviaire où des wagons de bois doivent être expédiés vers l’usine.

Devant les invités, Jacques Poirier est un peu revenu sur quelques aspects liés à la réalisation de son projet qu’il a finalisé grâce à de nombreuses recherches et de la documentation, de même qu’une bonne collaboration de son collègue, Christian Quesnel, dit-il, ce qui leur a permis d’arriver conjointement à ce stade de présentation.

Photo : Ndery Dione

La bibliothécaire, Johanne Morin-Corbeil, qui représentait l’UdeH, a prononcé un discours afin de manifester sa reconnaissance au nom de l’établissement pour ce qu’elle a qualifié «d’excellent travail» réalisé par Jacques Poirier et Christian Quesnel, ainsi que par l’historienne Danielle Coulombe qui a animé la causerie avec les deux auteurs.

«L’Université de Hearst a pour mission de porter la voix et l’histoire du Nord de l’Ontario. À ce titre, nous voyons dans votre collaboration l’exemple parfait de ce que nous encourageons au sein de notre institution (…).»

Mme Coulombe a souligné que, pour l’Université de Hearst, la valorisation de l’identité franco-ontarienne passe par des projets comme celui-ci pour «démontrer que notre territoire possède une richesse narrative qui mérite d’être racontée».